Une famille devant une maison construite par les Castors mutualistes dans
le quartier Beausoleil
Archive Comité de quartier de Beausoleil
Beausoleil—La Saga des Castors de Nîmes
A la sortie de la guerre de
1939-40 dans les années 50, la France est en ruine. La guerre a fait table rase
de certains quartiers, dans les villes ou villages. Le manque de ressources,
les urgences sanitaires n’aident pas à penser reconstruction. Plus de
700 000familles sont impactées par le manque de logements. On loge où l’on
peut, dans des caves, dans des abris de fortune, dans des logements vétustes. A
Courbessac par exemple des wagons servaient de logement sans eau ni
électricité. A Lyon, dans le quartier des Brotteaux, les caves de certains
immeubles étaient squattés, bien qu’elles soient inondables. Des abris des
jardins ouvriers se transformaient en habitations. Les villes surtout sont
touchées par les difficultés de se loger. Dans les campagnes la solidarité
familiale joue son rôle, mais dans quelles conditions !! Le travail qui
doit nourrir les familles se trouve essentiellement dans les agglomérations où
l’on a du mal à se loger….
Un mouvement de solidarité va prendre vie un peu partout en
France comme Les Castors mutualistes
cheminots à Nîmes. Les familles vont-elles-même construire leur
logement. Au niveau national, toutes les fonctions étaient représentées,
fonctionnaires, postiers, instituteurs, ouvriers. A Nîmes le mouvement sera
essentiellement initié par des cheminots.
Au départ, pour le premier lotissement, 54 familles, guidées par un esprit mutualiste, une volonté, une grande solidarité, une persévérance, une foi en l’avenir et en l’être humain !! Fin des années 50, quatre lotissements sortiront de terre avec environ 300 maisons. Mais c’est le premier lotissement qui marque les esprits et l’Histoire. .. construit entre la rue de Barcelone et la place de a Mutualité. (deuxième lotissement le long des rues d’Alger et Ernest Bruxelles, le troisième au-delà de la rue Salomon Reinach)
A l’origine de cette idée un peu
folle, deux cheminots « mutualistes » Emile Michel et Aimé Longuet.
Un terrain de 17 000 m2, soit 1,7 hectare, situé derrière la gare de
Nîmes, leur plait bien, un lopin de terre pour construire leur foyer de l’autre
côté de ponts de la voie de chemin de fer.
Il appartient à la famille Dhombes, mais trop grand pour la bourse de nos cheminots. Alors avec quelques copains, ils ont l’idée d’acheter ce terrain et le diviser ensuite. Aimé Longuet est secrétaire de l’Union Mutualiste des cheminots, les gens lui font confiance. Très simplement une feuille de papier circule et ceux qui voulaient s’inscrire écrivaient leur nom. Malgré les crédits qu’il fallait prendre, le succès sera au rendez-vous.
Le terrain est divisé en 54 lots, les permis de construire sont délivrés en
juin 1952. Un syndicat est créé, son nom
« bèu Soulièu », Beausoleil…
Mais tout est à construire. Le terrain est planté de vignes rachitiques, de
quelques épis de blé…Les cheminots font venir du matériel de Marseille. Les
officiels de l’époque ne croient pas au projet, la SNCF leur fait même payer
une partie du trajet Marseille-Nîmes. La ville n’aide pas plus. « On a
tout fait à la force des bras » raconte Emile Michel.
Construction des maisons mais aussi : l’ouverture
des rues, la création de réseaux d’eau et d’électricité. Le gros œuvre étaient réalisé par des entreprises extérieures, la
plomberie, l’installation électrique par des cheminots qualifiés. Les achats
groupés revenaient moins chers, le centre mutuel d’achat permettait des
ristournes importantes. Pas d’architecte car Emile Michel était dessinateur industriel.
C’est lui qui s’occupait des côtés pratiques. Aimé Longuet s’occupait plutôt de
la paperasse, des achats.
Des maisons mitoyennes pour économiser un mur… Par contre tous ont voulu un garage. Mais les familles n’avaient pas de voitures, Alors, les garages ont servi à autre chose, un lieu pour bricoler… Les jours fériés, les fins de semaines, après le travail, les hommes sont sur les chantiers communautaires, chacun apporte son savoir-faire. A cette époque la plupart de métiers manuels sont représentés dans l’entreprise des Chemins de fer. A chaque toit posé sur une maison en construction, c’est l’occasion d’une petite fête. Carnaval, Fête de la Saint Jean, bal concours de chant, course en sac…. On s’amuse aussi.
Les premières familles s’installent dès 1953, dans
des maisons de près de 100m2, tout équipées, eau courante, gaz. Un luxe :
des salles de bains ! Des maisons à deux niveaux, qui se ressemblent, un
quartier qui s’organise avec une épicerie La Cigale au rez de chaussée de la
maison de l’ancienne propriétaire du terrain. Des enfants qui jouent dans la
rue ou sur la place, les portes ouvertes.. A l’époque, seules quelques femmes
travaillent, les autres s’occupent de leur maison et des enfants. Elles se
connaissaient toutes. Les jardins sont reliés entre eux, pas de clôture
extérieure, des poulaillers…Une semi-autarcie s’installe.
C’était avant la création des ZUP, avant l’invasion
de la télévision dans les foyers….
Aux côtés d’Aimé Longuet et d’Emile Michel, d’autres personnalités vont marquer le mouvement comme Franc Pic, Raymond Dizier….Le 5 octobre 2024, la ville de Nîmes inaugure le Jardin des Castors cheminots nîmois avec plaque commémorative au square de la rue Ernest Bruxelles.
Sources et pour en savoir plus : exposition « Il y a 70 ans les Castors cheminots pour barrer la route à l’oubli » 5crue Guybemer salle Emile-Gauzy--photos Anthony Maurin—Midi Libre /www.midilibre.fr/2024/10/05/il-y-a-70-ans-le-quartier-beausoleil-sortait-de-terre-village-cheminot-dans-la-cite-12242032.php- Publié le 01 novembre 2024 Article Publié le 01 novembre 2024ArticlePar Julien Ségura---Gazette de Nîmes n)1322 3/9octobre 2024 et n)470 5 juin 2008 Alexandre Stobinky--- www.objectifgard.com/gard/nimes/nimes-les-castors-creent-leur-environnement-135751.php--- www.vivrenimes.fr/formats/articles/qui-etaient-les-castors-batisseurs-du-quartier-beausoleil-a-nimes
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