L’Autre
Coluche : COLUCHE Jean-Alexandre-Baptiste-
(L'illustration, Journal universel, samedi 24 octobre 1846- gravure : On
ne passe pas ! « Fussiez-vous
le petit caporal, vous ne passeriez pas. » (Historique.)
Jean-Alexandre Coluche est né le 30 mars 1780 avant la
Révolution de 1789 à Gastins dans le département de Seine-et-Marne, près de
Rozay-en-Brie. Il décède dans cette commune en mai 1867 à 87 ans. Vigneron
propriétaire, cabaretier et aubergiste. Il participe aux campagnes
napoléoniennes de 1805 et 1814. Il est grenadier. Il est décoré de la Légion
d’Honneur après un exploit peu banal.
Son père
était charretier et un ancien soldat, sa mère journalière. Jean-Alexandre est
conscrit de l’An IX incorporé dans le 17ème Léger. Il passera
toute sa vie militaire dans ce régiment. Il fait la campagne de Prusse en
1806. Il est présent aux batailles de Iéna, Eylau, Varsovie…. En 1809 il fait
la campagne d’Autriche. On le retrouve à Essling, Wagram où il sera blessé.
Puis c’est le Portugal avec l’armée de Masséna. En 1813 après les désastres
de la retraite de Russie et le soulèvement de l’Allemagne, il quitte
l’Espagne avec les troupes françaises sont rappelés pour la défense du
territoire. Pendant la campagne de France il est blessé à la tête à Arcis sur Aube en 1814. le 17e léger, avait été licencié en 1814.
Il reprend du service après le retour de Napoléon de l’Ile
d’Elbe, participe à la victoire de Ligny, deux jours avant Waterloo.
Il rentre chez lui, la paix faite, sous-lieutenant de la Garde
Nationale de Nangis (6è compagnie du 1er bataillon).
Mais revenons le 3 mai 1809.
(Estampe d'après un croquis de Pauline Viardot en 1846
(AD77, Az 10062))
Après
la bataille d’Ebersberg le 3 mai 1809,
un village entre Linz et Vienne. Il ne reste pas grand-chose du
village, livré aux flammes pendant la
bataille. Jean-Alexandre qui préfère
se faire appeler Jean-Baptiste, est de garde devant la maison à demi ruinée où
loge Napoléon. Il ne doit laisser personne entrer ou sortir sans être
accompagné d’un officier d’état-major.
Mais un
homme en redingote grise se présente. Jean-Baptiste s’écrie : « On
ne passe pas », L’homme ne recule pas. Jean-Baptiste le menace de sa
baïonnette. « Fussiez-vous le petit caporal, vous ne passeriez pas. Si tu fais un pas de plus, je te fous ma baïonnette dans le
ventre ». (selon les auteurs qui rapportent les faits). C’était Napoléon !!
Des
officiers accourent, l’Empereur rentre dans son logis. Coluche est entraîné
au corps de garde. Ses camarades ne donnent pas cher de sa peau ; il a
menacé l’empereur !! Le lendemain il se retrouve devant Napoléon, le
bonnet à la main. « Grenadier tu peux mettre un ruban à ta boutonnière,
je te donne la croix.. – Merci mon empereur, répond Jean-Baptiste, mais où je
vais trouver un ruban, il n’y a plus de boutique dans ce pays. ?—Eh bien
prends une pièce à un jupon de femme ; ça fera la même chose. » .
Histoire vraie ou un peu romancée, mais belle et qui contribue à rendre
Napoléon humain, proche de ses soldats.
Coluche ne sera pas sanctionné pour avoir osé défier
l’Empereur. Il sera même décoré. En 1820 il ouvre son auberge à Gastins,
baptisée « On ne passe pas ».
Il reçoit la médaille de Sainte-Hélène le 1er
novembre 1857 à la préfecture de Melun.
En 1862 Napoléon III le reçoit au château de Fontainebleau.
L’Empereur, neveu de Napoléon 1er, lui demande ce qu’il
souhaiterait. Jean lui répond : « maintenant que je vous ai vus
tous, je n’ai plus besoin de rien, je suis content »…Il souhaiterait
avoir les portraits de ces majestés. L’Empereur le lui promit ; une
somme de 600 francs serait remise à Jean-Baptiste et plus tard un billard lui
est offert. Ce billard sera donné plus tard à la municipalité du village.
Sa tombe a été restaurée et classée comme lieu de mémoire par
l’association « Le Souvenir Napoléonien ». Une plaque rappelle sa
mémoire sur sa maison.
.Sources :
http://archives.seine-et-marne.fr/jean-alexandre-coluche-1780-1867---- http://www.napoleon1er.org/forum/viewtopic.php?f=7&t=11580&start=30--- www.1789-1815.com - l'Histoire autrement,
Bernard Coppens. -- /www.1789-1815.com/p_coluche.htm--- généanet--
https://data.bnf.fr/fr/13752149/jean-baptiste_coluche/
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mardi 4 février 2020
L'Autre Coluche
vendredi 24 janvier 2020
Josette Clotis et André Malraux
Josette Clotis et André Malraux
Josette est
née à Montpellier dans le département de l’Hérault le 8 avril 1910. Elle décède
en Corrèze à Saint-Chamand le 12 novembre 1944. Femme de lettres, romancière,
journaliste, nous nous souvenons surtout qu’elle fut une des compagnes d’André
Malraux. A l’ombre de ce géant, elle va connaitre bien des nuits d’orage, de
désillusions. Un destin tragique qui se termine par sa mort et celle de ses deux fils
qu’elle a eu avec Malraux.(Josette -babelio.com)
Son père
Joseph est catalan français, sa mère Adrienne est aveyronnaise. Ils se marient
à Montpellier en décembre 1909. Josette est déjà en route.
Cheveux blonds
bouclés, yeux aigue-marine, elle aime la plage, le soleil, participe aux
concours des reines de beauté… Le père inspecteur des impôts, est muté à
Beaune-la Rolande dans le Loiret, à une cinquantaine de kilomètre d’Orléans,
dans la grisaille. De 1947 à son décès en 1958 il sera maire d’Hyères dans le département du Var.
Sa mère suit
souvent des cures thermales à Balaruc-les-Bains dans le département de l'Hérault pour son arthrose et Josette
l’accompagne retrouvant ainsi son soleil, le bonheur des baignades dans l’étang
de Thau, ses amis d’enfance. La famille passe ses vacances à Palavas-les-Flots près de Montpellier.
Adolescente
Josette écrit des poèmes, tient son journal ; déjà journaliste elle prend
la plume pour la revue Eve dans le courrier « de l’Une à l’Autre ».
Elle a pris le pseudo de TipToe, c’est à dire en anglais « sur la pointe
des pieds ». Elle a 22 ans.
Elle écrit son
premier roman en 1928 ; Henri Pourrat l’aidera à le mettre en forme. Le livre
s’intitule « Le Temps Vert ». Ce roman évoque la vie de sa mère, de
nombreux personnages de Béziers, Montpellier, l’Aude, le Rouergue…. Elle
rencontre Henri de Montherlant par l’entremise de Jeanne Sandelion grande amie
et admiratrice de l’écrivain. Un temps elle sera sa dactylo, en particulier pour le
manuscrit « L’Age où l’on croit aux Iles ».
En 1932 elle s’installe à Paris et devient
journaliste à Marianne, un hebdomadaire littéraire fondé depuis peu par la NRF.
Gallimard à la sortie de son roman cette année-là lui signe un contrat pour dix
autres romans.. C’est la consécration.
Elle devient
la star du moment, photographiée, interviewée… Elle est radieuse. Les
journalistes l’encensent : son profil de camé, son port de tête, la
cascade de cheveux blonds, le pied mince…. C’est la nouvelle coqueluche du
Tout-Paris. Elle est souvent invitée chez Gaston Gallimard à Deauville où elle
rencontre d’autres célébrités comme Antoine de Saint-Exupéry.
C’est dans les
locaux de la NRF au 5 rue Sébastien
Bottin qu’elle va croiser un beau ténébreux, la mèche en bataille sur le front,
cigarette au bec : André Malraux vient de publier « La Condition
Humaine ». Nous sommes en 1932. L’année suivante, ce livre lui vaudra le
prix Goncourt.
C’est le coup de foudre pour les deux. Josette est jolie, belle certes,
mais aussi spontanée, drôle. Elle a un bon coup de fourchette, elle aime une
cuisine de terroir, sans prétention. Ce n’est pas une intellectuelle engagée
avec passion comme Clara l’épouse de Malraux. Josette est fascinée par André. Il
a séjourné en Asie, en URSS, rencontré des hommes politiques de ces pays,
essayant de peser avec André Gide sur le gouvernement allemand…
(photo wipedia.org)
(photo wipedia.org)
Son journal
intime est son confident. Josette ne côtoie pas le même milieu et elle héritera
du surnom « la provinciale ». Elle est très critique sur les gens
fréquentés par Malraux : »des intellectuels hors de la vie, des
cinglés, des gens qui ont besoin de se saouler, de se droguer, de coucher avec
tout le monde, de se faire psychanalyser… ».
Le couple
devient amant probablement en décembre 1933. C’est le début pour Josette de
périodes d’attente, d’espérance d’un télégramme, d’un coup de téléphone. Des
rendez-vous furtifs, des escapades souvent écourtées… Josette s’est installée
dans une chambre d’hôtel, sur le chemin de Gallimard et le domicile d’André rue
du Bac. André vient d’avoir une petite fille Florence avec son épouse Clara.
Josette rêve d’une vie de famille, unie, stable. Elle est souvent, trop souvent
seule ; elle revient fréquemment chez ses parents qui s’inquiètent de cette
existence, de cette liaison sans lendemain. Elle a cessé d’écrire, semble-t-il,
et son existence lui semble vide.
Josette
grappille quelques instants avec son grand homme qui ne se gêne pas pour batifoler
aussi avec Louise de Vilmorin. La vie de Josette peut se résumer
ainsi : »pas un objet que nous avons acheté ensemble. Pas un quartier où nous ayons
habité ensemble ; une maison, un loyer, un lit contre un mur, une
concierge. Pas une ligne, une note, un mot dans ses écrits qui me concerne.
Ai-je existé ? S'il part demain, si… Je resterais les mains vides ».
C’est avec Clara qu’il défile pour le 14
juillet, mais il passe ses vacances d’été avec Josette en Belgique, à
Bruxelles, Bruges, Gand.. Clara avec intelligence dans un premier temps reçoit
les maîtresses de son mari à son domicile. Puis l’atmosphère va se gâter.
André dès 1934 se sent pousser des
ailes ; aventurier, archéologue, journaliste…Moyen-Orient, Asie, Afrique.
Il a trois femmes à fuir : une épouse exaspérée avec un bébé, une maîtresse inquiète, une autre Louise qui a d’autre chat à fouetter. Quand il
rentre de voyage, Josette le repose des querelles et des insultes de Clara.
Malraux et Maxime Gorki en URSS en 1934, Marianne, 15 avril 1936.
Moscou, l’Espagne avec Clara et
Josette…les Etats-Unis en avril 1937 avec Josette. Elle ne se mêle pas de
politique contrairement à Clara qui critique les positions de son époux depuis
Paris. Aux USA, Josette préfère rencontrer des écrivains américains, des
artistes. La guerre d’Espagne marque profondément André. Militant antifasciste
il combat de 1936 à 1937 aux côtés des Républicains espagnols. De retour en
France dans un chalet de Vernet-les-Bains dans les Pyrénées Orientales, il
écrit, dix heures par jour ; ce sera « l’Espoir », son sujet, la
guerre d’Espagne toute proche de l’autre côté des montagnes ; Josette
dactylographie, calme, passive. Rendez-vous à Toulon avec Clara à qui André
soumet son manuscrit. Elle suggéra semble-t-il beaucoup de corrections que
Malraux accepta. Ce roman est publié en
1937, une adaptation filmée sera tournée en 1938.
Malraux
doit gagner de l’argent pour nourrir toute sa petite famille : en 1939,
son découvert chez Gallimard est de plus de 170 000 frs ; les
pensions alimentaires qu’il doit se montent à 44 000 frs pour Clara,
11 000 pour Josette et 5000 frs pour grand-mère Lamy. Gaston Gallimard
patiente car l’écrivain phare de la maison d’édition attire d’autres auteurs.
Et puis il sait qu’André est une valeur sûre.
En
1940 Josette est enceinte, son amant souhaiterait qu’elle avorte. Malraux parle
de divorcer d’avec Clara, mollement. Il n’est pas facile en cette période de
divorcer et encore moins d’une femme juive. Il est incorporé en avril 40 comme
dragon au 41è dépôt de cavalerie motorisé près de Provins. Pacifiste il a
prévenu son capitaine : « ne comptez pas sur moi pour tirer ».
Il se retrouve prisonnier des Allemands d’abord dans la cathédrale de Sens,
puis au stalag 150 au bord de l’Yonne. Il s’évadera en compagnie de son frère
Roland, début novembre.
Josette
a rejoint ses parents à Hyères : sa mère s’offusque du ventre rond de sa
fille, son père un peu moins. Les enfants nés hors mariage, les bâtards, étaient
une honte pour toute la famille encore à cette époque.
Josette accouche dans une clinique de Neuilly, un garçon Gauthier
que le demi-frère d’André, Roland encore célibataire, reconnaîtra comme son fils.
(Roland et Madeleine son épouse-bibliobs.nouvelobs.com)
En
janvier 1941 Josette et André s’installe à Roquebrune-cap-Martin jusqu’à
l’automne 1942 dans la villa « La Souco » appartenant à des amis
anglais d’André Gide. La maison est somptueuse avec un maître d’hôtel qui va
chercher des provisions en Italie à vélo !! André renoue avec des écrivains comme André
Gide et Roger Martin du Gard. Il prend ses distances avec Drieu la Rochelle qui
collabore avec l’occupant. Pourtant son fils Vincent né en 1943 aura pour
parrain cet écrivain sulfureux à la demande de Josette qui admire
l’intellectuel Drieu. « …Voudriez-vous être le parrain de ce second
bébé ? …Voulez-vous regarder cet enfant un peu d’un autre œil que l’œil
ordinaire, en quelque sorte je vous le confie…. ».
Josette
comme Clara n’est pas dupe des mensonges de son amant : »il est plus
soucieux de faire une œuvre d’art que de dire des choses exactes »… Elle
le voudrait homme au foyer et homme de lettres. Il lui parait « rond,
bonasse, américain, avenant, jeune.. mais quand la bouche retombe et que le
regard devient aigu, c’est celui d’un clergyman, d’un singe, d’un vieux
bonze… ». Elle paie les impôts de l’écrivain. Il ne semble pas lui en être
reconnaissant : « Pourtant il doit bien exister au monde un être qui
approuverait ma manière d’être… » écrit-elle.
Après
la fin de la zone libre, Malraux et Josette quittent la Côte d’Azur pour le département de l’Allier. Le bébé surnommé Bimbo est hébergé un temps chez un maçon à
Beaulieu-sur-Dordogne.
En
1943 le couple s’installe à Saint-Chamand en Corrèze. Il loue une partie d’un
petit château pour 2 200 frs par mois qu’il aura souvent de la peine à payer.
Gallimard bouchera les trous du budget comme d’habitude. Les parents de Josette
leur envoient des colis de nourriture. Une des amies de Josette raconte :
« elle veut un couple fraternel, une confiance tendre, sans premier rôle,
elle veut vivre avec lui côte à côte, pas à la remorque. »…
Peu à peu
Malraux se tourne vers la Résistance. Ses
frères Roland et Claude, résistants, sont arrêtés par les Nazis. Malraux
devient le colonel Berger et entre dans la clandestinité.. Il est à la tête de
1500 maquisards du Lot, Dordogne et Corrèze.
(Le « colonel Berger » sur le front d'Alsace, fin
1944.)
En
novembre 1944, Adrienne Clotis vient voir sa fille et ses petits-fils à
Saint-Chamand. La mère et la fille se disputent pour la énième fois à propos de
Malraux. « Il ne t’épousera jamais, il est égoïste, c’est un rouge, un
intello parisien qui ne comprend rien à ta façon de vivre… » . Le séjour
est écourté, un fil est rompu. Josette accompagne sa mère à la gare, l’installe
dans le train. La dispute continue, coléreuse. Le chef de gare siffle le départ
du train. Josette se dépêche de descendre du train, mais sur le marchepied perd
l’équilibre et tombe sous les roues du dernier wagon. Elle décède à 34 ans à
l’hôpital de Tulle. Malraux apprend la tragédie à Strasbourg. Il écrira
« la mort de la femme aimée c’est la foudre… ». A sa façon il a
certainement beaucoup aimé Josette, reposante, aimante, réaliste.
Pour
Malraux, l’addition est cruelle. La mort lui rappelle la réalité de la
vie : la femme qu’il avait tant mal aimée, ses deux frères Claude
lieutenant fusillé à 23 ans par les Nazis, Roland mort à 32 ans dans un
bombardement allié. Lui restent ses deux fils, Madeleine la veuve de Roland et
son neveu Alain. André, Madeleine et les trois garçons s’installent ensemble à
Paris, intimité de raison devant l’urgence de l’après-guerre. Plus tard André
et Madeleine s’épouseront le
13 mars 1948.
Malraux
n’évoquera jamais la mémoire de Josette. Pudeur, incapacité d’être un père qui se montre aimant, incapacité de « lâcher-prise », de baisser la garde ?
Son fils aîné dira « ce que Malraux m’a dit sur maman, tiendrait sur un
timbre-poste… ». Le père d’André ne lui a pas montré le mode
d’emploi : volage, s’auréolant de conquêtes sans discrétion, une mère
meurtrie. Son grand-père Alphonse autoritaire, rude avec ses employés et ses
enfants, probablement alcoolique, rebelle avec les autorités. André enfant
souffrait de tics, peut-être du syndrome de Gilles de la Tourette. A-t-il eu
besoin de se construire une carapace qui l’a enfermé dans un égocentrisme
tenace ?
Les
fils de Josette sont sportifs, artistes, adultes très proches. Vincent fait un
mètre quatre-vingt-douze. A l’hiver 1959, en Italie, Gauthier fait une
pneumonie à virus avec hémiplégie foudroyante. Il s’en remet surtout grâce à
son frère Vincent. Ils sont amoureux et font le serment de se marier le même
jour pour « énerver papa le ministre ».
Et
puis la tragédie qui continue. Ce jour du
23 mai 1961 à 20 heures à Lacanche en Côte-D’Or sur la Nationale 6, l’Alfa
Romeo roule trop vite sur la chaussée mouillée et s’encastre dans un arbre.
Lequel des deux frères conduisait ? On ne le saura jamais. Gauthier est
mort sur le coup, Vincent succombe à son arrivée à l’hôpital de Beaune. Ils ont
à peine 20 ans !!
Malraux
et Madeleine seront rapidement sur place. L’abbé Bockel officiera un service
religieux à la demande inattendue de Malraux.
André
est dévasté devant cette espèce de fatalité, cette malédiction qui fait que
tout lui échappe. Le jour de l’enterrement il dira : « avec eux,
c’est toute la part de Josette qui est renvoyée au néant ».
laregledujeu.org/2018/12/14/34676/gauthier-et-vincent-la-tragedie-des-fils-malraux/
Sources : Olivier Todd André Malraux une Vie édit NRF
Gallimard 2001--- Hubert Delobette
Femmes d’Exception en Languedoc-Roussillon édit Le Papillon Rouge 2010 ISBN
978-2-917875-13-1---Suzanne Chantal Le Cœur Battant, Josette Clotis André
Malraux édi Grasset 1976—wikipedia.com -- Archives Nle OBS-- laregledujeu.org/2018/12/14/34676/gauthier-et-vincent-la-tragedie-des-fils-malraux/Bruno de Stabenrath -- www.parismatch.com/People/Politique/J-ai-epouse-mon-beau-frere-Andre-Malraux-Par-Madeleine-Malraux-149903--- photos wikipédia.org , museearcheologienationale --
--
Publications de Josette Clotis : »Le Temps vert », préface d'Henri Pourrat Gallimard, 1932-- « L'Accident » in L'Almanach
des champs, octobre 1930-- « Le Vannier » in L'Almanach des
champs, NRF, no 238, 1er juillet 1933, et NRF en
1946, précédé d'une lettre d'André Malraux, p. 85-91.---Une mesure pour
rien, Gallimard, 1934-- Cahier, 1939
mardi 14 janvier 2020
Montpellier la Belle
Montpellier la Belle :
Le site de
Montpellier est visité par les hommes depuis au moins 11 000 ans :
une fouille rue de la Fontaine-du-Pila fait état d’un campement de chasseurs au
bord du Verdanson.
Mais en fait
Montpellier naît au milieu du Moyen-Age profitant d’une période de croissance
économique, démographique et culturelle. Centre du savoir par son université,
cosmopolite dès ses origines, elle attire les intellectuels de toute l’Europe
malgré la crise des 14è et 15è siècles qui plomba l’économie de tout le sud,
hiver de 1364 où même l’étang de Thau est gelé, peste noire, guerre de Cent
Ans….. Les guerres de religion du 16è siècle vont sérieusement impacter aussi
le commerce de la ville. Verrou entre l’Espagne aragonaise et l’Italie, la
France et le comté de Toulouse la ville connut d’autres épisodes sanglants.
Mais ce n’est pas le lieu aujourd’hui d’en parler. Peut-être plus tard. Ceci
dit, l’Histoire façonne les hommes bien plus qu’ils ne la transforment !!
Le rivage
méditerranéen entre les Alpes et les Pyrénées est une terre de peuplement et de
passage : Phéniciens, Grecs, Ibères, Ligures, Celtes, et Rome ont tous
laissé des influences multiples. Le Languedoc devenu colonie romaine en 123 avt
notre ère se dote d’une route la Voie Domitienne, axe qui unit l’Italie à
l’Espagne. Cette voie est construite
vers 118 av JC à l’instigation du général romain Cneus Domitius Ahenabarbus
d’où son nom.
La ville de Montpellier voit le jour
en 985 au sud de cette voie et au nord de la Route du Sel, sur le Cami Roumieu,
le Chemin Romain qui passe entre ces deux routes. Il s’agit au départ d’un
domaine rural, une simple « villa » nous dit une charte de donation
délivrée par Bernard comte de Melgueil. (Maugio) donnée à Guillem seigneur dans
la vallée de l’Hérault. On parle alors du Mons Pestelarium.
(logo ou
en-tête de la mairie de Montpellier)
Dès le 11ème
siècle la famille des Guillem devient plus puissante que celle des comtes de
Melgueil. Les alliances par mariages illustrent la position des seigneurs de
Montpellier : Guillem VII épouse en 1156 une descendante d’Hugues Capet,
Mathilde et Guilhem VIII se marie en 1174 avec Eudoxie, nièce de l’Empereur de
Byzance. Le bourg compte au début du 14ème siècle 40 000
habitants, la deuxième ville du royaume de France, à égalité avec Rouen. En
1100 on comptait seulement 5000 habitants environ. Deux collines très proches forment le
site de la ville, dominant la plaine ; un bourg se développera sur chacune
de ces collines pour se rejoindre plus tard.
Les Guillem favorisent le commerce en
attirant les marchands itinérants par des conditions d’implantation
avantageuses. Le cami roumieu est un des chemins de pèlerinage pour
Saint-Jacques de Compostelle. Montpellier est une étape pour les pèlerins grâce
à une petite chapelle dédiée à Marie (place Jean Jaurès)(crypte de Notre-Dame des
Tables au 13ème siècle ?). Cette chapelle est située au cœur du bourg par
son emplacement mais aussi à l’origine du développement de la ville. On la
retrouve sur les armes de Montpellier, la Vierge Marie devant une église dorée.
On ne dira jamais assez l’importance des pèlerinages pour l’économie des
contrées traversées. Le pèlerin achète, dort, mange, se soigne, développe
l’artisanat, donc apporte au commerce un souffle nouveau. La famille des
Raymond de St Gilles-Toulouse, les abbés de Cluny ont bien compris l’importance
économique des pèlerinages en donnant des terres, favorisant l'installation d'artisans tout au long des chemins de
Compostelle de notre région.
Sceau de Guilhem VIII jouant de
la harpe, 1190.
Benjamin de
Tudèle en 1160 nous dit : « la ville est fort fréquentée par toutes
les nations, tant chrétiennes que mahométanes et on y trouve des négociants
venant notamment du pays de Algarbes (Mahreb, Andalousie), de toute l’Europe et
de la terre d’Israël » « c’est la ville où l’on trouve le plus de
lettrés d’importance ». Les fouilles archéologiques montrent des tombes
juives et musulmanes sur le site. Les écoles et universités enseignent le droit
et la médecine à bon nombre d’étudiants européens. Nous pouvons nous souvenir
des Platter, (sur ce blog Du Mendiant au Professeur du 13/09/2017). Une liberté
d’esprit de la part de Guilhem VIII qui en 1181 autorise quiconque quelles que
soient ses origines et sa confession à enseigner la médecine à Montpellier. La
médecine va connaitre un essor prodigieux grâce aux connaissances des trois civilisations,
juive, arabo-musulmane, chrétienne. Ce souverain apparaît comme le patron des
arts et des sciences.
(biu-montpellier-medecin)
Au 13ème
siècle Montpellier est le principal port d’entrée des épices ; Marseille
n’est pas encore française. Les bateaux marchands venaient de Tyr, Alexandrie,
Constantinople,….Barcelone, Majorque, Venise.. Des comptoirs montpelliérains
étaient implantés dans toutes ces villes. Nous exportions les draps écarlates
(spécialité des drapiers-vermillon) vers toute l’Europe et même l’Orient. Nos
chênes kermès nous donnaient des cochenilles qui fournissaient la teinture
rouge. Nous vendions des produits régionaux, herbes aromatiques, réglisse,
miel, fruits comme les figues, abricots, melons, légumes, vins, et plaque tournante
internationale, nous revendions poivre, safran d’Espagne, cannelle, sucre de
Candie, clou de girofle…. En direction du nord de l’Europe, Paris… Le miel de
Narbonne, la réglisse de Montpellier vont fabriquer les fameuses
« grisettes de Montpellier », petits bonbons en forme de petit pois
que les pèlerins achetaient dès le 13ème siècle. Au 14ème siècle on dénombre autour de 170 "parfumeurs", vendeurs d'épices, plantes aromatiques dans l'Ecusson !!
Des documents nous racontent Montpellier :
Le Petit Thalamus
est créé au début du 13ème siècle : les consuls de la ville y
consignent l’histoire au jour le jour de la ville. Une richesse pour les historiens et pour l’identité de la cité. Ces écrits couvrent la période de 1204 à 1604, depuis les
origines du consulat, coutumes, statuts, établissements urbains, listes
consulaires, annales en occitan puis en français, les rencontres, les
visiteurs….. Une mémoire commune et une conscience urbaine. (à voir aux
archives municipales ou sur internet)
Mais d’où
vient le nom de « Montpellier » ? Des hypothèses qui
ajoutent au charme mystérieux de ce lieu. De nombreux linguistes se sont penchés sur cette
énigme comme le célèbre A Germain.
Le Mont du
Verrou, le Mont des Jeunes Filles, des Epices….
-
Mons
Pessulus ou la montagne fermée par un verrou ferait allusion à des palissades
qui entouraient le bourg pour le protéger sur ces chemins de grands passages.
Autre hypothèse : aux origines de la ville construite au milieu de la
garrigue, les habitants avaient seuls le droit de pâture, la palissade
interdisait ainsi aux troupeaux étrangers de venir pâturer.
-
Le Mont des
Jeunes Filles, poètique mais peu probable : «Le
comte de Maguelone Aigulf -contemporain de Pepin-le-Bref- frappé des graves
changements politiques auxquels il assistait, consulta, dit-on, un talmudiste,
son médecin et son familier. Celui-ci lui fit voir, au milieu d'un bois et
pendant le silence de la nuit, deux arbustes, deux arbrisseaux mystérieux qui
d'abord distants l'un de l'autre se réunirent bientôt en un grand arbre à
doubles racines. Apparut ensuite une jeune fille avec deux têtes, ces deux
têtes, à leur tour, se condensèrent en une seule ravissante de beauté et
rayonnante de gloire qui d'une bouche fatidique se mit à prophétiser l'avenir.
Or, ajoute la légende, le comte Aigulf, dans le bois et au même endroit où il
avait eu cette apparition jeta les fondements d'une ville et cette ville se serait
alors appelée Montpellier.»
-
Mont Puellarum : de Monspuelium
en latin qui fait référence soit aux deux sœurs de Saint Fulcan qu’Arnaud de
Verdale évêque de Maguelonne dit avoir été maitresses et donatrices du domaine
de Montpellier ou bien soit à la beauté de ses jeunes filles. La tradition veut
que dans la ville de Montpellier «les femmes sont les plus jolies du
royaume avec les meilleurs ports de tête ».(mont puellarum, mont des pucelles)
-
Le Mont
Pistilarius ou mont des épices ; les garrigues alentour devaient fournir
du thym, romarin, sauge….
-
Mont
Pestellario, mont des pastels : cette plante qui sert à teinter les toiles
– Pestemmarium, mont des épices…
-
Mont
Petrosum, colline des pierres…. peut-être l'hypothèse la plus réaliste, étant donné les garrigues qui entourent le site.
Montpellier reste toujours aussi énigmatique, secrète,
comme ses belles dames !!
Sources :
Jeannine Redon, Nouvelle histoire de
Montpellier,
ed. du Mont, Cazouls-les-Béziers, 2015, 271 p. 350 illustr.--- Jean Segondy, Histoire de
Montpellier, 1re partie : Montpellier, ville seigneuriale. Les Guilhem
et les rois d’Aragon, Xe
et XIVe siècles, Montpellier, 1968.-- Christian Amalvi et Rémy Pech, Histoire de
Montpellier,
Toulouse, Privat SAS, coll. « Histoire des villes », 2015, 925 p.--- Félix Platter et Thomas Platter, récits
de voyages entre 1499 et 1628, édités par Emmanuel Le Roy Ladurie , Le Siècle des Platter,
2 tomes, Éd. Fayard, 1995 et 2000.--- Albert Fabre, Petite histoire de
Montpellier : depuis son origine jusqu'à la fin de la Révolution, Monein d. Princi Negue, 2006, 236
pages (Arremoludas, no 153) (ISBN 2-84618-337-6).---wikipedia.org-- presse
locale et régionale : La
Gazette économique et culturelle
(magazine hebdomadaire), La
Gazette de Montpellier (hebdomadaire), La Marseillaise - -- photos montpellier.fr—biu-montpellier.fr---Traumrune/wikimedia
communs/CCBY-SA3.0—23/10/2014---
Les Trois Grâces -fotocommunity.fr-D'après Etienne Dantoine 1773-1776
samedi 4 janvier 2020
Vitamine C Le Scorbut à nouveau là
La Vitamine C :Le Scorbut à nouveau là
Après les fêtes de fin d'année, nous avons bien besoin de vitamines. Voici l'histoire de la vitamine C.
La vitamine C ou acide ascorbique a vaincu un des grands fléaux de l’humanité : le scorbut. Pourtant il revient dans certaines populations avec des carences alimentaires dues à la pauvreté mais aussi à notre mode de vie.
La vitamine C ou acide ascorbique a vaincu un des grands fléaux de l’humanité : le scorbut. Pourtant il revient dans certaines populations avec des carences alimentaires dues à la pauvreté mais aussi à notre mode de vie.
Ce nom évoque les
histoires de marins ; mais cette maladie sévissait aussi dans les régions
arides ou désertiques ainsi que dans nos campagnes. C'était la maladie des déshérités, souvent mortelle en elle-même, sinon par les maux qu'elle générait.
Joinville en 1249 sous le
roi St Louis nous décrit une maladie qui décime les rangs des croisés à la
bataille de Damiette. De même en 1498 l’équipage de Vasco de Gama est ravagé
par le même mal face aux côtes du Mozambique : 100 marins sur les 160 en
meurent.
Jacques Cartier en 1535
« découvre » le Canada. L’hiver est très froid, les deux navires sont
bloqués par les glaces. Les marins campent du début du mois de novembre 1535 à
fin avril 1536 à l’embouchure du fleuve St Laurent. Les hommes s’affaiblissent
de jour en jour, ils contractent ce que l’on appelait « la maladie des
marins ». Un, puis deux, puis 25 meurent sur les 100. On ne peut les
enterrer tant la terre est gelée. Jacques Cartier fait le serment d’aller à
Notre Dame de Rocamadour à son retour en France si la maladie recule. C’est
encore l’époque où l’on croit que les maladies sont des punitions de Dieu.
(https://www.atsenti.com/blogue/annedda-ultime-verdict Julie Laforest février 2017)
(https://www.atsenti.com/blogue/annedda-ultime-verdict Julie Laforest février 2017)
Un indien, Domagaya,
fils du chef iroquois Donnacona se
présente et propose un remède : une décoction de feuilles et d’écorce d’un
arbre « Anneda ». Il y ajoute de l’écorce de sapin et des épinettes
blanches des aiguilles. Les marins survivants en boivent tous les jours, et
miracle ils retrouvent la santé. L’anneda du nom que lui donne les indiens serait
le sapin baumier ou le cèdre blanc d’Amérique ou encore le pruche du Canada. Les
trois arbres servaient dans la pharmacopée des autochtones. Jacques Cartier en
a bien ramené des boutures mais sans susciter un grand intérêt. Par la suite on
parlera d’arbre de vie.
Dans les années 1610 le
chirurgien anglais Woodhall mentionne l’intérêt des citrons et des oranges dans
le traitement du scorbut. Puis vers 1670 Vernette dans son traité sur cette
maladie fait allusion à une possible carence qui déclencherait le scorbut. Il
faut attendre 1734 avec le Hollandais Bachstrom pour que l’on avance d’une manière
significative : il affirme que la maladie est due à l’absence de légumes
et de fruits dans l’alimentation.
En 1744 un médecin
de la marine anglaise James Lind conduit une expérimentation lors d’un voyage
de Gibraltar à Hyères pour tenter de confirmer l’hypothèse de Bachstrom. Il
embarque sur le navire le Salisbury à Gibraltar 12 malades scorbutiques au même
stade de la maladie : taches sur la peau, lésions buccales, tendance
paralysante…. Ils sont nourris de la même façon : bouillon de mouton
frais, pudding, biscuits bouillis, orge, raisins secs, riz, groseille rouge,
sagou et vin. Mais il assemble les malades deux par deux et leur distribue un
complément : le premier groupe a une pinte de cidre, le second 15 gouttes
d’élixir de vitriol trois fois par jour, le troisième 2 cuillerées de vinaigre
trois fois par jour, le quatrième une demi-pinte d’eau de mer, le cinquième
deux oranges et deux citrons, le sixième une noix de muscade d’un électuaire
recommandé par un chirurgien comprenant de l’ail, de la moutarde, du raifort, du
baume du Pêyrou et de la myrrhe.
Quinze jours de
traitement rigoureusement surveillé. Un seul groupe est guéri celui qui a eu
droit aux fruits. Lind avait prouvé que le jus de citron et d’orange
constituait un traitement efficace contre le scorbut qui n’était ni contagieux,
ni d’origine infectieuse, mais bien une maladie carentielle.
Mais il fallut du temps
pour que les médecins en particulier dans la marine acceptent cette conclusion.
Mac Bride était La référence à la cour d’Angleterre ; il avait écrit
des règles thérapeutiques sacro-saintes quelques années auparavant et il
n’était pas question de l’usage des jus de fruits pour lutter contre le scorbut.
D’autres médecins lui emboîtaient le pas comme Pringle, Hunter, pourtant
universitaires de renom. Ils s’appuyaient sur l’expérience du frère de Mac
Bride, navigateur aux Falkland aujourd’hui Malouines dont l’équipage ne
présentait pas de signe de scorbut bien que ne consommant pas de jus de fruits.
Peut-être à cause des nombreuses escales qui étaient l’occasion de manger des
fruits et des légumes ?
Enfin G Blanc en 1793
fait adopter par la marine anglaise l’utilisation du jus de fruits en guise de prévention
du scorbut. James Lind était mort depuis un an. Cette pratique restera secret
militaire pendant toute la période des guerres napoléoniennes. Les forces
françaises subiront les ravages de la maladie au contraire des marins anglais. La déroute de Trafalgar à cause de Lind et du scorbut ??
Il faudra un certain
temps pour comprendre l’efficacité indéniable des jus de fruits contre le
scorbut. En 1907 une expérience en Norvège sur un cobaye au régime carencé en
fruits et légumes : il guérit quand son régime alimentaire redevient
normal. Le scorbut est bien dû à une carence alimentaire.
En 1928 Szent-Gyorgi
isole l’acide hexuronique dans les capsules surrénales du cobaye et du singe,
puis en 1932, le même acide dans le jus de citron. Ce sera le prix Nobel pour
Szent-Gyorgi, Haworth, et Reichstein. Les expériences dès lors vont montrer que
c’est l’absence de cet acide qui est la cause du scorbut. On sait maintenant
que la vitamine C intervient dans bien d’autres secteurs, vieillissement,
cancer, maladies cardio-vasculaires, diabète…simplement pour la bonne humeur et
un certain confort.
Mais le scorbut oublié
réapparaît dans certaines populations, chez l’adulte comme chez l’enfant en
Europe et en particulier dans les pays développés. Les médecins ont parfois du
mal à le diagnostiquer, pensant l’époque de cette maladie révolue. Il faut dire
que les signes cliniques peuvent être variés et communs à bien d’autres
maladies : saignements de gencives, purpura, douleurs osseuses, anorexie,
anémie….. et baisse des défenses immunitaires. La maladie peut être fatale en
cas de retard de diagnostic ou en cas de traitement inapproprié.
Malnutrition, précarité
sociale mais aussi en présence d’une dénutrition chez des malades qui ne
consomment aucun agrume, aucun fruit, des symptômes qui doivent alerter.
Depuis 2016, 2017,2018 La Revue de Médecine Interne fait état de cas de
scorbut à Nice, Montpellier. Une patiente avec des troubles du comportement
alimentaire, anorexie et ablation partielle de l’estomac, purpura, douleurs
osseuses résistantes aux médicaments. Des SDF à Montpellier. Des personnes
âgées de plus de 75 ans à Rouen et à Reims en institution ou chez elles. Des
nourrissons nourris au lait sans vitamine…. Et que dire des sandwichs, des
handburgers avec une feuille de salade et parfois une rondelle de
tomate !! Au pays de la gastronomie, nous ne savons pas toujours nous
nourrir et nous vivons à cent à l’heure… Et la machine se dérègle !!
Le professeur de médecine montpellerien Jacques Mirouze (1921-1991) s’interrogeait
en 1987 sur la grandeur et la décadence de la vitamine C : »Grandeur …sans
hésitation, la preuve en est faite après des siècles d’égarement. Décadence…sûrement
pas puisque les plus grands biologistes et médecins discutent encore aujourd’hui
de sa place dans le confort de notre vie de tous les jours »…Nous n’avons
pas fini de parler de la Vitamine C !! Orange, cassis, poivrons, persil,
chou, et autres fruits et légumes… pleins de vitamine C à consommer sans
modération.
Sources : Jacques
Mathieu et
al., L'annedda :
l'arbre de vie, Québec, Éditions
du Septentrion, coll. « Cahiers
du Septentrion », 2009, 187 p. (IISBN9788-2-89448-591-0 OCLC 440241088--- www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/patrimoine/toponymie/fiche.aspx?ldFiche=598 --- Professeur Jacque Mirouze de
l’Académie de Médecine Historia fév 1987 n)482p 64/68--- Emmanuel Bévillon, Jacques
Cartier, le scorbut et la bière de sapinette Yannick Romieux Revue d’Histoire
de la Pharmacie 1993 n)296 Persée internet-- Marc Gozlan 9/9/2018 www
LeMonde.fr/blog/realités biomedicales/Le-retour-du-scorbut-unemaladie-que-l’on-croyait-disparue/--
www.nutrivita.fr/histoire-vitamine-c/---www .diabètemagazine.fr/la-vitamine-c-et-votre-sante-clouer-le-bec-aux-idees-recues/
---
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