mercredi 1 avril 2026

Premier train Nîmes-Montpellier

 

 La gare au XIXe siècle (© coll.particulière)-Académie de Nîmes

Premier train, nouvelle ère,

Nous avons du mal à imaginer ce que le train a apporté à l’être humain, et ceci en peu  de temps. Modifications en profondeur des déplacements, emplois, modes de vie, découvertes, tourisme…

Le train d’abord pour le transport du charbon, matériaux essentiel pour le développement de l’industrie employant les machines à vapeur du 19ème siècle. Puis transport de voyageurs.

Dans le Gard et l’Hérault, des dates qui montrent un enthousiasme pour le progrès malgré les peurs qu’il engendre : 15 juillet 1839 la ligne entre Nîmes et Beaucaire, 1840 la ligne entre Nîmes et Alès pour le charbon. Aussi 1839 la ligne Montpellier-Sète. Petit à petit nous nous équipons.

Embarcadère de la première gare de Nîmes


La première gare de Nîmes appelée « embarcadère » est mise en service le 15 juillet 1839 par la Compagnie des Mines de la Grand’Combe et des Chemins de fer du Gard. Cette gare est construite à l’est de la ville, entre les chemins d’Uzès et d‘Avignon, dans le quartier Richelieu, aménagé dans la première moitié du XVIIIe siècle. On en voit encore quelques traces proches d’un rond-point.

C’est un tournant pour la ville et la région. Nîmes à la fin du 18ème siècle est une des grandes villes manufacturières de France. Elle exporte dans tout le bassin méditerranéen, jusqu’en Inde. Historiquement elle est un nœud commercial important au carrefour du Languedoc, de la Provence et de la vallée du Rhône. En 1851 Nîmes compte un peu plus de 53 600 habitants et Montpellier 45 800.

Le ministre des Travaux Publics par télégramme, autorise en date du 8 juillet 1939, la circulation du chemin de fer de Nîmes à Beaucaire. Aussitôt dit, aussitôt  fait, le 14 juillet est choisi pour la cérémonie de l’inauguration. Une foule de curieux s’était assemblée proche du bureau de l’octroi route d’Uzès. Une première expérience semi-officielle. Des employés de la Compagnie partis pour Beaucaire le matin, revinrent dans la même journée ! Rapidité, sécurité, malgré les prédictions de désastres que certains avaient répandus…Le 15 eut lieu la cérémonie officielle. Les autorités, les sommités judiciaires et administratives, tout ce qui comptait, embarquèrent dans un train de dix-huit voitures vers quatre heures du soir. Le trajet entre Nîmes et Beaucaire dura 36 minutes, le retour en 40 minutes ! Dès l’heure de midi, une foule avait envahi les rues et avenues voisines du chemin de fer et le retour du train se fit sous les applaudissements d’une cohue frénétique et enthousiaste.

Ce fut un succès. L’ouverture de la ligne coïncidait avec la foire de Beaucaire et quotidiennement les trains transportaient plus de 10 000 personnes, nous disent les gazettes !!. Quelques voyageurs le jour de l’inauguration seront légèrement blessés sans gravité par des escarbilles, mais les alarmistes en profitèrent pour déclarer que la mort certaine attendait ceux qui montaient dans les trains.

Le confort était rudimentaire : les voitures de troisième classe étaient couvertes, fermées à l’avant et à l’arrière mais ouvertes sur les côtés. Des bancs en bois servaient de siège. Celles de deuxième et première classe étaient couvertes et fermées sur les côtés par des glaces et des stores. Les banquettes de ces dernières étaient rembourrées.



Un problème, l’exactitude des horaires. Habitués au service des diligences aux horaires parfois fantaisistes, les voyageurs avaient du mal à être « à l’heure » lors de lors déplacements. Il faudra que la Compagnie prie les usagers de régler leurs montres sur la pendule régulateur établie chez l’horloger de la compagnie place de l’Hôtel de Ville. ( Jacquemard de Nîmes).

Des stations intermédiaires sur la ligne Nîmes-Beaucaire vont s’implanter, Courbessac, Marguerites, Manduel, Redessan, Bellegarde… Le train entre dans le quotidien des habitants.


On ne va pas en rester là. Il nous faut faire la jonction entre la ligne Montpellier-Sète (1839) et les réseaux rhodaniens et languedociens. Donc une ligne Nîmes-Montpellier s’implose. Il faudra aussi de nouvelles gares. Montpellier se dote en son centre de la gare Saint-Roch en 1843-1844, sur la ligne Tarascon-Sète.


Gare Saint-Roch de Montpellier—les colonnades ce qui reste de l’ancienne gare

Un premier essai le 30 avril 1844 entre Nîmes et Montpellier sur une seule locomotive anglaise avec à son bord les ingénieurs Charles Didon et Paulin Talabot. Un parcours d’une heure vingt-huit minutes. Le 3 mai second essai : le parcours s’effectua trois fois dans la journée avec succès au milieu des acclamations et applaudissements des habitants des communes traversées.

Mais le Parlement ne s’était pas encore prononcé sur le mode d’exploitation pour une ligne construite aux frais de l’Etat. A cette époque la SNCF n’existait pas et de nombreuses compagnies se partageaient les réseaux. Ce retard n’était pas du goût de la Chambre de Commerce de Nîmes qui demanda à plusieurs reprises un service provisoire en attendant la décision du Parlement.

Le 16 juillet 1944 les Chambres du Parlement par une loi décidèrent que cette voie de communication serait donnée en adjudication publique le 18 septembre. Cinq concurrents se présentèrent. Chacun pour soumissionner devait déposer une caution de 500 000 frs. Une société s’était formée, celle de MM Emile Delacorbière, président de la Chambre du Commerce du Gard, Félix de Surville, banquier, et Agénor Molines banquier, au capital de deux millions de francs divisés en quatre mille actions de 500 frs. C’est cette société qui fut déclarée  adjudicataire, pour le grand plaisir des Nîmois, qui « ne tenaient pas à ce que des étrangers puissent s'emparer de la ligne et on savait que Montpellier et Lyon présentaient des concurrents très sérieux. La rivalité était surexcitée au plus haut point surtout entre Nîmes et Montpellier, d'autant plus que dans la salle cette dernière ville était représentée par trois ou quatre cents personnes ».

La vieille querelle s’était réveillée entre Nîmes la romaine et Montpellier la jeunette née au 9/10ème siècle. Chauvinisme mais aussi le 19ème siècle voyait des chevaliers d’industrie miser des fortunes sur des innovations qui devaient leur rapporter dix fois plus, fortunes parfois éphémères. Les enjeux commerciaux étaient importants pour les deux villes. Les banquiers et négociants nîmois commençaient à s’intéresser aux grandes affaires industrielles. A la veille de la révolution de février 1848, on comptait à Nîmes une vingtaine de banquiers de quelques importance, avec une fortune évaluée d’après les impôts nettement supérieure à celle des négociants. (+60%).

Une autre société nîmoise figurait parmi les évincées, celle de MM Mourier fils cadet, Emile Bonnaud et Maxime Baragnon. L’adjudication s’était déroulée à la préfecture sous la présidence du préfet de l’Hérault M Roulleau-Dugage et du ministre M Teste. Une foule assistait à la réunion, débordant sur la terrasse.

L’ouverture commerciale de la ligne ne se fera qu’au commencement de l’année suivante malgré une ordonnance royale du 1er novembre approuvant l’adjudication. Mais les corps constitués des deux villes en profitèrent pour se rencontrer et faire
échanges de politesses. Ainsi le 17 novembre le conseil municipal de Montpellier invita celui de Nîmes à un grand banquet au Peyrou, « les représentants les plus intimés des deux villes auxquelles aboutit le magnifique chemin de fer dd au vote intelligent des pouvoirs de l'Etat, et au talent éprouvé des habiles ingénieurs des Ponts et chaussées. »

 Le 1er décembre c’est au tour du conseil municipal de Nîmes d’inviter celui de Montpellier à  un grand banquet dans le foyer du théâtre, à l‘époque situé à l’emplacement du Carré d’Art. On va faire les choses en grand, et même en très grand !!A cette occasion une grande fête est organisée aux Arènes pour toute la population de Nîmes. Partis à 10 h, les invités arrivèrent par la nouvelle voie, sous les vivats des habitants de la campagne. Arrivés à Nîmes à 11h et demie, au milieu d’une foule venue de tout le département.

Après une longue visite à la bibliothèque, et après y avoir admiré les divers produits des manufactures nîmoises, et une longue visite des monuments nîmois, les deux conseils se rendirent aux arènes pour assister à une ferrade.

Une vaste loge les y attendait, pavoisée de pavillons tricolores et de bannières flottantes aux chiffres MN, et aux armoiries des deux villes.

Vingt-cinq mille spectateurs se pressaient dans les arènes. Pas une place de libre.

Après le banquet, le  cortège se rendit au théâtre pour assister à la représentation de « la Reine de Chypre ». Une loge les y attendait.

Les invités seront logés à l’hôtel du Luxembourg et le lendemain matin ils assisteront à une grande revue sur l’Esplanade. Déjeuner dans une des salles de l’Hôtel de ville.

La visite se fera fort heureusement tout au long par un temps splendide.

Le premier trajet commercial eut lieu le 11 janvier 1845. Ce jour-là, deux trains partirent à 8 h du matin de chaque ville et se croisèrent à Lunel. La voie sera électrifiée en 1948. En 1852 avec la construction du viaduc de Beaucaire, Nîmes se trouve reliée par le réseau ferré à Marseille. La création en 1857 du PLM unifie le réseau.

Le tracé n’a pratiquement pas changé. Sauf le contournement ferroviaire de Nîmes-Montpellier qui relie depuis 2017 es gares TGV des deux villes. Ce serait la ligne la plus fréquentée d’Occitanie avec environ 180 à 200 trains circulant chaque jour !!

 



Sources : www.nemausis.com-- Gazettede Nîmes n)1316 aour2024jean Paul Pignède  président du musée du chemin de fer de Nîmes—wikipédia.org--

 

 

 

 

samedi 7 mars 2026

Enseignement pour adultes

 

Enseignement pour adultes


Le journal L’Opinion du Midi de juillet 1866 reprend un arrêté du préfet du Gard concernant l’enseignement pour adultes. Une circulaire a été adressée aux sous-préfets, et aux maires du Gard. « J’ai décerné une récompense aux adultes qui ont satisfait aux épreuves imposées dans les concours cantonaux du mois d’avril dernier »….. A charge pour nos élus de prévoir une publicité et de notifier cette récompense aux intéressés. « Une cérémonie sera organisée le premier jeudi du mois d’août à 2 h de l’après-midi au chef-lieu du canton en une séance solennelle. » Messieurs les Curés et les Pasteurs sont invités. Une petite somme sera versée sur un livret de caisse d’épargne.

A Vallabrix trois lauréats dans la première catégorie et pour un deuxième prix : Louis Belin (16 ans) Cyprien-Frédérick DesplansJoseph Camille Gay (16 ans) .
Déjà lors de la Révolution de 1789 des voix s’élèvent pour demander un enseignement pour les adultes. Chenier et le rapport Lanthenas du 28 frimaire An I (18 décembre 1792) proposent des cours pour adultes chaque semaine pour « amuser l’esprit, délasser le corps, éveiller la curiosité et le plaisir d’apprendre tout cela dans des réunions fraternelles ». Il s’agit aussi d’encadrer une certaine morale, et former à la fonction publique. Mais il faudra attendre le 19ème siècle.

 L’industrie montante a besoin d’ouvriers ou ouvrières sachant un peu près lire, écrire et surtout compter. Les enfants sortent des écoles primaires vers 13-14 ans avec une scolarité hachée, où il est habituel de s’absenter pour aider les parents paysans ou artisans. Ils perdent très vite le peu qu’ils ont appris. Laïques et religieux s'inscrivent dans ce mouvement, comme les jansénistes Frères de la Doctrine Chrétienne, en province. Paris, Lyon, les grandes villes dès 1837 s’équipent. Les statistiques nous disent que l’on compte en 1837 1800 cours et 37 000 élèves, en 1841 3090 communes, 3403 cours et 68 500 élèves. 
Mais la situation politique de l’époque ne va pas aider au développement de ces cours, et leur nombre va diminuer jusqu’en 1863. Dans notre région, l’école de Nîmes créée en 1823 ne fonctionne déjà plus en 1833. Guizot alors ministre s’en inquiète. Le comte Pelet de St Jean du Gard, ministre du roi Louis-Philippe va réglementer cet enseignement par son arrêté du 22 mars 1836 et sa circulaire du 16 juin. Nos gouvernants vont relancer la machine par des prix d’assiduité pour les élèves, des récompenses pour les enseignants à partir de 1864

Mais les villes et les villages vont traîner les pieds, n’ayant pas les moyens financiers pour obtempérer. A Uzès en 1849, le Supérieur de l’Ecole des Frères tente une ouverture de classe après avoir obtenu une subvention de la mairie pour payer le noviciat et le mobilier. En 1850 c’est une classe pour les jeunes filles qui ouvre grâce à la sœur Chaise fille de la Charité de St Vincent de Paul. La duchesse d’Uzès encourage cette création en promettant des récompenses.
Les cours avaient lieu de novembre à mars, en dehors des récoltes, le soir pour les hommes et le matin dès 5 h pour les jeunes filles. A Uzès ces classes fonctionnaient encore en 1886. Les matières enseignées vont s’étoffer : calcul pratique, orthographe, narration, histoire et géographie, sciences physiques, discipline "ne faut-il pas peser et mesurer dans un ménage"…..

livret Caisse d'Epargne scolaire 1874
A Vallabrix, nous avons enfin une école digne de ce nom depuis 1849 (Maison Ronde). Une classe pour hommes jeunes apparaît dans les procès-verbaux municipaux le 11 février 1866 : il est indispensable de donner des cours gratuits aux adultes ou aux « hommes faits » de la commune. Les cours ont lieu du 10 novembre au 10 février. Les jeunes filles sont oubliées. Nous sommes sous la mandature de Louis Desplans, maire et Jean Boutaud adjoint. Nos élus prévoient 50 frs par an d’indemnités pour l’enseignant, 25 frs pour l’éclairage. Mais cette classe devait exister déjà en 1864 : les élèves adultes doivent fournir le bois pour chauffer la salle. On ne parle pas d’indemnités pour l’enseignant. Intervention gratuite de sa part ou bien payé par les élèves, par le canton ? Si l’on décide la gratuité en février 1866 il est probable que les cours avaient un coût pour les jeunes hommes. Des apprentis de notre village sont inscrits à Uzès, comme Alfred Boutin 15 ans coursier-petite-main pour un tailleur d'Uzès, de même Louis Arnaud apprenti maréchal ferrant. Ils profitent des cours après le travail.
En février 1866 nos élus faute de moyens ne prévoient pas de distribution de prix pour les élèves de l’école primaire ni pour les adultes. L'enseignement pour adultes sera fortement encouragé par le ministre Victor Dupuy.  En 1877-78 nos effectifs se chiffrent à 15 adultes (masculins), et pour les primaires 25 garçons et 20 filles. En 1884 l'instituteur reçoit 100 frs pour ses cours-adultes mais il devra payer les frais d'éclairage et de chauffage ! En 1889, il aura en plus de son salaire 15 frs pour ses frais de chauffage...
L'école pendant encore longtemps sera le parent pauvre des communautés. 
Plus tard Jules Ferry réorganise en 1882 les cours pour adultes. Des cours pour illettrés, des enseignements complémentaires pour les autres, des lectures publiques, des conférences pour le plaisir et la curiosité. 
Sources : archives communales Vallabrix et Uzès -archives départementales Gard Hérault- livret internet

lundi 23 février 2026

La Croix des Palmiers

 

2007- entrée d'Uzès

La Croix des Palmiers

Lorsque l’on rentre dans Uzès en venant de Nîmes, la place qui abrite la station- service au débouché anciennement de la rue Tour du Roi et Petite Bourgade, est dénommée pour les Anciens « La Croix des Palmiers ».

Un immeuble a été construit à la place des Moulins à huile Brès. Au début du 19ème siècle, des bâtiments accueillaient la poterie Vernet, deux frères venus de Marseille qui travailleront par la suite avec les Pichon à l’origine de l’industrie potière d’Uzès.

En face de la station-service, un parc abritait une maison de maître « le Refuge », qui servit de centre aéré. D’où le nom du parking.

Mais pas de palmiers à l’horizon !!

En fait il s’agit de la déformation au fil des ans du nom d’un conseiller et ami du roi Charles V, Geoffroy Paumier de la Bretagne, époux malchanceux d’Aalacie fille de Jacques du Pin, habitant Uzès, seigneur de Durfort.  Il était avocat  du roi à la sénéchaussée de Beaucaire, juriste talentueux, érudit, il s’était fait un nom par les services diplomatiques qu’il avait rendu à la royauté.

Sa femme, nous dit-on, le tourmentait souvent. Un jour elle lui demanda s’il priait quelque fois le Bon Dieu.

-         Oui, lui repondit-il, surtout depuis que je suis marié..

-          Et que lui demandez-vous ?

-         La Patience !!

Veuf rapidement, sa femme, malgré tout,  lui laissa entre autres choses, une belle maison rue de la Barrière, actuelle rue Paul Foussat.

Paumier dans son testament en date du 24 juin 1322, laissa des fonds pour l’érection d’une croix à l’entrée des bourgades. Elle fut mise en place en 1393, et appelée Croix de Paumier. Elle sera plusieurs fois abattue, puis relevée au même endroit..



Les Huileries Raffineries Modèles de Jean Brès fondées en 1864, occupaient ce secteur jusqu’aux années 1950. Le panneau publicitaire ci-dessous montre l’importance des bâtiments, fleuron moderne d’une « industrie » moulinière. Aujourd'hui on oublie que la ville d'Uzès a été avant d'être une ville touristique,  a été un centre artisanal et industriel. 

Tout est dit sur ce panneau. En haut à gauche, les trieuses, les broyeurs, les trieuses, à droite la tonnellerie, le lavage des fûts, le magasin d’expéditions. On apportait ses olives à cette usine équipée de moulins à vapeur dès 1864.

Jean Brès après la saison de l’huile d’olive, avait ouvert un atelier de torréfaction du café. Il proposait aussi des bonbonnes, des bouteilles défiant toute concurrence car il était grossiste de ces produits. On pouvait acheter aussi chez lui, savon, café, lait concentré, légumes secs, bonbons…On pouvait être livré par un « charreton ».

La famille Brès habitait au 45 de la Petite Bourgade, un immeuble qui sera transformé en six appartements. Avec Emile, le fils, l’affaire périclita et ferma. Ce sera une perte d’emplois permanents et saisonniers et une perte d’image pour la ville.

 

Source : Monique Domerson Répuvlicain d’Uzès et du Gard 19 mai2010—L’Extra local Uzès 2007—Lionel d’Albouisse Histoire de la ville d’Uzès 1903---

 

 

mardi 3 février 2026

Conflit autour de la Galette des rois quand elle était gratuite

 

 



Bataillon de porteuses de pain-BN -1909

 

Conflit autour de la Galette des Rois quand elle était gratuite- Un métier oublié la porteuse de pain

 

(voir ou revoir pour rappel sur ce blog complément du sujet du4/2/2023 ou 16/1/2026)


C’est le temps de la galette des rois. Elle ouvre l’année, rassemble familles, amis. On en profite pour faire des plans pour l’année qui vient et pour les douze mois qui arrivent « si l’on n’est pas plus que l’on ne soit pas moins ». Une tradition bien sympathique, qui nous vient de bien loin dans les siècles anciens… Fille du peuple pour rêver ou se moquer un moment à une royauté.

Elle reflète toute une mosaïque de saveurs régionales. La Franche-Comté propose une galette à base de pâte à choux parfumée à la fleur d'oranger. A Albertville c’est une brioche à l’anis et au safran. En Provence, le gâteau des rois se présente comme une couronne briochée ornée de fruits confits. A Dunkerque la galette ressemble à une tropézienne. Le Sud-Ouest reste fidèle à sa version briochée, délicatement aromatisée à la fleur d'oranger, tandis que la frangipane demeure la garniture privilégiée dans de nombreuses régions en particulier parisiennes. Chaque région adapte sa galette  à son histoire culinaire et pâtissière.  Elle est fréquemment revisitée avec par exemple une farce de chocolat noisette, une pâte parfumée aux agrumes et au rhum des Antilles ou aux fruits confits macérés au rhum.

Cette pâtisserie, symbole et occasion de réjouissances depuis les temps romains, a connu bien des vicissitudes. Une chartre de 1311 la nomme officiellement. Mais lorsque la farine est trop rare et la famine trop présente comme en 1711 les autorités, les Parlements l’interdisent.





Porteuses de pain Paris1905 BNF

A la Révolution un député Manuel tenta de l’interdire en vain. Mais un arrêté de la Commune changea le jour des Rois en jour des Sans-Culottes et la galette disparut un temps pour réapparaitre quand les temps furent moins troublés. Le mot « roi » était toujours tabou, mais pour préserver la tradition, la galette devint la « galette de l’Egalité » et la fève un bonnet phrygien symbole républicain.

Du 17ème siècle jusqu’au début du 20ème siècle, il était de coutume que les boulangers offrent une galette à leurs clients. Au grand déplaisir des boulangers qui voyaient dans cette coutume une baisse de leur chiffre d’affaire. Certains chiffraient une perte de bénéfice à un mois sur l’année. En 1905, d’après un boulanger, la galette offerte dont le volume est proportionné à l’importance du client, lui revient de 1 à 3 francs. Ce qui représente en fait une belle somme selon l’importance de la clientèle !

La fève depuis longtemps n’est plus une légumineuse mais un petit baigneur en porcelaine, d’où un coût supplémentaire.

Il avait été question fin  19ème –début 20ème siècle de remplacer la galette offerte par un don au bureau de bienfaisance. Mais l’accord ne put se faire, les uns craignant de mécontenter leurs clients, les autres faisant remarquer que cette galette gratuite était le prétexte donné aux porteuses de pain de recevoir leurs étrennes de la part des clients.

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      Le métier de porteuse de pain apparaît en 1880 pour disparaître en 1914. Un métier exercé par des veuves ou des femmes seules, parfois accompagnées de leurs enfants. Elles étaient payées par le boulanger, quelques sous, pour le confort matinal des familles bourgeoises parisiennes mais aussi des villes et bourgades. Pour le client c’était un service gratuit de la part du boulanger. Elles portaient aussi le pain aux artisans en chambre, leur évitant ainsi de sortir de chez eux et de perdre du temps. Autre métier oublié, le laitier les accompagnait avec sa charrette et ses bidons de lait, ses glacières garantissaient un peu près la fraicheur du lait et du beurre. Les familles étaient mal équipées en matériel réfrigérant.

( Les réfrigérateurs commencent à apparaître dans les foyers français, dans les années 1950 avec des marques populaires comme Frigidaire.)

Le laitier dans les étages existait encore dans les années 1955, j’en ai connu un, probablement le dernier à Lyon.  

Dans un bulletin de « l’Académie du Professeur Calvel » Hubert Chiron nous raconte : « dès le milieu du 19ème siècle, les porteuses de pain vont s’inscrire dans le paysage matinal des quartiers parisiens. Le travail débute vers 5 heures du matin pour se terminer à 11 h…. Il est admis qu’il fallait au moins une semaine à une porteuse pour mémoriser les adresses, les gouts et les exigences d’environ 300 clients. Une poussette servait à transporter le pain de la boulangerie à l’immeuble, puis il fallait s’armer de courage pour monter le pain au tablier jusqu’aux étages supérieurs… ». Pendant qu’elle montait les étages son tablier plein de pain, sa charrette restait en bas de l’immeuble ou de la maison. Elle était responsable des vols de pains pendant son absence d’où la nécessité de distribuer très vite.


Un journaliste écrit : «  dès l’ouverture de la boulangerie, longtemps avant 6 h du matin, cette courageuse mercenaire arrive, ponctuelle, prend dans sa voiturette une provision formidable de pains ronds, en galettes, en miches, en couronnes et la voilà partie de porte en porte avant le lever de ses clients. Elle sait par cœur le goût de chacun….Tels gens ne paient que tous les huit jours, tels autres sont en retard d’un mois, et la petite note reste impayée. Elle dépose ses pains contre les portes des appartements, tant pis si des chats ou
des chiens de passage les flairent et lèvent la patte. Elle monte parfois cinq étages pour une petite galette de 2 sous. Elle gravit quatre ou cinq cents étages dans sa matinée, elle ne s’interrompe que pour se rendre au fournil chercher une nouvelle charge ou pour aller siffler un verre de raide chez le troquet du quartier…. »

 


 

 

 

 

 

 

 


Suisse, porteuse de pain, 1904

 


 

 



Boulangerie Bernardeau, Courbevoie

Laurent Bourcier, Picard la Fidélité, C.P.R.F.A.D.

En 1909, les boulangers parisiens n’avaient toujours pas réussi à obtenir de ne plus offrir gratuitement la galette, puis le journal Le Petit Parisien, dans un entrefilet paru le 7 janvier, nous apprend que décidément, rien ne prévaut contre la tradition. Et c’est heureux, ajoute-t-il. Les Parisiens ne se consoleraient point de la suppression de la galette des rois, appétissante, croustillante, que les boulangers leur offraient, de temps immémorial, en manière d’étrennes.

« L’an dernier, poursuit Le Petit Parisien, invoquant les charges nouvelles et notamment l’application du repos hebdomadaire dans les fournils, la chambre syndicale de la boulangerie avait décidé de supprimer la galette des rois. Ce fut là une grosse déception, si grosse même que les boulangers n’ont point voulu pour la plupart renouveler la tentative.

« Les porteuses y trouveront leur profit, et ce sera justice ! s’exclame le journaliste. Les rudes travailleuses tôt levées, qui chaque jour, sans relâche, gravissent mille étages pour livrer notre pain quotidien, bénéficiaient de largesses provoquées par l’offre de la mirifique galette. Les salaires ne sont pas gros, en revanche, les temps bien durs et l’hiver bien rigoureux. « 

La porteuse de Pain.

Elle est du peuple, elle est robuste,


Elle chemine sans plier,

Tendant son flanc, dressant son buste.

De grands pains plein son tablier.

 

L’hiver, la bise la flagelle ;

Le soleil la brule en été.

Que juin flambe ou que janvier gelé,

Elle va de son pas hâte.

 

Ses pieds en ont fait de ces marches

Sur les paves et les trottoirs.

Certes elle a monté des marches

Dans des escaliers clairs ou noirs.

 

Voilà longtemps qu’elle travaille


Sans repos sans trêve et sans fin.

Dam il faut bien que la marmaille,

Boive à sa soif, mange à sa faim.

 

Et c’est pourquoi de porte en porte

Sans se plaindre du sort batard.

Pauvre et matineuse elle apporte,

La vie au riche dormant tard.

 

Elle est du peuple, elle est robuste,

Elle chemine sans plier,

Tendant son flanc, dressant son buste.

De grands pains plein son tablier.


Louis Marsolleau (vers 1890)


La porteuse de Pain -1882-  par Jules Coutan (1848-1939)
Statue, plâtre (détail)

 

Sources :La France Pittoresque rédaction janvier 2026-- « La Tradition » paru en 1904 et « Le Petit Parisien » du 7 janvier 1909)--- CREBESC-levainbio.com/cb/crebesc/la-porteuse-de-pain/--espace-pain.info/histoire-du-pain-2/---/histoire-en-questions.fr/dossier-metier-porteuse-pain/-----

 

mardi 20 janvier 2026

Le Pont Saint Nicolas de Campagnac

 


Marbacum2021—dessin d’Antoine Jourdan 1860--

Le pont St Nicolas de Campagnac

Ce pont est bien pratique lorsque nous voulons à partir d’Uzès rejoindre les quartiers Est de Nîmes. Ce pont a connu bien des malheurs. Les derniers lors des inondations du 9 septembre 2002. Le Gardon est passé de deux à trois mètres au-dessus du tablier du pont, rabotant le goudron, endommageant la structure. Un repère de cette crue grâce à une plaque en marbre fixée dans le rocher côté rive droite.

















Septembre 2002—le pont et le prieuré en fond d’image

Il faudra sept mois pour réparer ce pont, sept mois durant lesquels la route si utile d’Uzès-Nîmes sera coupée. On en profitera pour faire une discrète modification du tablier : il sera légèrement élargi pour permettre un meilleur croisement des véhicules. Il n’est pas classé « monuments historiques » car depuis le milieu du 19ème siècle, il a déjà été modifié, cassé, restauré… de multiples fois et donc il n’est pas considéré monument historique et protégé à ce titre.

A l’époque romaine, cavaliers, mulets piétons utilisaient les gués de Sainte Anastasie  ou de Dions proches de la voie romaine. Mais lors des crues d’hiver, piétons et cavaliers parvenaient seuls à traverser la rivière en faisant un grand détour par le Pont du Gard par un étroit chemin le long des piliers au premier étage des arches. Ce passage était si étroit que les mules avec leurs bâts ne pouvaient s’y risquer.

En 896 le roi Louis l’Aveugle concède la terre de Campagnac à Amélius, quatorzième évêque d’Uzès. Une étendue de collines et de prés en bordure du Gardon, oubliée des routes et des villages. Quelques habitants cultivant un lopin maraîcher et vivotant avec un maigre troupeau, braconnant pour survivre….

Ce lieu sera confié plus tard à l’ordre des Augustins qui déjà possédait l’abbaye Saint Ferrréol aux portes d’Uzès. Les archives mentionnent le prieuré de Saint Nicolas de Campagnac sous le roi Louis VII en 1156, puis un écrit de l’abbé Pons prieur de Saint Nicolas en 1188. La date de fondation du prieur nous est encore inconnue.


 Il devint vite nécessaire d’ouvrir une grande voie entre Nîmes et Uzès devant l’accroissement du trafic routier. Vin, blé, bière et divers matériaux transitaient par ces gorges. A la fin du  XIème siècle l’économie septimanienne et nîmoise en particulier se réveille. La laine de nos moutons, leurs peaux fournissent la matière première aux drapiers, aux pelletiers et autres artisans….Les drapiers sont en passe avec les changeurs de constituer le sommet de la hiérarchie bourgeoise de Nîmes via le consulat. Le comte de Toulouse en 1188 encourage la construction de fortifications et donc l’artisanat : maçons, carriers… des matériaux à transporter et des routes pour le faire.

 L’évêque Pons de Becmil s’y employa avec ardeur. Il devint « l’évêque du Pont ». Il fallait un pont solide suffisamment haut  capable de résister aux crues du Gardon. Le gué se situait en aval du pont actuel à proximité du prieuré. On pouvait aussi passé grâce à un pont de fortune reconstruit à chaque crue…Pourquoi « Saint Nicolas » ? Protecteur des enfants mais surtout protecteur des marchands, des commerçants, des bateliers, confirmant ainsi le rôle essentiel de ce pont.

 


 Les travaux commencèrent en 1245 pour finir en 1260. L’économie renaissante de Nîmes avait besoin de ce pont, mais aussi l’ordre des Templiers pour assurer l’embarquement et le ravitaillement de ses troupes en Palestine depuis le port de St Gilles qui leur appartenait en partie. On leur doit la première « police » des routes qui assurait un semblant de sécurité. Pour construire les ponts l’ordre des Templiers avait créé une organisation annexe à leur Ordre : les moines Pontifices ou Pontistes.

On les a vus à l’œuvre à Avignon sous la direction de l’abbé Bénézet, à Bompas sur la Durance, à Pont Saint Esprit…  Des équipes d’ingénieurs, d’experts en carrières, des géologues, des architectes, des équipes compétentes. Ces moines appelés aussi Pères ou Frères Pontistes, portaient en dehors des travaux une coule blanche avec au cœur deux arches de pont brodées au lin rouge..

Il semble que Saint-Maximin-en-les-Uzès abritait une commanderie templière. Ce serait celle-ci qui s’accorda avec l’évêque pour que les Pontifices se chargent des travaux. Ce fut un ouvrage difficile. Malgré une hauteur du tablier surplombant l’étiage de la rivière de 27 mètres au point le plus haut, les chroniqueurs mentionnent des crues, véritable raz-de-marée, emportant tout, passant par-dessus le pont et ses rambardes. Il faudra beaucoup d’argent pour construire haut et puissant.

La Banque des Templiers, les seigneurs de la région et l’évêque contribuèrent au financement. On vendit aux particuliers fortunés le droit d’être enterrés avec la coule blanche permettant au défunt de se présenter à Dieu en revendiquant les mérites de l’Ordre bâtisseur.

La main-d’œuvre provenait des villages environnants. Il s’agissait en fait d’une corvée obligatoire. L’évêque accorda 10 jours d’indulgences plénières censées écourter le temps de punition au purgatoire pour chaque jour de corvée. A Uzès  et à Blauzac, les corvéables et leurs familles étaient pris en charge par la Confrérie du Saint Esprit qui recueillait dons et aumônes en nature pour les nourrir et s’occuper de leurs peu de biens, animaux, terres… .Six moines pontifices périrent lors d’accidents sur les échafaudages ou à la carrière. Le nombre d’ouvriers morts n’est pas connu.


A l’intersection du pont et de la route en direction d’Uzès, les moines Pontifices ajoutèrent une tour de veille (3 sur le plan) au prieuré, tour qui sera occupée par les hommes d’armes du Temple assurant ainsi la sécurité du pont et du chemin traversant les garrigues sauvages jusqu’à Nîmes. Encore maintenant la route bifurque en angle droit entourant le prieuré.

La circulation sur ce pont n’était pas aisée. Dans sa construction initiale, ce pont ne ressemblait pas à celui que nous voyons maintenant. Il était « en dos d’âne », la quatrième arche étant la plus haute. (voir le dessin d’Antoine Jourdan de 1860 en début de texte).En venant de Nîmes après un virage à droite on s’engageait sur le pont. Puis il fallait monter, pousser le chargement, et redescendre en contrôlant la vitesse et la charge des chariots pour pouvoir négocier un virage à angle droit à droite aussi et passer sous les murailles et la tour de garde du prieuré. On imagine facilement la difficulté et les accidents ….

Un péager est installé dès l’achèvement des travaux. Les habitants de Blauzac, Vic, Campagnac pouvaient traverser gratuitement étant donné leur participation à l’ouvrage. Il faudra la décision d’un  juge-mage Guillaume de Saint-Laurent en 1261 pour qu’il en soit ainsi. Sinon piétons, y compris pèlerins, charrettes payaient leur passage. Le péager officiait dans un petit réduit creusé dans le rocher de la première pile côté prieuré. En 1295 le péager Jean de Deaux affirmé qu’en 1293 et 1294 le péage avait rapporté 20livres-tournois l’an. En juillet 1620 avec l’augmentation du trafic, certains nobles vont acheter le droit de percevoir le péage jusqu’à 500 livres-tournois.

En aval du pont on avait construit deux moulins à blé monté sur barrage, probablement pour nourrir les ouvriers. Ils seront détruits par la crue de 1533. Ils appartenaient au prieuré.

Le roi Philippe le Bel (1268-1314) souhaitait contrôler la baronnie de Lunel sur la grande route transversale du Languedoc. Ce domaine appartenait à Raimond Gancelin co-seigneur d’Uzès. Vingt-trois villages ou métairies de l’Uzège ainsi que les péages de Vers-Pont-du-Gard et celui du pont Saint Nicolas serviront de monnaie d’échange en contrepartie de la baronnie de Lunel. Gancelin très pieux fonda quatre chapellanies au prieuré et ordonna à ses héritiers de construire un hospice pour les pèlerins. Il sera construit en 1321 au sud-ouest du prieuré. Sont prévues 40 livres-tournois de rente à prendre sur les revenus d’un domaine de Bezouce. (quelques traces sur le plan en 9)

Les guerres de religion (1560) ont eu peu d’impacts sur le pont. Les deux villes Uzès et Nîmes comprirent très vite qu’il fallait préserver leur liaison en contrôlant le pont. Le prieuré avait été ravagé  et certains murs avaient été abattus mais la tour de veille et les écuries étaient intactes et les deux villes y installèrent une garnison commune commandée tantôt par un Uzétien, tantôt par un Nîmois. En 1583 la trahison du capitaine Ferrières coupa la circulation sur le pont en s’emparant de la tour. Deux mois plus tard, un assaut des Nîmois et Uzétiens a raison du traitre, et il sera pendu au créneau de la tour.

Le prieuré retrouva ses moines sous Henri IV. En 1628 sous le roi Louis XIII, Rohan et ses troupes protestantes feront un poste de garde de la tour respectant toutefois les moines.

Lors de la guerre des camisards, le dénommé Picard dit « le Dragon » fait régner la terreur sur le pont et les garrigues jusqu’à Nîmes. Capturé il sera roué et pendu en 1703. En représailles les villages du Vic et Campagnac seront brûlés mais le prieuré ne sera pas touché.  A la Révolution  le prieuré sera vendu bien national à des particuliers.

Sous le Second Empire, les arches du pont sont surélevées pour faciliter la sortie du Pont en venant de Nîmes. Une nouvelle voie sera taillée dans la roche du Prieuré (1862). Le prieuré y perdit son mur d’enceinte et son déambulatoire. Son cimetière disparut sous la chaussée.

Lors de la guerre de 1939-40, pour protéger sa fuite l’armée allemande en 1944 fit sauter une partie du pont.

 

    Sources : Germer-Durand 1863-Mémoires Académie de Nîmes PDF--- Marbacum2021--- wikipedia-org--- E. Germer-Durand, Le prieuré et le pont de Saint-Nicolas de Campagnac, fragment d'histoire locale, 1864 ; réédition Hachette/BnF, 2017, p.