jeudi 4 mai 2023

Le Lycée Alphonse Daudet de Nîmes à travers l'Histoire

 



Le lycée Alphonse Daudet de Nîmes :

Hôpital à l’origine, Palais des Arts, puis lycée de garçons et enfin lycée mixte. Ce bâtiment a connu de multiples vies.

François 1er fonde en mai 1539 l’Université de Nîmes (Lettres Patentes de Fontainebleau), à la demande des consuls de la ville. Lors d’un de ses voyages en Languedoc, en 1533, accompagné de sa suite et de sa sœur Marguerite d’Angoulême et de Navarre, une femme brillante, ouverte aux idées nouvelles, le roi rencontre les notables de la ville qui souhaitent la création d’un collège et d’une université afin d’égaler et même de rivaliser avec Montpellier. Le roi séduit par les monuments romains de Nîmes et devant l’insistance de sa sœur, consentit à signer six ans plus tard les lettres patentes qui constituaient les authentiques titres de noblesse de l‘enseignement secondaire à Nîmes :  « Par ces présentes, Nous créons, érigeons, ordonnons et établissons en la ville et cité de Nîmes, Collège, Ecole et Université en toutes Facultés de Grammaire et Arts seulement, et, pour la conservation d icelle, donnons et octroyons à cette Université, Collège, Facultés, recteurs, docteurs, maîtres gradués, étudiants et écoliers, bedeaux, messagers, et autres officiers et suppôts de la dite Université, présents et à venir, telle et semblable juridiction et puissance, autorité, privilèges, immunités, libertés, exemptions et franchise qu'ont accoutumé d'en avoir les royaume. Et pourront !es docteurs, maîtres et gradués d'icelle Université élire, instituer et créer recteurs et tous autres officiers, sauf et réservé le conservateur des privilèges royaux d’icelle, dont l'institution et provision nous appartiendra. Si donnons en mandement, par ces mômes présentes, à nos féaux conseillers tenant notre Cour de Parlement à TOULOUSE que ces présentes ils tassent lire, publier et enregistrer, et de l'effet d’icelles ils fassent jouir la dite ville et cité de NIMES. Car tel est notre bon plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes, sauf es-autres choses notre Droit et celui d'autrui en toutes... Fait à FONTAINEBLEAU en MAI de l'An de Grâce 1539. Signé: FRANÇOIS PREMIER Contre-Signé: ANNE de MONTMORENCY, Connétable et Grand-Maître de FRANCE »

On enseigne d’abord dans les anciens locaux de l’hôpital Saint-Marc. Claude Baduel en est le premier Recteur c’est à dire le directeur. Il est originaire de Nîmes, humaniste et lettré, protégé de Marguerite de Navarre. C’est aussi un luthérien. Il accepte un salaire de 200 livres alors qu’à Paris il en gagnait 400…Lui succèdent Guillaume Bigot ancien professeur de philosophie à Bâle de grand renom, qui va vraiment lancer l’université de Nîmes, puis en 1588 Jean de Serres grand lettré venant de Lausanne et frère de Olivier de Serres le botaniste cévenol. L’Université lui doit ses premiers statuts. L’orientation de l’Université est fortement protestante.

Peu à peu les protestants sont exclus et les Jésuites font leur entrée au Collège, d’abord en partageant l’enseignement avec les maîtres protestants. Jusqu’au 5 février 1644, des lettres patentes signées de Louis XIV affirment la prééminence des Jésuites qui prennent la direction du Collège. Les locaux deviennent trop petits et à partir de 1673 on construit d’autres bâtiments, la chapelle Saint Ignace (l’actuelle chapelle des jésuites, l’actuel Musée d’histoire Naturelle et d’Archéologie, …). Après la dissolution de la Congrégation des jésuites en 1762, les Frères de la Doctrine Chrétienne prennent les commandes du collège jusqu’au 24 mars 1794. Après sa fermeture par la Convention révolutionnaire, ouverture dans les locaux en 1798 de l’Ecole Centrale de Nîmes puis du Lycée Impérial en 1803. Une discipline très dure, militaire, aussi bien pour les enseignants que pour les élèves. Uniforme, revues et cérémonies officielles…Pourtant les archives racontent des chahuts comme le premier mémorable : « ... Les jeunes indisciplinés chantèrent La Carmagnole et autres chants révolutionnaires, brisèrent des carreaux et enfoncèrent quelques portes... ».

Par ordonnance, contresignée par le Ministre de l'Instruction Publique, le nîmois Guizot, Le roi Louis-Philippe autorise le Proviseur Michel-Alexandre Moriau, agissant au nom du Collège Royal, à acheter la maison de campagne dite "Mas de Ville ", au prix de vingt-huit mille Francs-Or, à verser à la propriétaire, Marie-Ange Boissy d'Anglas. La même année, un fermier, le sieur Cabane, est chargé d'entretenir le château et le parc, et d’exploiter à son profit les terres cultivables moyennant une redevance annuelle de dix francs!

En 1836, le collège fait construire au Mas de Ville une piscine dont le plan est dressé par l’architecte de la ville. Plus très étanche au 20ème siècle, elle tombera en désuétude. Elle servit de bassin d’irrigation pendant la guerre de 1939-40 pour les champs de pommes de terre des alentours.

Alexandre Dumas prit modèle pour son « abbé Faria » d’un des enseignants l’abbé Fariel, Maître de Philosophie au Lycée, mais aussi expert en sciences occultes qui bouleversa Paris par ses expériences de magnétiseur, parvenant à endormir plusieurs rangées de spectateurs.

Un autre enseignant Gergonne illustre mathématicien, ancien officier de l’Empire, auteur de nombreuses communications à l’Académie de Nîmes, se fit remarquer aussi par son caractère original : il refusait obstinément d'acquérir une robe pour les cérémonies officielles, « ayant mieux à faire, écrivait-il, de son maigre salaire. ». Un enseignant plus connu aux Etats-Unis qu’en France !!

Jusqu’en 1882 ce sera le siège du Collège puis du Lycée.  En 1881.il y a 575 élèves, le Lycée est trop petit, il faut construire de nouveaux locaux ailleurs.

Cour d’honneur de l’actuel lycée Daudet

Et notre bâtiment actuel ? Ses origines se perdent dans la nuit des temps. Les archives le mentionnent au 16-17ème siècle, en tant qu’hospice, constitué de nombreux édifices disparates dont l’ancien hôpital Ruffy, dans le faubourg Saint-Antoine hors des murs jusqu’au niveau de l’actuelle Porte de France. Un temps nous avons cru qu’une ancienne source thermale de l’Antiquité existait sous ses fondations. En fait, il s’agirait plutôt des fossés de désengorgement des rues lors des pluies trop importantes dont est sujette la ville. Peut-être aussi une fonction défensive, les remparts étant à proximité ?

Le père Richard, jésuite missionnaire, serait à l’origine de cet établissement. Au début il y reçoit les pauvres, les infirmes, les enfants trouvés et les aliénés.

Plus tard des religieuses de Nevers seront aux commandes.  Hôpital général en 1680 sous le roi Louis XIV, il accueillait les populations considérées comme indésirables, les aliénés, les orphelins, les sans-abris, les prostituées, les « filles débauchées »…. Un auteur Christian Léger résume la situation « sous l’absolutisme de Louis XIV, ce qui est contre l’ordre est fou, ce qui est fou s’enferme.. ». Il prendra le nom d’Hospice d’Humanité pendant la Révolution de 1789…

Après la Révolution de 1789, on songe à restaurer l’hospice. Un décret impérial du 5 août 1809, daté de Schönbrunn, signé de Napoléon, autorise la commission administrative de la ville à réaliser les travaux en six ans. L’architecte des Ponts et Chaussées de la ville le montpelliérain Charles Etienne Durand propose des plans de restauration. Il est à l’origine du dégagement des arènes et de l’élargissement du boulevard Victor Hugo.



Mis en évidence, les restes de la façade de l'hospice d'Humanité de 1810 - Carte postale ancienne, montage GM.

 

L’adjudication de la restauration se monte à 193 417frs. La première pierre est posée le 24 mai 1810. Au cours des travaux de démolition une superbe mosaïque est dégagée.


Façade du CDI côté cour d’honneur.

Dans les travaux de restauration et d’agrandissement de l’hospice, il fait réaliser une façade constituée d’arches rappelant les arènes, avec une frise en haut de cette façade, avec métopes et triglyphes, frise représentant 120 scènes et allégories de la vie de l’hospice, des métiers et de la vie de tous les jours. Les arches abritaient des commerces.

§  


§  Devant du gymnase

Cet établissement continue son bonhomme de chemin jusqu’en 1874. « L'hospice d'humanité » est alors transféré sur la route d'Uzès construit de 1864 à 1874 et deviendra, après de nombreuses extensions durant la première moitié du xxe siècle, l'hôpital général Gaston Doumergue à partir de 1937-38.


Sous la Troisième République vers 1870, on pense à transformer les bâtiments de l’ancien hospice en Palais des Arts. L’architecte Granon y aménage un hall avec escaliers monumentaux sur voûtes et piliers, une cour d’honneur en lieu et place de l’ancienne chapelle …..Des décors riches, des colonnades à portiques….

(Couloir de la cour du CDI)

Mais en 1881, la municipalité dirigée par Ali Margarot décide d’y transférer l’ancien lycée de garçons qui se trouvait à l’étroit dans l’ancien collège des jésuites (actuel musée archéologique).

Ce lycée d’Etat pour garçons sera ouvert progressivement de 1883 à 1888, encore en chantier d’aménagement et d’extension. Les architectes Lucien Feuchère et Alfred Granon de Grolier sont aux commandes, dans un style académique alors en vogue, utilisation de la brique en alternance avec la pierre, frises en céramique, décors floraux courant le long des façades selon les prémisses de l’art nouveau. Des préaux, des cours avec des colonnes en fonte de fer ouvragées issues de fonderies marseillaises. Presque tout est reconstruit : quatre cours dont la cour d’honneur, des salles de classe qui s’articulent autour des cours, Les travaux intérieurs continuèrent jusqu'en 1887. Quant à la salle des fêtes, elle ne put être inaugurée qu'en 1894.

L'aile de l'Horloge sera bâtie plus tard sur l'ancienne rue de la Maternité et sur un pâté de vieilles maisons que l'on détruisit.


La grande horloge de la rotonde d’angle face aux arènes date des années 1887-1889. L’architecte Auguste Augière en serait l’auteur. Allégories, colonnes de marbre, les 12 signes du zodiaque, une décoration riche qui surprend un peu, dans le style fin 19ème siècle. Sous le cadran, deux allégories féminines, peut-être les Arts et la Culture, du sculpteur Marcel Mérignargues avec le sigle RF. Le clocheton à coupole renferme un carillon de trois cloches. L’arcade est surmontée de l'emblème de la ville de Nîmes ; une reproduction en miniature de l'amphithéâtre romain surmonté de la Maison Carrée. Les noms des grandes civilisations antiques sont gravés sur les colonnes carrées qui supportent le dôme…..

Un ancien élève raconte sa vie d’interne dans les années 1930 : « Petit interne venu de mes Cévennes natales, je portais le costume d'uniforme le dimanche (la blouse les autres jours), avec gilet à grelots, veste à boutons dorés avec palmes, cravaté et ganté, et surtout... cette infâme casquette à visière rigide, la "bâche" dont nous avions horreur! Il fallait surtout penser à la lever quand, en ville, nous rencontrions un membre de l'administration ou du corps enseignant, sous peine de réprimande et de punition! Une sortie générale tous les quinze jours si l'on n'était pas "consigné". Consigne voulait dire un Dimanche au Mas de Ville pour les internes, et un Dimanche matin et après-midi au Lycée pour les externes. Il n'était pas question de sorties en semaine, le jeudi ou un autre jour. Pour aller chez le dentiste, il fallait entreprendre de véritables négociations avec lettres parentales, certificats médicaux et attestations en tous genres. Quant au coiffeur, ce cher M. Astoul qui me parlait de mon village de Lasalle où il avait fait son apprentissage pendant la guerre de 14-18, il venait lui-même au Lycée pour couper les cheveux de ceux qui, d'autorité, avaient été inscrits sur la liste "ad hoc" par le Surveillant-Général. Bien sûr, tous les "mouvements" se faisaient en rang et en silence. Un moment à la fois critique et pittoresque était la revue de détails pratiquée par le Surveillant-Général au départ de la promenade du Jeudi et du Dimanche: gare à celui qui avait oublié ses gants, qui n'avait pas ciré ses souliers, qui avait les cheveux trop longs. Les plus suspects, bien connus, avaient les poches tâtées, afin de vérifier si quelque cigarette ne s'y cachait pas! La mutation fut d'abord progressive et molle après 1944, puis elle s'accéléra jusqu'à exploser en 1968 ».

Des professeurs féminins font leur apparition pendant la guerre 1939-40, les hommes étant mobilisés. Jusqu’alors elles étaient en charge des petites classes.

Chaque semaine dans la cour des grands, la cérémonie aux couleurs avait lieu, les élèves en rang dans l’ordre de classes, sous la houlette du « Maître d’Education Générale et Sportive » c’est à dire le surveillant-général. Fin 1940, lors du premier lever des couleurs, le préfet Angelo Chappe était venu présider la cérémonie et avait harangué les participants. Le concierge pour l’occasion avait affiché toutes ses décorations et avait sonné le clairon. Plus tard le clairon sera remplacé par le tambour puis par le cri du cycle.

Une anecdote qui fait partie intégrante de l’histoire de ce lycée. En 1942, deux officiers allemands viennent visiter le lycée pour éventuellement le réquisitionner. Le proviseur avait donné l’ordre de fermer la porte. Mais Monsieur Pensa l’économe pensa qu’il était plus prudent de les accueillir après un certain temps d’attente au prétexte qu’il était sourd. Mais il ne pouvait pas les laisser entrer sans l’autorisation du préfet. Les officiers se retirent mais reviennent avec l’autorisation préfectorale. Monsieur Pensa attire leur attention sur la vétusté des locaux, du chauffage, mais pour les visiteurs cela fera un cantonnement fort convenable. Alors l’économe a un trait de génie : devant l’infirmerie il leur annonce qu’on ne peut entrer dans la pièce, car « nous sortons d’une épidémie de méningite  et les locaux ne sont encore désinfectés »… Les officiers rebroussent chemin et vont réquisitionner le lycée Feuchères, le lycée des filles qui vont trouver asile au lycée de garçons.

Mais la mixité n’était pas encore à l’ordre du jour, à la grande déception de la gente masculine. L’administration prit soin qu’aucun contact ne soit possible entre les unes et les autres. Les unes étaient en classe pendant que les autres étaient en récréation sans avoir le droit de marcher sous les préaux pour ne pas gêner les études par le bruit.

Pendant cette période les élèves avaient droit à des biscuits caséinés ou vitaminés. Les internes les plus âgés étaient appelés à la garde des voies ferrées la nuit du samedi au dimanche. L’économat fournissait pour l’occasion un sérieux casse-croûte. Les externes seront eux de corvée du creusement des tranchées avec les professeurs aux Saintes Maries de la Mer sous le contrôle d’un débonnaire réserviste de la Wehrmacht.

Il nous faut parler aussi de la cérémonie de la Saint-Charlemagne, faux saint mais patron des écoliers de l’époque : une fois l’an le 28 février, les punis étaient amnistiés, les bons élèves avaient droit à un goûter. Le meilleur élève de la classe de français prononçait un discours suivi par celui d’un professeur, discours à la gloire de l’Empereur à la Barbe fleurie !! Cette tradition a hélas disparu.

Mille souvenirs pour les anciens élèves. « Parmi les Maîtres connus citons : Le Président Edouard DALADIER, le Philosophe ALEXANDRE élève d'ALAIN, Maurice CLAVEL, si jeune professeur que le concierge le prit pour un élève et lui rappela que les élèves n'avaient pas le droit de pénétrer dans la Cour d'Honneur, Bernard LATZARUS, le fin lettré, COMBY, l'Historien, qui devint Professeur de droit colonial, mais s'appela alors MORINICOMBY, BOCOGNANO, qui fut Inspecteur Général, Jean BRUNEL, l'éminent helléniste….. Jean-Etienne SAINTENAC ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, qui participa le 11 Novembre 1946 à la manifestation des étudiants parisiens à l'Arc de Triomphe. Chef départemental de l'armée secrète,… » Et bien d’autres, élèves ou professeurs.

Le lundi 27 octobre 1952, le théâtre de Nîmes brûlait. La salle des fêtes du lycée devint alors pour quelques années le centre culturel de la ville avec les Jeunesses Musicales de France, les conférenciers de Connaissance du Monde, le Cercle Artistique nîmois, les bals, les fêtes de l’Ecole Buissonnière, de la coopérative du lycée Bernadette Lafont vint y faire apprécier son art de la danse classique…. Des émissions radiophoniques bi-mensuelles.

En 1952 lors de la première feria de Nîmes, premier journal de l’Ecole Buissonnière. Lors des premières férias, c’est dans le lycée qu’on essaie de faire entrer les toros échappés des abrivados.  En 1953 les élèves recevaient dans le foyer du lycée l’équipe de Jeu à XIII d’Australie. Des rencontres avec des élèves d’Espagne, d’Italie, Angleterre, d’Allemagne, des échanges sportives et culturelles… En mai 1968, les élèves sont aux premières loges de la révolte !!

Depuis 1924, le lycée Alphonse Daudet de Nîmes accueille chaque année des élèves tchèques qui y suivent leurs études secondaires, à partir de la seconde jusqu’à la terminale. Une section tchèque existe également, depuis 1920, au lycée Carnot de Dijon. Fruit du rapprochement politico-culturel entre la France et la Tchécoslovaquie après la Première Guerre mondiale, ce dispositif reste sans équivalent en Europe, unique par sa conception et sa longévité. Jusqu’à présent, plus de 300 élèves tchèques ont ainsi passé leur baccalauréat français au lycée Daudet de Nîmes.

Parfois on l’appelle le lycée des Trois-Gaston. La légende voudrait que trois Gaston célèbres y auraient été élèves : l’historien Gaston Boissier, le mathématicien Gaston Darboux et Gaston Doumergue président de la République. Mais ils étaient bien trop jeunes pour y être élèves. Par contre Gaston Deferre maire de Marseille et ministre de l’Intérieur sous la présidence de Mitterrand a bien étudié dans ce lycée.

De par sa position centrale, ce lycée est pour les Nîmois et les non-autochtones le repère où l’on se donne rendez-vous. Les marches du perron offrent des sièges à l’ombre….

En 1963, l’établissement devient mixte. Ce lycée prendra le nom de l’écrivain Alphonse Daudet à l’initiative de Maurice Giny en 1966. Il est en grande partie classé monument historique depuis 2007.

(escalier principal)

Sources et pour en savoir plus : Frédéric Delon La Gazette de Nîmes 17-23 septembre 2020—Georges Mathon Nemausensis—Christian Liger Nîmes sans Visa édit Ramsay—Francine Cabane Danièle Jean Nîmes au fil de l’Histoire éditAlcide-- Bernard Bastide, « La ville dont le prince est un lycée », [Calades], no 37,‎ mars 1983, p. 10-13 (ISSN 0180-8923BNF 34354279))-- Michel Boissard« Les anciens de Daudet », dans Serge Velay (dir.), Visas pour le Gard : un siècle, un département, Vauvert, Au diable Vauvert, 2006 (ISBN 978-2-84626-101-2), p. 133.-- Jean Lebrun (présentation) et Thibault Maillet (invité), « Nîmes, la ville dont le prince est un lycée », La Marche de l'histoire,‎ 17 juin 2019 (lire en ligne [archive]) — contient des extraits d'une émission [archivePotaches et Labadens de 1967, également consacrée à l'établissement.-- https://fr.wikipedia.org/wiki/Lycée_Alphonse-Daudet
-- Léa Sahuguet Le récit d’un monument aux mille facettes www.le-nim.com/2020/08/05/lycee-alphonse-daud…-- Magdalena Hrozínková  francais.radio.cz/quand-des-lyceennes-tcheques-preparent-leur-bac-au-lycee-de-nimes-8141717

 

lundi 24 avril 2023

Corrida

 


Corrida

 

Photo trouvée par un ami au hasard de ses recherches impromptues sur le net

 

 

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"Cette incroyable photo marque la fin de la carrière du Torero Álvaro Múnera.

Pendant la corrida, le torero s'est effondré de remords en réalisant que le taureau ne se battait pas malgré la torture qui lui était infligée.

Bien qu'ils l'aient blessé avec les picadores, le taureau n'a jamais eu l'intention d'attaquer l'homme.

Le torero Munera commente ce moment de cette façon :

« Et soudain j'ai regardé le taureau, il avait cette innocence que tous les animaux ont dans les yeux, et il m'a regardé comme pour me supplier de ne pas me battre.

C'était comme un cri pour la justice, au plus profond de moi. Je le décris comme une prière, car si vous confessez, j'espère que vous serez pardonné. Je me sentais comme la pire racaille du monde."

Et c'est ainsi qu'en partageant cette photo j'aspire à ouvrir une porte...

Celle d'une prise de conscience des remords de l'homme face la noblesse de "l'animal"



Merci Jean-Luc

 

vendredi 14 avril 2023

Les frèrres Blanc, premiers "hackeurs"

 

François Blanc

Les frères Blanc, premiers « hackers » du monde ?

Pour mieux comprendre voir sur ce blog Le télégraphe de Chappe 10/01/2019

 



Poste de télégraphie aérienne. Gravure (colorisée ultérieurement)
extraite des Merveilles de la science ou description populaire
des inventions modernes
 (Tome 2) par Louis Figuier, paru en 1868

Nous sommes dans les années 1830 au 19ème siècle et dans l’affaire du réseau télégraphique détourné. Le télégraphe aérien inventé par Claude Chappe est une révolution qui nous mettait en communication avec presque l’ensemble de notre territoire et même jusqu’à nos frontières. En 1790, il fallait trois jours en malle-poste pour porter un courrier de Paris à Lille et quatre de Paris à Strasbourg. En 1820 grâce au télégraphe, dans le premier cas, 56 minutes suffisaient et dans le deuxième cas 76 minutes. Une dépêche de 40 mots mettait moins de deux heures entre Montpellier et Paris par temps favorable !!  Le transport de la pensée va être révolutionné dès la fin du 18ème siècle grâce à l’invention de Claude Chappe. Et cela ne sera qu’un début !

Les différents gouvernements du 18-19ème siècle, Empire, Restauration, celui de Juillet, augmentent nos lignes, créant une toile d’araignée de structures. Mais le siège administratif était toujours situé rue de l’Université à Paris dans un hôtel d’accès facile et qui aisément pouvait être enlevé d’un coup de main.

Les départements étaient encore desservis par les télégraphes aériens dans les années 1830. C’était là une vive préoccupation pour le gouvernement. Sous les Bourbons et sous Louis-Philippe les émeutes n’étaient pas rares à Paris. Et puis des hommes d’affaires y verront un moyen de s’enrichir sans trop de peine. Celui qui a un renseignement avant les autres a toutes les chances de toucher le jackpot !! Un exemple parmi tant d’autres : le cours de la Bourse de Paris n’était connu à Bordeaux, Rouen, Lyon, Marseille qu’à l’arrivée de la malle-poste. Celui qui connaissait le mouvement des fonds publics douze heures avant les autres pouvait faire des bénéfices assurés !


Reddit-CultureCarte des lignes de télégraphe optique (Télégraphe Chappe) établies entre 1793 et 1852 ..

Dans chaque poste du téléphone aérien,  deux stationnaires, de l’aube à la nuit tombante ; l’un manipule le télégraphe, l’autre à la lunette pour lire les messages des autres postes. C’est un métier réservé à des invalides, parfois à des artisans ou des fils de paysans. Très mal payé, peu de gens envient leurs places. Plus tard chacun ne fera qu’une demi-journée et pourra avoir d’autres activités, jardinage, artisanat… Ils sont sous l’autorité d’un inspecteur qui surveille leur travail soit sur place, soit de loin avec une lunette particulière. Il a la responsabilité du poste, décide des réparations, vérifie l’état du matériel, rédige un rapport, apporte la paye des stationnaires. Il est lui-même sous l’autorité d’un directeur de ligne qui a la responsabilité de décoder et coder les messages. Celui-ci est le seul à détenir et utiliser le vocabulaire télégraphique. C’est lui qui va décider d’envoyer le message à son destinataire ou au poste suivant.

Avant le télégraphe, on avait bien utilisé les moulins dont les ailes étaient disposées d’une certaine façon, les pigeons voyageurs… Mais le gouvernement y perdait son latin et la loi n’avait rien prévu pour ce problème ou pas grand-chose d’efficace.

En mai 1836, le directeur des télégraphes de Tours Monsieur Bourgoing est informé que deux employés Guibout et Lucas, stationnaires du télégraphe n°4 situé sur la mairie faisaient un usage bizarre de leurs signaux. Une enquête prudente est diligentée, mais Lucas très malade et près de mourir fait des aveux complets. Guibout aussitôt après l’arrivée de la malle-poste de Paris, introduisait un faux signal dans la première dépêche qu’il avait à transmettre sur la ligne de Bordeaux, et qu’aussitôt après il indiquait : erreur. Mais le faux signal n’en parcourait pas moins sa route forcée, était répété de station en station, allait à fond de ligne, c’est-à-dire jusqu’à Bordeaux, où le directeur le rectifiait, corrigeait la dépêche fautive et empêchait qu’elle ne parvînt plus loin avec cette indication parasite et inutile. La fraude partait donc de Tours pour aboutir à Bordeaux.

Les frères François et Louis Blanc, bordelais, agents de change, joueurs de bourse et spéculateurs de profession entrent en jeu. Leur intelligence et leur sens aigu de la communication vont assurer leur réussite. Ils ont l'idée d'utiliser les ressources, alors réservées à la seule administration, du télégraphe Chappe. Renseignés ainsi avant tout le monde, ils vont amasser une fortune confortable,

Un de leur agent à Paris était en contact avec Guibout. Lorsque la rente à 3% baissait dans une certaine proportion, il envoyait par la poste à Guibout à Tours une paire de gants ou une paire de bas gris : lorsqu’au contraire, la hausse était là, il envoyait des gants blancs ou un foulard. Selon la nature ou la couleur de l’objet reçu, le préposé faisait un faux signal convenu qui arrivé à Bordeaux était communiqué par le stationnaire de la tour Saint-Michel au commis des frères Blanc. Ils connaissaient ainsi 24 heures à l’avance la cote de Paris, et empochaient d’importants bénéfices.

Tout ce petit monde est arrêté et emprisonnés vers la fin du mois d’août 1836 et envoyés devant la cour d’assisses de Tours le 11 mars 1837.

(archives Touraine)

Une foule importante se déplacait chaque jour pour assister aux débats. On notait la présence du préfet d’Indre et Loire, le directeur du télégraphe de  Tours, des experts comme Joseph Marie Allard et Jean Gabriel Flocon qui avaient longuement et minutieusement préparé l’enquête.

 

Les accusés font des aveux complets ; Guibout recevait des frères Blanc 300 frs par mois et 50 frs de gratification par faux signal. A cette époque, un employé gagnait par jour autour de 1,50 frs. Un ténor du barreau plaida, Gustave-Louis Chaix d’Est-Ange. Il fut habile comme à son habitude ; il joua avec le jury, le fit rire, l’émut, le troubla. Pourtant les frères Blanc avaient reçu pas moins de 120 fois le signal indicatif du mouvement de fonds ! Mais il n’y avait pas lieu de recourir aux articles 177 et 179 du Code Pénal…

Les frères Blanc se défendent en invoquant que tout moyen d’information était licite pour gagner de l’argent. Pour eux, les gens de bourse avaient pour unique préoccupation de savoir d’avance le cours des fonds publics pour jouer à coup sûr !! Ils s’appuient sur d’autres exemples comme celui des Rotchild qui utilisent aussi les lignes télégraphiques et les pigeons voyageurs. Des témoins plaident en leur faveur, ils n’ont jamais eu de démêlés avec la justice….Bref ils n’avaient rien à se reprocher… Dans le domaine des communications télégraphiques nous sommes en présence d’un vide juridique, et ici pas de véritables preuves… Ils sont acquittés et condamnés à régler les frais de procédure et une amende pour corruption de fonctionnaire. Les sommes gagnées restent en leur possession. Leurs complices ne sont plus autorisés à exercer.

Cet épisode fit réagir le ministère qui dès lors voulut posséder le doit d’un monopole réel sur l’usage du télégraphe. Le 6 janvier 1837 Adrien de Gasparin ministre de l’Intérieur s’exprime avec raison :  « Nous sommes forcés de demander plus à la législation que nos devanciers, parce que nous demandons moins à l’arbitraire. » En février 1837 une commission parlementaire présente un rapport appelant à réserver exclusivement l’usage du télégraphe à l’Etat. Le 28 février suivant, Portalis rapporteur de la commission de la Chambre des Députés conclut à l’adoption d’un article unique qui tient compte des progrès techniques futurs :

 « Quiconque transmettra, sans autorisation, des signaux d’un lieu à un autre, soit à l’aide de machines télégraphiques, soit par tout autre moyen, sera puni d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 1000 à 10 000 francs. L’article 463 du code pénal est applicable aux dispositions de la présente loi. Le tribunal ordonnera la destruction des postes, des machines ou moyens de transmission. »

 « L’esprit humain est inépuisable en ressources nouvelles et il s’agit de prévoir ce qui n’existe pas encore, ce qui n’a été ni connu, ni imaginé, ce qui pourrait être inventé pour éluder la loi, si des expressions trop restrictives venaient enchaîner la conscience du juge. Il faut atteindre toutes les combinaisons à l’aide desquelles on pourrait arriver à ce résultat. »

Le ministre de l’Intérieur déclara que « si des entreprises particulières pouvaient fonder des établissements semblables, les fauteurs de troubles et de désordres y trouveraient un moyen efficace pour l’exécution de leurs projets ». Regrettant qu’aucune autre solution n’ait pu être trouvée, il ajouta : « Nous n’aimons pas les monopoles pour eux-mêmes, et nous serions heureux de pouvoir sans péril étendre à tout le monde les facilités que le télégraphe présente au gouvernement. » Il conclut : « Vous penserez avec nous que de tels avantages doivent être réservés au gouvernement... Les privilèges dont i jouit ne sont pas des privilèges, car le gouvernement, c’est tout le monde, et l’on peut dire ici sans paradoxe que le seul moyen d’empêcher le monopole c’est de l’attribuer au gouvernement. »

La loi est votée le 14 mars 1837 avec 249 votants (sur les 556 députés), dont 212 pour l’adoption et 37 contre. L’argumentaire reposait sur le fait que la télégraphie deviendrait un instrument de sédition des plus dangereux, si par malheur on ne lui interdisait pas sévèrement de servir aux correspondances du public.

Les frères Blanc continueront sur leur lancée, casino, roulette, établissement thermal, salle de spectacle, de bal, jardins, restaurants et hôtels de luxe construits par d’autres entrepreneurs mais avec des parts pour eux, puis Monte-Carlo, en  jouant sur une nouvelle industrie « la publicité »  vantant les charmes de la station et sachant utiliser, bien avant tout le monde, les ressources de la « relation presse », payant journalistes et publicistes pour répandre une image idyllique…

Arrêté d’absolution des frères Blanc et de Pierre Guibout

 

Expérience du télégraphe de Chappe dans le parc de Saint-Fargeau à Ménilmontant,
le 12 juillet 1793. Illustration extraite du Supplément illustré du Petit Journal du 1er décembre 1901

§  Sources et pour en savoir plus :  « Paris : ses organes, ses fonctions et sa vie dans la seconde moitié
du XIXe siècle » (par Maxime Du Camp) Tome 1 édition de 1879
et « Communications » (sous la direction de Georges Friedmann) paru en 1974)--- La France Pittoresque février 2023------
2U235 et 2U236 , Journal d'Indre-et-Loire - Archives d'Indre-et-Loire--- Article de Jean-Michel Boubault,  membre de l’Association Recherche et Histoire Postes et Télécommunications de la région Centre  "François Blanc, auteur d'une fraude au télégraphe Chappe, édifie le Monac actuel"---

Wikipédia  https://fr.wikipedia.org/wiki/Piratage_du_t%C3%A9l%C3%A9graphe_Chappe  --- BLANC FRANÇOIS & LOUIS - Encyclopædia Universalis--- /www.appl-lachaise.net/blanc-francois-1806-1877/

 

 

 

mardi 4 avril 2023

La Chandeleur la Fête des Crêpes

 

Chandeleur, La Fête des Crêpes ?

Bientôt Pâques, ses œufs, ses lapins et ses poules en chocolat. Il semble que les fêtes dites « religieuses » sont de plus en plus célébrées par des douceurs culinaires. Pourquoi pas, nos anciens ont connu des disettes, alors les familles peuvent se réjouir ensemble… Mais quand est-il de la Chandeleur ? Ces fêtes nous ont construits, croyants et non croyants, rythmant l’année, les travaux des champs.

Cette année, dans mon club de gym, nous nous sommes interrogées sur cette fête de la Chandeleur, que représente-elle, religieuse ou non ?? Des réponses les plus bizarres se sont fait entendre. Fête plutôt profane dont l’aspect religieux semble oublié pour le commun des mortels.

La Chandeleur ou fête des chandelles est une ancienne fête païenne et latine devenue fête chrétienne : il s’agit de célébrer la présentation de Jésus au Temple, 40 jours après sa naissance comme pour tous les bébés juifs de l’époque, ainsi que la purification de sa mère après son accouchement. Une fête juive donc célébrée par des chrétiens… ce qui devrait nous rappeler à un certain œcuménisme, au moins historique.

 40 jours après Noël donc le 2 février. Elle est célébrée à Jérusalem dès le 4ème siècle. Elle va prendre de l’importance vers 541 lors de la peste de Justinien puis elle va se répandre lentement dans tout l’Occident. Les relevailles de la Vierge seront célébrées plutôt vers 1372, donc plus tard.

Normalement dans notre Sud, c’est à partir du 2 février que la crèche de Noël est rangée, constituant ainsi le dernier moment du cycle de la Nativité (avant la réforme de la liturgie du concile Vatican II).

Dans les églises, les torches étaient remplacées par des chandelles bénies, supposées éloigner le mal et rappelant que le Christ est la lumière du monde. Les chrétiens emportaient ensuite chez eux ces chandelles afin de protéger leur maison. Si le cierge ne s’éteignait pas sur le chemin, c’était un heureux présage et celui qui le tenait était sûr de ne pas mourir dans l’année…

La tradition en est attribuée au pape Gélase Ier, qui faisait distribuer des crêpes aux pèlerins arrivant à Rome. Le pape aurait jugé plus sage de christianiser un rite païen que d’essayer de le détruire. Il se serait inspiré d’après Bède le Vénérable, moine et historien anglais du 7ème siècle des fêtes romaines ou peut-être de la Grèce antique.

En fait, aussi loin que les archives s’en souviennent, on peut rattacher cette coutume aux Vestales romaines qui lors des fêtes des Lupercales faisaient offrande de gâteaux à base de blé de la précédente récolte pour que la suivante soit aussi bonne.

Chez les Celtes, le 1er février on fêtait Imbolc en l’honneur de la déesse Brigit, célébrant la purification et la fertilité des terres au sortir de l’hiver. Flambeaux, processions avant les semailles…

Dans la Grèce antique, Proserpine vit avec Pluton le dieu des Enfers en automne et en hiver, Elle retourne auprès de sa mère Cérès la déesse des moissons au printemps et en été. Donc en février on allumait des torches pour célébrer son retour qui apportait lumière et fertilité…. Des rites pour s’assurer une bonne année.

« Si point ne veux de blé charbonneux, mange des crêpes à la Chandeleur. »

Mais pourquoi des crêpes ? Rondes et dorées, un symbole du disque solaire célébrant le retour de la lumière ? La chandeleur marque le moment où les jours commencent à s’allonger plus rapidement. C’est surtout un plat rustique et économique : autrefois on se servait de l’excédent de farine de l’année précédente avant qu’elle ne s’abime. On les retournait en les faisant sauter dans la poêle, en espérant prospérité et abondance dans les prochaines récoltes.

C’était une des coutumes de la vieille France qu’à la Chandeleur on fait des crêpes dans l’âtre du laboureur et que chacun doit retourner la sienne. « À la Chandeleur, dit Abel Hugo, si les paysans ne faisaient point de crêpes, leur blé de l’année serait carié. Et celui qui retourne sa crêpe avec adresse, qui ne la laisse pas tomber dans les cendres, ou qui ne la rattrape point dans la poêle, sous la forme navrante de quelque linge fripé, celui-là aura du bonheur — de l’argent, cette forme tangible du bonheur — jusqu’à la Chandeleur de l’année suivante. »

Une autre coutume qui remonte à la fin du ve siècle et liée au rite de fécondité : quand on était assez riche pour avoir une pièce d’or à sacrifier, on faisait sauter la première crêpe avec la main droite en tenant une pièce d'or dans la gauche. Puis la pièce d'or était enroulée dans la crêpe avant d'être portée en procession par la famille dans la chambre où on la déposait sur l'armoire jusqu'à l'année suivante.  La crêpe est alors réputée ne pas moisir et éloigner la misère.

 Une superstition qui touche même les Grands de ce monde. On dit que Napoléon avant de partir pour la campagne de Russie fit  une partie de crêpes. Quand ce fut son tour de « tenir la queue » de la poêle, il dit : « si je retourne celle-ci, je gagnerai la première bataille »… Et la crêpe se retourna. « si je retourne cette autre, je gagnerai la deuxième », …..la troisième, de même. Mais la quatrième roula dans la cendre : c’était la Bérézina !!

Pour nos anciens, le cierge de la Chandeleur faisait office de précieux talisman contre les sortilèges et les maléfices. Un animal malade, vite quelques gouttes du cierge dans son breuvage. L’orage menace, on l’allume pour conjurer la foudre. C’est encore lui qu’on éclaire pour bénir les premiers communiants, les fiancés avant leur départ pour l’église. Aussi lorsque le prêtre vient administrer les derniers sacrements à un mourant….

La fête de la Chandeleur s’intéresse aussi aux amoureux. Après une neuvaine à la chapelle de la Vierge, le 2 février, chacun voit en rêve celui ou celle qui sera sa moitié. « À la Chandeleur, trouve ton âme sœur : que du bonheur  !  », proverbe provenant d'Alsace.

Coutumes, superstitions, souvent très éloignées des rites chrétiens, remontent à des temps tellement anciens que nous ne savons plus quel en est le sens symbolique. Des traditions qui se sont adaptées au fil des siècles à nos mœurs et qui subsistent encore en dépit des années et des révolutions de l’Histoire.

2011 /2 février paroisse Saint Victor de Marseille -acor-cannes / CC-by-sa

Sources et pour en savoir plus : La France Pittoresque D’après « La Tradition », paru en 1904)Publié / Mis à jour le JEUDI 2 FÉVRIER 2023, par LA RÉDACTION--- wiipedia .org-- /www.la-croix.com/Religion/chandeleur--- /icalendrier.fr/religion/fetes-catholiques/chandeleur/--- www.ouest-france.fr/societe/fetes/chandeleur-pourquoi-mange-t...---Philippe Walter, Mythologie chrétienne, éd. Imago.---Philippe Walter, La Mémoire du temps. Fêtes et calendriers de Chrétien de Troyes à la Mort Artu., Paris : Champion, 1989.--- Marie-Odile Mergnac et Thomas KöhlerProverbes et dictons de toujours, Paris, Archives et cultures, 13 octobre 2008, 192 p. (ISBN 978-2-35077-101-4lire en ligne [archive]).