samedi 22 mars 2025

L'Invention du rail

 

l’arrivée du train dans l’univers de nos ancêtres.


Maintenant le train nous parait naturellement indispensable. Il correspond à trois nécessités, durée des déplacements, le volume ou poids des biens transportés, les distances. Et maintenant en plus le souci de l’énergie dépensée.

Le 18ème siècle dans notre pays, avait vu l’essor du réseau routier mais la population avait fortement augmenté et donc les besoins en transport des marchandises et des personnes avaient explosé. Nos ancêtres vivaient encore enracinés dans leur village. Mais l’extension du réseau routier avait ouvert leur horizon jusqu’au canton, bien malgré eux et grâce aux corvées royales. En 1780 la diligence permet de se rendre de Paris à Angers en trois jours à la vitesse de 10 à 11 km/heure. Le monopole d’état organisé par Turgot en 1775 structure le transport des voyageurs dans de meilleures conditions standardisées avec l’apparition des diligences « turgotines », plus légères et plus rapides. On réglemente aussi le transport de nuit avec deux cavaliers de la maréchaussée escortant les voyageurs.

Mais les chevaux qui trainaient les diligences avaient des limites quant au poids maximum qu’ils pouvaient transporter. Des charges plus lourdes demandaient de renforcer les véhicules donc de les alourdir. Les routes devaient supporter plus de déformations, de dégradations du fait des véhicules …. Donc moins roulantes… Comment répondre à ces besoins de transport ?

Le 19ème siècle est celui de la révolution industrielle donc nécessité du déplacement de la main d’œuvre dans un lieu particulier, besoin de transporter des matières premières et ou des produits finis ou transformés. Nos arbres généalogiques nous montrent des déplacements de populations pour installer les chemins de fer, puis pour trouver du travail ailleurs. Les mines embauchent les hommes, les familles bourgeoises en ville ont besoin de domestiques, les jeunes filles des campagnes feront l’affaire…

La solution, nous allons la trouver au fond des mines. En France, en Allemagne, en Angleterre pour transporter les minerais extraits on utilisait le rail ! (étymologie du mot rail : il est issu de l’ancien français reille = barre, lui-même tiré du latin regula (= règle, barre).

Pourquoi chez nous une certaine frilosité devant ce système ? En Angleterre dès les années 1700, des wagons avec roues en bois renforcées étaient utilisés dans les mines et dès le milieu du 18ème siècle les premiers rails métalliques étaient posés dans ce pays. Le train va permettre un gain de temps considérable. L’arrivée en France du rail est timide. Les guerres napoléoniennes ralentissent le développement du chemin de fer. Les investissements sont lents à s’orienter vers ces innovations. Nous avons un important réseau de canaux qui permet en haut lieu d’attendre et voir venir.

Et comment le rail est-il arrivé dans les galeries des mines ?


Au départ, le transport du minerai dans les galeries se faisait par simple portage de sacs : on faisait appel à une main d’œuvre la moins qualifiée, les femmes avec des sacs jusqu’à 30 kg et les enfants avec des sacs jusqu’à 20 kg. Une technique aussi vieille que l’extraction des minerais. Nos lointains ancêtres utilisaient les esclaves, les prisonniers …. Puis devant l’augmentation des quantités de minerais extraites, le wagonnet sur roues en bois s’imposera, tiré à la bricole par des femmes et poussé par des enfants.

Mais des ornières apparaissent avec les passages répétés des roues au même endroit et le chemin devint vite impraticable. Alors on installe des planches de bois sous les roues des wagonnets. Un chemin de halage est aménagé pour assurer la stabilité du wagonnet et le parallélisme des planches est assuré par des traverses immobilisant les planches. Mais il fallut devant la flexibilité des planches rigidifier celles-ci en les remplaçant par des barres en bois, servant à la fois de support et de guide pour les roues des bennes : le rail était né !!


Les roues en bois sont ensuite cerclées de fer pour les renforcer et limiter l’usure. Le poids chargé des wagonnets ira jusqu’à 450g de minerai avec un seul homme pour pousser (le rouleur).

A partir de 1820 en France, le rail en bois est remplacé par le rail en fer, amenant une diminution substantielle des frottements et permettant une économie d’énergie importante, énergie encore humaine.

L’agrandissement des galeries des mines permettra la traction par des chevaux et des trains de douze wagonnets.


Les rails sortent alors des mines pour rejoindre le carreau de l’exploitation, les gares, les ports fluviaux où des péniches assurent le transport des minerais et du charbon.

Ces rails étaient exposés aux intempéries et pour drainer et stabiliser l’ensemble, les traverses seront mntées sur un ballast. 



Le rail était prêt pour rencontrer sa locomotive, de la grande famille des machines à vapeur, autre innovation qui va bouleverser la société. Le fardier de Cugnot date de 1770, le premier brevet de locomotive à vapeur de James Watt de 1784.

1827 : ouverture de la première ligne de chemin de fer française, longue de 23 km. Elle transporte le charbon des mines de Saint-Etienne à la Loire avec 3 wagonnets. Le train descendait par gravité et remontait tiré par des chevaux.

1829 : première locomotive française – ligne Saint-Etienne-Lyon, 58km avec une locomotive à chaudière à tubulaire du français Marc Seguin –

1830 : premier transport de passagers – sur la ligne Saint-Etienne-Lyon, les voyageurs installés dans les wagons servant au transport du charbon, tirés par des chevaux

1834 : ligne Roanne-Saint-Etienne-Lyon 140 km – on remarquera que tout ou presque a démarré avec la mine du bassin stéphanois.

1837 : première ligne parisienne de voyageurs  - 19 km Paris-Saint Germain en Laye en 25 minutes (15 à l’aller et 10 au retour) soit 80km/h –

1842 : à partir de Paris, projet d’un tracé du réseau en étoile à 7 branches – il a fallu une loi pour valider ce projet

Malgré peurs et réticences des uns et des autres, tout va aller très vite. De 1852 à 1870 on passe de 59 km à 20 000 km de voies ferrées.

1850                                                   1860                                              1911

Implantation des réseaux ferroviaires en 60 ans.

 

La progression du nombre de lignes montre à quel point le transport marchandises-voyageurs est vite devenu essentiel. C’était avant l’invention de l’automobile et de l’avion. Mais on doit noter aussi en parallèle au train, l’évolution des liaisons entre village par car, bus, tramway dans quelques grandes villes.

Le nombre de cheminots va passer de 45 000 en 1855 à 237 000 en 1882 environ pour l’ensemble des compagnies ferroviaires.

Le rail et son réseau ferroviaire seront un support essentiel de la révolution industrielle du 19ème – début 20ème siècle et contribueront à l’exode rural. Les mines qui ont besoin d’extraire de plus en plus de charbon pour les machines à vapeur, vont embaucher, exploiter des terres agricoles, exproprier. Pour échapper à la misère et rêver à une autre vie, on quitte son village. Tout au long du tracé des voies, on construit des gares, des bâtiments annexes, des entrepôts, des logements. Des métiers non-agricoles fleurissent le long des trajets, mais très vite les produits qu’ils fabriquent sont apportés par les manufactures à moindre cout par le train.

L’exilé servira d’exemple, de refuge pour accueillir des membres de sa famille, de son village d’origine. Mais et c’est la moindre des choses, le train permettra de maintenir un lien social entre les exilés et leur famille restée au pays. Le courrier postal devient un service postal ferroviaire en 1845, le timbre-poste date de 1849, le facteur distribue le courrier dans un peu près tous les villages. On s’organise, il y avait toujours une personne qui pouvait lire et écrire une lettre. (dans son village mon grand-père, son père avant lui appelés « le ministre », un locataire de ma maison appelé « l’évêque »..).

Mais le train servira aussi dans les conflits armés pour le déplacement des troupes, des armes, du matériel. La guerre de sécession américaine (1861-1864) inaugura l’usage du train, sans réelle influence sur l’issue du conflit : les deux adversaires l’utilisèrent et cet usage concomitant n’accorda que peu d’avantages à l’un au détriment de l’autre.

Il n’en est pas de même lors de la guerre de 1870 entre la France et la Prusse. En seulement douze jours, la Prusse mobilisa sur la petite centaine de kilomètres de la frontière 450 000 soldats opérationnels plus 80 000 des armées de la Bavière, du duché de Bade et du Wurtenberg, avec matériels, intendance etc. Ce fut possible grâce à l’utilisation rationnelle et systématisée du réseau ferroviaire prussien.

Chez nous 240 000 soldats dans ce même délai alors que c’était nous qui avions déclaré la guerre !!

Le train pour le meilleur et pour le pire !!


Illustration du chemin de fer en France – Auteur inconnu | Domaine public

Sources : Thierry Sabot gazette@histoire-genealogie.com--  Michel Baumgarth—wikipedia.org--- revue-histoire.fr/actualite-histoire/le-rail-francais-une-histoire-de-coeur-mais-surtout-de-passionnes/----

 

 

 

 

lundi 10 mars 2025

La Saga de Castors

 

 

Une famille devant une maison construite par les Castors mutualistes dans le quartier Beausoleil

Archive Comité de quartier de Beausoleil

 

Beausoleil—La Saga des Castors de Nîmes

 

A la sortie de la guerre de 1939-40 dans les années 50, la France est en ruine. La guerre a fait table rase de certains quartiers, dans les villes ou villages. Le manque de ressources, les urgences sanitaires n’aident pas à penser reconstruction. Plus de 700 000familles sont impactées par le manque de logements. On loge où l’on peut, dans des caves, dans des abris de fortune, dans des logements vétustes. A Courbessac par exemple des wagons servaient de logement sans eau ni électricité. A Lyon, dans le quartier des Brotteaux, les caves de certains immeubles étaient squattés, bien qu’elles soient inondables. Des abris des jardins ouvriers se transformaient en habitations. Les villes surtout sont touchées par les difficultés de se loger. Dans les campagnes la solidarité familiale joue son rôle, mais dans quelles conditions !! Le travail qui doit nourrir les familles se trouve essentiellement dans les agglomérations où l’on a du mal à se loger….

 

Un mouvement de solidarité va prendre vie un peu partout en France comme Les Castors mutualistes cheminots à Nîmes. Les familles vont-elles-même construire leur logement. Au niveau national, toutes les fonctions étaient représentées, fonctionnaires, postiers, instituteurs, ouvriers. A Nîmes le mouvement sera essentiellement initié par des cheminots.


Au départ, pour le premier lotissement, 54 familles, guidées par un esprit mutualiste, une volonté, une grande solidarité, une persévérance, une foi en l’avenir et en l’être humain !! Fin des années 50, quatre lotissements sortiront de terre avec environ 300 maisons. Mais c’est le premier lotissement qui marque les esprits et l’Histoire. .. construit entre la rue de Barcelone et la place de a Mutualité. (deuxième lotissement le long des rues d’Alger et Ernest Bruxelles, le troisième au-delà de la rue Salomon Reinach)

 A l’origine de cette idée un peu folle, deux cheminots « mutualistes » Emile Michel et Aimé Longuet. Un terrain de 17 000 m2, soit 1,7 hectare, situé derrière la gare de Nîmes, leur plait bien, un lopin de terre pour construire leur foyer de l’autre côté de ponts de la voie de chemin de fer.



Il appartient à la famille Dhombes, mais trop grand pour la bourse de nos cheminots. Alors avec quelques copains, ils ont l’idée d’acheter ce terrain et le diviser ensuite. Aimé Longuet est secrétaire de l’Union Mutualiste des cheminots, les gens lui font confiance. Très simplement une feuille de papier circule et ceux qui voulaient s’inscrire écrivaient leur nom. Malgré les crédits qu’il fallait prendre, le succès sera au rendez-vous.

Le terrain est divisé en 54 lots, les permis de construire sont délivrés en juin 1952. Un syndicat est créé, son nom  « bèu Soulièu », Beausoleil…

Mais tout est à construire. Le terrain est planté de vignes rachitiques, de quelques épis de blé…Les cheminots font venir du matériel de Marseille. Les officiels de l’époque ne croient pas au projet, la SNCF leur fait même payer une partie du trajet Marseille-Nîmes. La ville n’aide pas plus. « On a tout fait à la force des bras » raconte Emile Michel.

 

Construction des maisons mais aussi : l’ouverture des rues, la création de réseaux d’eau et d’électricité. Le gros œuvre étaient réalisé par des entreprises extérieures, la plomberie, l’installation électrique par des cheminots qualifiés. Les achats groupés revenaient moins chers, le centre mutuel d’achat permettait des ristournes importantes. Pas d’architecte car Emile Michel était dessinateur industriel. C’est lui qui s’occupait des côtés pratiques. Aimé Longuet s’occupait plutôt de la paperasse, des achats.


Des maisons mitoyennes pour économiser un mur… Par contre tous ont voulu un garage. Mais les familles n’avaient pas de voitures, Alors, les garages ont servi à autre chose, un lieu pour bricoler… Les jours fériés, les fins de semaines, après le travail, les hommes sont sur les chantiers communautaires, chacun apporte son savoir-faire. A cette époque la plupart de métiers manuels sont représentés dans l’entreprise des Chemins de fer. A chaque toit posé sur une maison en construction, c’est l’occasion d’une petite fête. Carnaval, Fête de la Saint Jean, bal concours de chant, course en sac…. On s’amuse aussi.

Les premières familles s’installent dès 1953, dans des maisons de près de 100m2, tout équipées, eau courante, gaz. Un luxe : des salles de bains ! Des maisons à deux niveaux, qui se ressemblent, un quartier qui s’organise avec une épicerie La Cigale au rez de chaussée de la maison de l’ancienne propriétaire du terrain. Des enfants qui jouent dans la rue ou sur la place, les portes ouvertes.. A l’époque, seules quelques femmes travaillent, les autres s’occupent de leur maison et des enfants. Elles se connaissaient toutes. Les jardins sont reliés entre eux, pas de clôture extérieure, des poulaillers…Une semi-autarcie s’installe.

 

C’était avant la création des ZUP, avant l’invasion de la télévision dans les foyers….

 


Aux côtés d’Aimé Longuet et d’Emile Michel, d’autres personnalités vont marquer le mouvement comme Franc Pic, Raymond Dizier….Le 5 octobre 2024, la ville de Nîmes inaugure le Jardin des Castors cheminots nîmois avec plaque commémorative au square de la rue Ernest Bruxelles.

 


Sources et pour en savoir plus : exposition « Il y a 70 ans les Castors cheminots pour barrer la route à l’oubli » 5crue Guybemer salle Emile-Gauzy--photos Anthony Maurin—Midi Libre /www.midilibre.fr/2024/10/05/il-y-a-70-ans-le-quartier-beausoleil-sortait-de-terre-village-cheminot-dans-la-cite-12242032.php- Publié le 01 novembre 2024  Article Publié le 01 novembre 2024ArticlePar Julien Ségura---Gazette de Nîmes n)1322 3/9octobre 2024 et n)470 5 juin 2008 Alexandre Stobinky--- www.objectifgard.com/gard/nimes/nimes-les-castors-creent-leur-environnement-135751.php--- www.vivrenimes.fr/formats/articles/qui-etaient-les-castors-batisseurs-du-quartier-beausoleil-a-nimes

 

 

 

vendredi 14 février 2025

Llivia village espagnol en France

 



Un village espagnol en France


Pour comprendre cette situation bizarre, il nous faut remonter au 17ème siècle. La guerre de Trente Ans déchire l’Europe. Le conflit entre la France et l’Espagne s’éternise. Le cardinal de Mazarin, premier ministre du jeune Louis XIV, et son homologue espagnol Don Luis de Haro négocient pendant de longs mois pour retrouver un semblant de paix et redessiner les frontières entre les deux pays. Les négociations ont débuté en juillet 1656 à Madrid, avec Hugues de Lionne représentant la France.

On pense un temps « donner » la Cerdagne dans sa totalité à l’Espagne. Un accord est enfin trouvé le 7 novembre 1659 avec le mariage à la clef de Louis XIV avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse d’Autriche, fille ainée du roi Philippe IV d’Espagne. Le contrat de mariage est difficile à traiter. Les « fiancés » âgés tous les deux de 21 ans, sont cousins doublement germains, leur père respectif avait épousé la sœur de l’autre. C’est le traité des Pyrénées, signé sur l’Ile aux Faisans dans l’embouchure de la Bidasoa. Grande victoire pour la France qui récupère des territoires détenus par l’Espagne dans le nord et le sud-ouest du pays. Le Roussillon et l’Artois en font partie, la Flandre sous contrôle espagnol passe pour certaines places-fortes aux mains françaises. En contrepartie, la France ne soutient plus le Portugal indépendant depuis 1640 et renonce au comté de Barcelone : depuis la guerre des Faucheurs de 1641, nous prétendions annexer la principauté de Catalogne.

Un an plus tard lors de la cérémonie de mariage (9/6/1660) entre le roi-soleil et la fille de Philippe IV d’Espagne à Saint-Jean de Luz, le traité est remanié : la Cerdagne est divisée en deux, contre la rétrocession par l’Espagne de 33 villages à la France, dont Llivia qui à l’époque est une place-forte intéressante pour notre pays.

Mais les Espagnols mettent sur la table des négociations le fait que depuis Charles Quint, empereur du Saint Empire Germanique romain et roi d’Espagne,  en 1528, Llivia est une ville et non un village !! …..Cette commune de près de 3 km2 échappe ainsi à notre mainmise. Le traité du 22 novembre 1660, traité de Llivia, signé spécifiquement, entérine cette anomalie administrative. Il prévoit une présence militaire limitée et une route neutre reliant la commune à l’Espagne, route avec un statut international.

Tour Bernat de So, à Llívia

Livia, 1700 habitants environ, perchée entre 1200 et 1600 mètres, dépend bien de l’Etat espagnol et non de la France. A mi-chemin de Fond Romeu et Bourg-Madame, enclavée au cœur du département des Pyrénées Orientales. La ville fait partie de la province de Gérone, qui appatient à la Communauté autonome de Catalogne. Une route dite internationale de 4 kilomètres la relie à l’Espagne, route qui nous mène jusqu’à la frontière de Puigcerda.

Les élus de Livia veillent scrupuleusement au respect du traité des Pyrénées. Par exemple, ils se sont opposés dans les années 1970 à l’installation de panneaux « stop » par l’Etat français pour réduire le nombre d’accidents au motif qu’ils entraveraient la libre circulation comme le traité u XVIIIème siècle le prévoyait ! Ils ont aussi refusé l’installation d’un rond-point pour le même motif….

Les autorités espagnoles ne sont pas mieux acceptées : le 10 novembre 2019, la Guardia Civil , soit une vingtaine de policiers espagnols, étaient venus patrouiller dans l’enclave, mitraillette à la main lors d’élections générales. Une violation manifeste du traité de Llivia qui n’autorise que quatre hommes armés sur le territoire. Sinon, nous pouvons considérer cette intrusion comme une tentative d’invasion militaire ! Le maire, (indépendantiste catalan), a donc protesté auprès du préfet des Pyrénées Orientales, et auprès des ministres français et espagnols de l’Intérieur, qui doivent garantir le fameux traité des Pyrénées.


(Jean-Pierre Bazard — Travail personnel

La Plaça Major de Llívia en 1994 (avant travaux). Août 1994)

Sources et pour en savoir plus : /www.geo.fr/histoire/llivia-ce-territoire-espagnol-au-beau-milieu-de-la-france-22065 ---Gautier Demouveaux France Pittoresque----/france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/pyrenees-orientales/perpignan/insolite-llivia-comment-cette-petite-ville-espagnole-des-pyrenees-s-est-retrouvee-enclavee-en-territoire-francais-2940099.html--- www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2023-08-08/pourquoi-ce-village-espagnol-se-trouve-t-il-au-beau-milieu-de-la-france-cc35f756-f464-4033-a402-93d1ad6d4789

PS : Me revoilà avec un cœur et quelques tuyauteries presque neufs. J’ai appris de cette expérience que la vie ne tient pas à un fil, mais à la présence d’un chirurgien et de son équipe un samedi soir ainsi qu’à des pompiers et une équipe d’urgentistes compétents. Amis politiciens lorsque vous votez le budget du ministère de la Santé pensez que demain ce sera peut-être vous  qui aurez besoin de nos hôpitaux !!

 

 

lundi 23 septembre 2024

Maison ronde ou notre première école-mairie


 Maison Ronde ou notre première école-mairie

 

De tout temps, il est apparu que l’éducation, les apprentisages, sont des enjeux de société importants.Régulièrement les écoles ou les lieux d’enseignement seront favorisés mais contrôlés par les pouvoirs politiques en place. Le XIXème siècle en est un exemple ; avec le triomphe  de la République, les rivalités idéologiques retrouvent de la vigueur et l’Eglise et l’Etat se disputent nos enfants.

Dans notre Midi, après la fermeture des écoles gallo-romaines, le concile de Vaison (la Romaine) de 529, sous la houlette de l’évêque Sant Césaire, décide la création d’écoles paroissiales rurales où les enfants apprendront les psaumes et les textes divins. On va surtout checher à former des futurs clercs.

A Uzès la Charte de 1346 mentionne un maître d’école. Les archives de temps en temps indiquent le paiement d’un loyer, d’un muid de vin, le remplacement du maître…Au cours des siècles les rivalités religieuses vont d’une certaine manière favoriser la création d’écoles pour les enfants puis pour les adultes au 19ème siècle.

A Vallabrix, à la veille de la Révolution de 1789, nous louons pour 5 livres une chambre chez l’habitant pour le maître d’école et sa classe. Nous lui versons un salaire annuel de 120 à 140 livres. Parfois chambre et école sont situées dans le Grand Membre (le vieux château, chez Ruffier ou Agniel). Les enfants sont scolarisés quand les travaux des champs ne les réquisitionnent pas. La plupart aident à la ramasse des feuilles de muriers pour les vers à soie, leurs petits doigts encore souples et pas encore calleux sont mis à contribution dans la confection des bas…. Certains travaillent chez l’artisan du coin, maréchal ferrant, menuisier, fermier….Pour la plupart des enfants, les apprentissages de la lecture, de l’écriture et du calcul ne sont pas encore considérés comme des outils d’émancipation, d’ouverture et de compression du monde …. Les mentalités vont mettre un certain temps pour évoluer. Les enfants seront pendant encore longtemps des bras, une aide économique non négligeable pour les familles.

Le 21 novembre 1831 un projet de construction d’une école primaire voit enfin le jour dans notre village. Mais il nous faudra attendre faute de moyens financiers et d’adhésion des Vallabrixois. La loi du 12 juin 1833 nous donne six ans pour construire. Pour le gardois François Guizot, ministre de l’Instruction publique de 1832 àfévrier1836 et d’octobre1836 à avril 1837, l’instruction est une nécessité économique et une obligation sociale. Il va donner à l’école du peuple une impulsion nouvelle qui va nous emmener pas à pas vers l’obligation, la gratuité, la laïcité de l’enseignement primaire pour tous avec les lois de 1881.

En 1839 à Vallabrix on réaffirme la nécessité d’une école et d’une mairie : les raisons en sont que des archives et des papiers ont été égarés, les réunions municipales se font chez le maire qui pourrait penser qu’il est propriétaire du village….. (avant la Révolution réunions à l’étage du four).Nous allons faire des sacrifices, une réimposition, des coupes de bois, une demande de subvention… La révolution industrielle du 19ème demande des ouvriers instruits un minimum (développement du chemin de fer et des industries associées, métallurgie, mécanique, charpente.. et industrie chimique avec la crise viticole). Il nous faut donc un endroit neutre pour la mairie et une école pour instruire nos enfants.

Un devis et un plan de la future école-mairie arrive le 1er août 1839, architecte d’Uzès Pralong. Le plan est de 1836. Le bâtiment sera situé à l’intérieur du fort, contre les remparts, sur un terrain communal, face à l’église : un étage, trois cheminées et un tuyau pour un poêle dans la salle de classe. C’est en gros, l’actuelle « maison ronde » qui à ce moment n’avait pas d’enceinte ronde de prévue. (maintenant propriété privée). Ce plan reçoit l’accord du comité local d’instruction. Le procès-verbal nous dit que « cette construction offre un local sain et commode, un logement convenable pour l’instituteur…. Un emplacement commode soit pour sa position soit par sa centralisation qui est dans la commune la plus agréable ». Les grandes fenêtres répondent au souci moderne d’hygiène. On a vraiment l’impression que le village tourne une page. Centralisation car à cette époque, le Grand Planat n’était pas construit.

 


Il faudra encore attendre faute de moyens. Mais ce plan est intéressant. On voit que les remparts existent encore à cette date, il faudra les démolir au niveau de la rue et construire dessus. Une croix à l’angle marque une ouverture dans les remparts, vraisemblablement ancienne porte du fort.  Elle sera plus tard déplacée. La rue n’est pas encore percée entre le presbytère et l’église. Le portail 18ème devant le presbytère existait à cette époque, donc peut-être une maison noble s’abritait derrière ce portail, éventualité renforcée par la mention d’une basse-cour à l’emplacement de l’actuelle maison de la famille Gouffet-Pol.. Peut-être le logis de Denis de Bargeton, le dangereux homme de  guerre de Vallabrix qualifié ainsi par l’intendant Lamoignon en 1680 et époux d’Honorade de Guiraud Vallabrixoise huguenote non convertie..

Devant la future école, un vacant communal, donc un terrain qui a eu un propriétaire à une époque. Ce qui renforce notre intuition de constructions démolies au cours des orages politico-religieux des années 1700. Nos élus relancent le projet en 1842, en 1845, on repense à une coupe de bois pour payer le bâtiment.

En septembre 1845 une institutrice est nommée, Adélaïde Roche en attendant « Un » remplaçant qui semble plus apte qu’une femme. Elle devra « se contenter de 200f pour gages et loyer », quand son remplaçant viendra, les gages seront revus. On ne nous dit pas où elle enseigne.

Mais nous manquons de ressources. Il nous faut réparer le clocher, payer une partie de la nouvelle cloche, payer des travaux sur la D5…..Notre situation financière n’est pas très bonne.

La situation politique peut expliquer le fait que les villages tournent au ralenti. Les troubles qui agitent l’Uzège dans les années 1830 ont nécessité la présence de la garde nationale, logeant chez l’habitant dans nos villages jusqu’à fin 1831. La Terreur Blanche et ses Taillons avaient déjà par sa sauvagerie immobilisé la région en 1815. Le pays avait du mal à se stabiliser après les revers politiques de la première moitié du 19ème siècle. Les villages sont passés en une génération, de1804 à 1860 d’un empire à trois régimes royalistes puis à une république pour finir par un autre empire avec Napoléon III, avec tout ce que cela veut dire de tâtonnements, de retournements, de conflits, d’emprisonnements. Sans compter la Révolution de 1789 qui avait laissé des traces dans les mémoires.

 

En mai 1845 nous envisageons une coupe de bois pour financer notre école-mairie. En mai 1846 un devis de Bègue se monte à 5237 frs contre les 4800frs de Pralong. Le comité d’instruction approuve, nous sommes déjà très en retard sur les délais. Nous relançons ce projet en juin 1847. Le sous-préfet trouve la salle du conseil trop grande. Nous allons la cloisonner pour faire un logement pour l’instituteur.

En février 1848 quatre offres se présentent pour la construction. Un maçon d’Uzès remporte le marché, Etienne Laurent. Le devis tombe de 5093 frs à 4390 frs. En mai les travaux sont engagés, le financement est à débloquer. (Sur le plan à voir modernité oblige,les toilettes extérieures avec leur creux à fumier).

 Bègue est l’architecte diocésain, mais ici on le voit intervenir. Grosso modo il reprend le plan de Pralong.  Les travaux ne seront engagés qu’en 1848 pour un devis de 4390 frs. C’est le maçon Dumozel qui a le travail et non Laurent (sous-traitant ?). Son fils se blesse lors des travaux, la commune paie les frais. Les Assurances accidents du travail n’existaient pas encore !!

On va couper du bois pour renflouer les finances en 1848, en 1849. A l’occasion, on évalue la surface des bois sur la commune à 312 hectares. Mais lors de la réception des travaux de l’école-mairie, le 11 novembre 1849, la somme de 1020 frs plus les intérêts, reste à payer.

Nous avons un potentiel de 40 enfants à scolariser. Les enfants sont « élevés dans l’ignorance et ils sont privé de la connaissance indispensable soit du devoir de citoyen ou surtout du devoir de religion ».

Ceci dit sur les quarante susceptibles de suivre l’école, 15 la fréquenteront et payeront la quote-part mensuelle pendant huit mois : 1franc pour la première année de classe, 1,50 f pour le deuxième niveau, et 2 f pour le troisième. Par le coût, on encourage toujours l’apprentissage de la lecture (1er niveau) au détriment de l’enseignement de l’écriture et du calcul (2è et 3è niveaux).  Ecole pour les garçons, car pour les filles se sera la valse-hésitation, les premières oubliées lorsque les finances ou la philosophie du moment le demanderont. Des religieuses les prendront en charge dès 1872, sœur Théresa, sœur Anna, sœur  Odilon dans un local donné par Mme Foussat (maison Salers). Elles venaient de St Régis d’Annonay.

 

Lorsqu’en 1882 on décidera de construire une autre école à l’entrée du village (actuelle mairie), le bâtiment Maison-Ronde sera jugé « peu pratique ni disposé convenablement pour sa destination ». Les filles s’en contenteront un temps. Et pour elles, le chemin sera encore long. En 1933 le conseil municipal désapprouvera la mixité scolaire au nom de la morale et des bonnes mœurs !!!

 


Sources : archives communales –décisions municipales de 1838- 1838/1850 1850/56/68/70  – Couradou de Vallabrix septembre2011 – février 2015 Fonds Historique de Vallabrix Biblio Vallabrix  -  Jean Bernard Vazeille   St Quentin (1981)  - archives départementales du Gard (plan et devis projet Pralong) –

 

 

 

 

mercredi 4 septembre 2024

Le Marquis de Montcalm

 

(château de Candiac en Petite Camargue)

 

Le Marquis de Montcalm

 


Au Québec, une ville porte le nom de Candiac.

Candiac nom du château où Louis-Joseph de Saint-Véran marquis de Montcalm-Gozon nait en France, le 28 février 1712, en Petite Camargue près de Uchaud, Vergèze (maintenant Vestric-Candiac).

La Ville de Candiac du Québec est fondée en 1957, Son nom est choisi en hommage et en souvenir du marquis de Montcalm.

C’est un gentilhomme et un militaire français. Fils de Louis-Daniel de Montcalm et de Marie-Thérèse-Charlotte de Lauris de Castellane, il épouse Angélique Louise Talon de Boulay avec laquelle il aura 10 enfants. Il fait partie de la noblesse d’épée où l’on retrouve l’essentiel des officiers français de l’époque de nos rois Louis XIV-Louis XV. Il est baptisé à Vauvert, toujours en Petite Camargue. Un hameau de cette ville portera d’ailleurs son nom. Gardois, et même Camarguais…. Comment se retrouve-t-il au Québec ?

On le décrit petit, de teint olivâtre, les yeux foncés, méditerranéen. En 1735 au décès de son père il hérite des titres de marquis de Montcalm-Gozon, baron de Gabriac, de Saint-Véran, Candiac, Tournemine, Vestric, Saint-Julien et d’Arpaon.

La famille n’est pas riche de terres et de revenus. Une carrière dans l’armée s’impose. Il suit les traces de son père lieutenant-colonel au régiment de Hainault. Il y sera reçu enseigne dès l’âge de 9 ans. Militaire dans l’âme, il est promu capitaine à 17 ans, colonel à 31 ans, maréchal de camp puis lieutenant général. En 1743 il avait acheté le grade de colonel du régiment d’Auxerrois. À l’époque, on pouvait acheter et vendre les postes d’officiers dans l’armée française, c’est ce qu’on appelle la vénalité des offices.

Il participe aux campagnes des guerres de succession d’Autriche, Pologne, à la guerre de Sept Ans…. Au total 11 campagnes, blessé 5 fois, 7 sièges, 31 ans dans l’armée… Chevalier de Saint-Louis. Marque de la confiance de la Cour, on lui confie toutefois la création d'un nouveau régiment de cavalerie à son nom en 1749. Sa devise est « Mon innocence est ma forteresse ».

E, 1752, le roi lui accorde une pension. Il se retire un temps dans son château de Candiac pour une retraite paisible et pour veiller à l’éducation de ses enfants.

Mais il est envoyé en 1756 au Canada pour défendre la Nouvelle-France menacée par les Anglais. Il va les tenir en échec pendant trois ans. Puis, symbole fort ? lui et son rival anglais James Wolfe seront tués lors de la bataille des Plaines d’Abraham, sonnant le début de la fin des ambitions françaises au Canada.

Un peu réticent avant de s’engager en Nouvelle-France, prémonition ou fatigue, malgré le titre de maréchal de camp, il écrira : «Je crus devoir accepter une commission aussi honorable que délicate qui assurait la fortune de mon fils, objet intéressant pour un père, commission que je n'avais ni désirée ni demandée». Il négocie aussi une rente de veuve pour son épouse, si les choses devaient mal tourner.

Il quitte Brest en 1756 sur la frégate La Licorne pour a Nouvelle-France. Il s’est entouré d’officiers professionnels et d’ingénieurs. A son arrivée il trouve une situation intenable : 65 000 habitants en Nouvelle France, 1 610 000 dans les colonies anglaises, une marine britannique puissante. Lui doit faire face avec quelque 5 000 soldats français, et 10 000 hommes des compagnies franches de la Marine et des milices locales. À peine débarqué, Montcalm se retrouve en conflit avec le gouverneur général Vaudreuil sur la stratégie à employer. À l’instar de plusieurs de ses camarades, il note ses observations sur la géographie, le climat, les  autochtones et la société coloniale dans un petit carnet. Le marquis constate ainsi que les Canadiens parlent un très bon français ponctué d’expressions tirées de la marine.

(Bataille de Fort William Henry – Montcalm essayant d’empêcher les amérindiens d’attaquer les soldats et civils britanniques -1870-1880)


Fin tacticien, il est économe du sang de ses hommes tout en étant audacieux dans la conduite des opérations. Lors de la destruction de Fort William Henry, il va intervenir rapidement pour faire cesser les violences de ses alliés autochtones envers des petits groupes anglo-américains qu’il fera escorter vers les lignes britanniques par ses soldats.

Ce sera les victoires de Chouagen en 1756, William Henry en 1757, Carillon en 1758. Puis en 1759 ce sera la défaite d’Abraham. Mortellement blessé, mais ayant toute sa lucidité il est ramené à Québec où il décède après avoir reçu les derniers sacrements et après avoir mis ses affaires en ordre. Il aurait dit à l’un des frères du chirurgien André Arnoux :

 « - Combien de temps me reste-t-il à vivre ?
- Une douzaine d'heures, tout au plus, Votre Excellence.
- Tant mieux, je ne verrai pas la reddition de Québec. »

Louis-Joseph marquis de Montcalm, lieutenant général du roi en Nouvelle-France, s'éteint à Québec le 14 septembre 1759, à 5 heures du matin.

Sa mort démoralise les troupes qui quittent Québec le jour-même. Malgré une contre-offensive française et la victoire de Sainte-Foy, les Britanniques gagnent tout le Canada. En 1763, le traité de Paris entérine la fin de la Nouvelle-France.

A Nîmes à deux pas de la Porte de France, une place lui est consacrée. Elle donne sur la rue de la République.. La Nouvelle-France a disparu mais Québec et Montréal sont encore  francophones, peut-être même pour Montréal la deuxième en monde.

Montcalm est enterré au carré militaire à Québec. En 2001, les restes du marquis de Montcalm sont transférés au cimetière de l’Hôpital-Général de Québec au cours d’une cérémonie présidée par le premier ministre Bernard Landry. Il y repose toujours dans un mausolée qui lui est consacré.

En France, une frégate de la Marine nationale porte son nom, et de même une promotion de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.


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Le mausolée de Montcalm à Notre-Dame-des-Anges.

/francearchives.gouv.fr/fr/pages_histoire/40082—




A Québec, la maison Montcalm où le marquis avait séjourné, a été classée monument historique en 1973.

 Une souscription internationale est lancée et grâce à la ténacité de Gaston Bouzanquet (1866-1937), viticulteur, poète, une stèle surmontée d’une statue du Marquis de Montcalm est érigée à Vestric-Candiac le 17 juillet 1910. Elle est du sculpteur gardois Léopold Morice (1846-1920). Une réplique trône à Québec dès 1911.

 

Son adversaire James Wolfe fera l’objet d’une controverse tant en Angleterre qu’au Canada. Un obélisque à la mémoire de Wolfe victorieux était en place à l'endroit de sa mort sur les Plaines d'Abraham depuis le XIXe siècle. Régulièrement vandalisée, elle a fini par être isolée dans un carrefour giratoire tandis que la mention « victorieux » a été définitivement effacée. La maisonnette occupée par Wolfe pendant la majorité de la campagne de 1759 n'a pas été transformée en monument, mais en toilette publique, sans la moindre inscription

 


 Montcalm conduisant ses troupes aux Plaines d'Abraham.

(avec la permission de Charles William Jefferys/Bibliothèque et Archives Canada/e010999530)

 

Sources et pour en savoir plus : Joy Carroll. Wolfe et Montcalm : la véritable histoire de deux chefs ennemis, Montréal : Éditions de l'Homme, 2006, 362 p. (ISBN 2-7619-2192-5) [traduit de l'anglais par Suzanne Anfossi].--/francearchives.gouv.fr/fr/pages_histoire/40082— Bibliothèque et Archives Canada/C-27665)--- wiipedia.org--- www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/montcalm-louis-joseph-de-marquis-de-montcalm

www.biographi.ca/fr/bio/montcalm_louis_joseph_de_3F.htmlwww.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/montcalm-louis-joseph-de-marquis-de-montcalm--- /heritage.bnf.fr/france-ameriques/fr/montcalm-article-fondationlionelgroulx.org/programmation/19/06/05/figures-marquantes/louis-joseph-de-montcalm---