La
Tour Carbonnière - Grand Site de France - Office de tourisme d'Aigues-Mortes
Calendran lo Reguitnaire, le cheval qui rue
Il y a très longtemps, à Aigues-Mortes,
un jeune officier pauvre et amoureux d’une belle jeune fille… Eternelle histoire !! Un conte ou bien histoire toujours recommencée
?
En ce temps-là, les gens
d’Aigues-Mortes répugnaient aux mésalliances. Ils jouissaient d’une situation
économique qui semblait reluisante avec des revenus supérieurs à ceux des
villages voisins : le sel, la vigne, la pêche…Et puis les habitants du
bourg vivaient un peu en vase clos derrière leurs remparts et leurs marais, un
mode de vie à part.
Le jeune officier commandait
le passage de la tour Carbonnière au nord de la ville. Ce passage reliait
Aigues-Mortes à la plaine du Bas-Languedoc, autorisant ou non le commerce avec
les autres villages. Un lieu de passage obligé, avec une route qui passait sous
la tour. Un texte de 1346 nous dit que « cette Carbonnière est la clé du
royaume en cette contrée »..
Les pêcheurs d’Aigues-Mortes sous l’Ancien Régime
jouissaient du droit de franc-salé et étaient autorisés à exporter en franchise
le poisson salé qu’ils vendaient aux gens de Lunel, Sommières, Nîmes…. Ils
passaient par la tour sans payer. Sauf qu’un jour, au retour, un gouverneur de
la cité y installa un péage pour tous ceux qui entraient dans la ville. D’où
notre officier, probablement à la solde étique et famélique.
Or un jour, il vit la fille du
Premier Consul de la ville, il fut foudroyé par sa beauté solaire, son sourire,
ses yeux d’un bleu azuréen… bref en un instant il était amoureux !
La belle trouva l’officier à
son goût et lui rendit son regard.
L’officier envisagea le
mariage et se rendit chez le père. Qui ne l’entendit ni d’une oreille ni de
l’autre ! Il renvoya rudement notre officier à son guet, vers son poste
qu’il n’aurait jamais dû quitter. Il promettait sa fille à un parti moins
miteux !!
Furieux, vexé, notre militaire mit au point sa vengeance. Son cheval Calendran ruait sans cesse. Seul son maître et son valet pouvaient l’approcher. Il l’attacha sous la voûte de la tour et dès qu’une personne s’approchait, Calendran ruait. Personne ne pouvait plus passer.
Et les protestataires étaient
renvoyés chez le père de la belle. L’officier s’abritait derrière le règlement
qui prévoyait que le cheval devait être logé sur le lieu de son travail.
Forcément, sous la voûte de la tour, et non au sommet !
Au bout du quatrième jour, les habitants finirent par aller vociférer sous les fenêtres de l’édile qui accorda par force plus que de gré la main de sa fille à notre officier-guetteur de la tour Carbonnière.La tour Carbonnière vue du sud.
Sources : Jacques
Durand « André Bouix Gardian en Camargue » édit Voix du Pays Stock
1980--– A Bouix A Laborieux C Galtier « Le Trésor des jeux Provençaux Culture provençale 1952--