Il a neigé sur l’Uzège…..
(in
2007 l’Extra Local-Uzès et l’Uzège)
De temps en temps il
neige en Uzège, perturbant la circulation, 1921, 2010, 1918…. Quelques
centimètres au sol et nous ne savons plus rouler, marcher, glisser…La neige
fait la joie des enfants, mais les adultes la redoutent, il nous faut nous adapter.
Le 10 janvier 2003, c’est
la panique générale. Le maire d’Uzès rappelle que quelques flocons sont
normaux, on doit en faire un « phénomène ordinaire et non extraordinaire ».
Les ramassages scolaires pourtant ne sont plus assurés le mardi 7 janvier, et les
parents ont dû aller chercher leurs enfants dans les écoles.
Il nous faut remonter à
2010 pour se souvenir d’un important épisode neigeux sur Uzès. D’abord le 8 janvier
l’Uzège et le Pont du Gard se réveillent sous une épaisse couche de neige. Puis
le 7 mars, à l’avant-veille du printemps, dans l’après-midi, les flocons ont
commencé à tomber, s’accumulant sur 30 à 40 cm, perturbant la
circulation, en particulier vers Remoulins. Près de 150 « naufragés »
dont une vingtaine d’enfants seront hébergés à la Maison des Associations de
Remoulins. A côté, à Valliguières, 58 personnes se réfugient à la salle
polyvalente. Vallabrix se pare d’un blanc manteau. Un coup de tracteur et les
rues sont à nouveau accessibles.
Vallabrix 2010
Le 3 mars 1974, Nous nous réveillons sous plusieurs
dizaines de centimètres de neige. Mais en fin de matinée, plus d’électricité. La
neige colle aux fils électriques et y gèle. A Saint-Laurent de Vernède, les
pompiers sauvent un millier de faisans d’un élevage important.
Les 13 et 14 février 1956 à Remoulins, un épisode de neige en une nuit, mais
statistiquement 3 cm sur la totalité du mois. A Uzès en 4 épisodes, en février,
12 cm de neige sur le mois.
(statistiques Ponts et Chaussées du Gard). Pour
l’hiver 1956, au total 27 cm à Uzès, 35 cm à Bagnols…
Le samedi 28 février 1948,
de mémoire de vieil Uzétien, on n’avait jamais vu pareil spectacle. Sauf
peut-être en 1887 ou 1907. Trois jours durant la ville se trouve isolée :
pas de courrier, pas de ravitaillement. Les employés municipaux, les pompiers
mobilisés en hâte font preuve d’un zèle louable : recensement des besoins,
dégagements à la pelle des accès essentiels… Les gardes de la CRS dès dimanche sous
la responsabilité de leur chef Agussol, chaussent des skis pour aller chercher
du lait pour les enfants de la ville dans les fermes environnantes. Le
chasse-neige de l’Espérou arrivera dans la journée de mardi pour élargir les
pistes péniblement tracées à la pelle. Le premier car de Nîmes entrera à Uzès
le mardi après-midi, le soir celui d’Alès apportera le courrier ….. Monsieur le
Maire dût interdire les batailles de boules de neige. Mais le crieur public
s’égosilla en vain à proclamer l’interdiction. Les enfants transformèrent les
escaliers de la promenade des Marronniers et de l’Eglise St Etienne en pistes
de luge sur lesquelles ils glissèrent jusqu’au soir.
Bagnols sur Cèze 2017-2018
La Tour de Constance—2018 Aigues-Mortes
2010—la cour de la mairie d’Uzès
En fait ce qui est le plus pénible chez nous, c’est le
gel apporté par le mistral qui s’infiltre partout, dessous de porte, trou de
serrure….
En
1890-91 une période de gel classée événement exceptionnel s’étend sur toute
l’Europe et sur tout le territoire français grosso modo du mardi 25 novembre
1890 jusqu’au jeudi 15 janvier 1891.
Dans le Gard, à Nîmes, dans toute
la région, du 6 janvier au 22, il gèle à pierre fendre dans toute
Ce n’est pas drôle pour tout le
monde. Chez les plus démunis, c’est la détresse. « La misère est la
compagne du froid ». On a du mal à se chauffer, le mistral souffle et
pénètre partout, par le moindre interstice. Les ouvriers sont sans travail,
donc sans salaire. Pas de marché, pas de ventes, les poireaux, les choux gèlent
sur l’étal. Les sociétés de bienfaisance sont mises à contribution.
A Nîmes les musiciens de l’Harmonie ont continué à jouer
malgré tout l’après-midi dans les Jardins de la Fontaine devant des chaises
vides.
A Vallabrix, le village est touché comme ailleurs dans
l’Uzège par cette période de gel. Les rues sont vides, les fenêtres décorées de
cristaux de glace. Les blés sont
« brûlés ». Des arbres fruitiers ne survivront pas à cet épisode
hivernal.
Ce n’était rien si nous comparons
cet hiver de 1891 à celui de 1709. A la veille de la fête des Rois, cette
année-là, début janvier, toute la France est touchée par un froid intense. Un
notaire de l’époque Joseph Manul de Robion dans le Vaucluse nous raconte que de
l’Aigoual au Ventoux jusqu’à la mer, le vin gelait dans les tonneaux. Les
terrines où il y avait de l’huile se cassaient, « explosaient ». Les
urines gelaient en l’air. Les oliviers et même les chênes verts étaient morts.
Le mistral s’engouffrait dans la vallée du Rhône, tonitruant, « hurlant
comme un damné »« labourant, arrachant toute verdure », laissant
les garrigues au printemps « toutes pelées ». Dans notre région les
oliviers avaient déjà gelé en 1670 d’Aubenas à Montpellier, nous faisant perdre
le marché de l’huile d’olive dans le pourtour méditerranéen, marché que nous
n’avons pas pu reconquérir, les pays du Levant ayant entre temps pris






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