La Femme qui voulait grandir :
Il y avait à Vallabrix au moulin de Garrian un meunier qui
avait trois fils. Il devenait vieux et il décida de partager ses biens : pour
l’aîné le moulin, le deuxième l’âne, et le dernier une échelle et un coq.
Le premier devint meunier, le second, laboureur. Le
troisième, peu travailleur, hâbleur, séducteur, avec son maigre héritage partit sur les
routes. Il arriva au village de La Capelle. Une femme balayait sa cour. Il lui
demanda :
- Madame vous avez une bien belle maison. On voit tout de suite
qu’une maîtresse de maison sans pareille y habite. Vous ne voudriez pas
m’acheter un réveil ?
- oui da ! répond-elle rougissante et frétillante. Il m’en faut un justement, je n’arrive pas à
me réveiller le matin et mon mari rouspète.
-voilà il y en a un dans ce paquet. Mais il ne faut pas l’ouvrir
avant 24 heures.
Et il lui donna le coq ficelé dans le sac contre quelques
belles pièces d’argent et partit.
Quand le fermier revient, il ouvre le paquet et voit le coq.
-Parole, il t’a bien couillonnée ! Des coqs on en a une
vingtaine dans la basse-cour ! Et celui-là est maigre comme un balai !!
Pendant ce temps, le troisième larron se déguisa pour ne pas
être reconnu et revint le lendemain.
Il demanda à la fermière, toujours aussi naïve.
- Vous ne voulez pas grandir ? Quelques centimètres et vous seriez encore plus belle ! La plus belle de tout le canton, j'en mets ma main à couper !
Et elle qui était petite et qui avait toujours été moquée de sa petitesse lui répondit
Et elle qui était petite et qui avait toujours été moquée de sa petitesse lui répondit
- Oh ! que oui !
- Montez sur cette échelle et vous verrez.
La femme monta jusqu’au niveau du toit.
- Doux Jésus ! Je suis plus grande que la maison !
D’en haut on voit les grands prés, la rivière, le clocher et le château de l’évêque !!
-Descendez maintenant. Puisque vous voulez tant grandir, je
vais continuer le traitement. C’est un médicament qui me vient de ma mère-grand
et qui doit rester secret. Mais vous êtes une si bonne femme et si joliment
faite que je vais faire exception pour vous. Donnez-moi douze œufs, déshabillez-vous
et étendez-vous sur la table.
Elle fit comme il demandait. Il battit les œufs en omelette,
et en barbouilla la femme de la tête aux pieds.
-Maintenant ne bougez
surtout plus pendant un moment. Si ça gratte ou chatouille c’est normal, c’est
le traitement.
Et il lui ajouta de la mie de pain dans ses oreilles.
Alors il en profita pour faire le tour des pièces de la maison,
ouvrant les tiroirs, les commodes, les armoires et volant tout ce qui lui
plaisait. Puis il partit en fermant la porte à clef.
Quand le fermier rentra le soir, il trouva porte close.
Tape, tape que tu taperas. Impossible d’ouvrir la porte. Sa femme lui cria de
l’intérieur.
-Je ne peux pas bouger, je suis en traitement. Je suis en
train de grandir. Fais le tour par le grenier
Un curieux spectacle attendait le mari dans la
cuisine : sa femme toute nue sur la table, barbouillée d’œufs, les tiroirs
vidés de toutes les économies du ménage et de toutes les belles choses.
Il entra dans une belle colère et sa femme reçut une belle
raclée !!
Il faut toujours se méfier des
beaux parleurs, "Un beau
parleur, c'est un homme qui jongle très bien avec des
boulets vides." Jules Renard -
« Tout grand
et beau parleur n'est bien souvent qu'un pauvre menteur « Proverbe
français ; La fleur des proverbes français (1853) et mille autres proverbes, comme quoi il est facile de se faire attraper par un beau parleur. Et la classe politique n'est pas la seule visée !!
Merci à Adrien Castanet - Contes de l’Uzège 1905
édit Nîmes –Académie de Nîmes- photo Istock Le Vif 2015Belga
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