jeudi 4 juin 2026

Délinquance à Vallabrix

 

Délinquance à Vallabrix ? :

 

(machine à sous Le Phénix à musique 1899 - collec J CL Baudot)


Dans les archives de Vallabrix, une lettre du 16 janvier 1906 du procureur de la République d’Uzès adressée au maire de Vallabrix. On s’étonne en haut lieu, la Chancellerie, de l’installation de machines à sous dans nos auberges et cabarets. C’est le procureur général à la cour d’appel  de Nîmes qui a lancé la procédure.. Les jeux de hasard sont interdits,(art 10 du code pénal), donc nous sommes en infraction. A cette époque, fin 19ème-début 20ème siècle,  nous avons eu jusqu’à sept estaminets pour un peu moins de 400 habitants !! Il faut nous rappeler ici que nous ne savions pas quoi faire de nos vins à cette époque.

 Il semble que nous avions effectivement un souci qui méritait une remise sur les rails. A ces jeux, plus de perdants que de gagnants, des bagarres, des vols… les poches se vidaient. Les familles en pâtissaient. On partait au marché vendre sa récolte mais on revenait la bourse vide. Une certaine hausse des suicides, et les fils et filles d’un suicidé avaient du mal à fonder une famille, subissant une réprobation chrétienne ou sociétale.

 Il s’agit ici d’une circulaire, le nom de la commune a été rempli après. Mais c’est une lettre manuscrite. Les circulaires administratives étaient tapées à la machine à écrire à cette époque.  Il faut espérer pour notre dignité que d’autres communes avaient ce même genre de problème.

Jusqu’alors une certaine tolérance était de mise. Un premier avertissement au contrevenant pour donner le temps de se débarrasser de ces engins. La Chancellerie donne un mois maximum pour rentrer dans le rang à partir du 26 décembre. Mais la lettre du procureur est du 16 janvier et à partir du 26 du mois des poursuites seront engagées. Le maire devra faire connaitre au procureur  d’Uzès les cabaretiers qui se seront conformés aux prescriptions et ceux qui auront refusé. Pour être sûr que le message est bien passé, le maire doit accuser réception de la circulaire du procureur.


                                                                          (roulette Bussoz 1900 collec  J CL Baudot

 

Nous ne savons pas jusqu’à quel point Vallabrix est touché par cette forme de délinquance. Est-ce que les Languedociens qui sont revenus de Panama, du Brésil, du Mexique à la fin du 19ème siècle nous ont rapporté autre chose que des graines de plantes et des plants de vigne ? Dans ces terres d'aventures, des fortunes qui parfois sentaient le soufre, se sont construites là-bas, et qui ne demandaient qu’à se réinvestir ici.

Notre village en a profité : terres qui changent de main, mais aussi maisons construites ou rénovées, réhaussées dans un style "maison de maître" avec génoises affirmées, sœurs cadettes de la Maison Ronde qui à l'époque était le symbole de la réussite sociale.

Il est vrai aussi que la fin du 19ème siècle-début 20ème siècle voit se développer une délinquance moderne à partir de Marseille rayonnant sur toute la côte méditerranéenne. C'est aussi la période de la création des premières brigades mobiles de police judiciaire, donc une volonté gouvernementale de lutter contre le crime organisé.

Notre voisine Saint Quentin la Poterie avait un casino (ancienne maison du docteur Besset-Prat-angle Grande Rue et route d’Uzès—face à ‘actuelle boulangerie)—On y jouait, dansait – la légende dit que Fernandel y serait venu chanter. (dates un peu fantaisistes !!)


Nîmes n'est pas en reste : "Le 24 février, un membre du Conseil Municipal, M. Castanet, constate que les jeux de hasard et autres tripots jouissent dans la ville de Nîmes d'une liberté presque complète. Il propose de faire cesser ce scandaleux état de choses en appliquant immédiatement et d'une façon formelle la loi du 10 avril 1834, qui frappe de peines correctionnelles la tenue des jeux de hasard.

M. le Maire dit que les jeux sur la voie publique sont supprimés. Ils seront tolérés quelques jours, avant et après la période des Rameaux.

Ces jeux étant tolérés un peu partout, leur interdiction totale dans les établissements publics porterait un préjudice à la ville au profit des villes voisines. Il faut les maintenir dans certains établissements comme le Casino ou l'Éden, ces deux établissements vivant de ces jeux. (1) « 

(1) Ces deux établissements n'existent plus : Le Casino était situé boulevard Sergent Triaire au niveau de l'actuelle rue Guillemette, à l'emplacement de l'Éden se trouvera, rue J. B. Godin, un établissement Évangéliste.

(nemausensis.com Nimes XXsiècle/Nîmes belle Epoque)

Des jeux de hasards, oui, mais dans des établissements publics tels que les casinos. On hésite entre tolérance et sanction au nom d’une économie chancelante et des évolutions des modes de vie (routes, téléphonie, usines…..)….

 



Archives municipales--- nemausensis.com Nimes XXsiècle/Nîmes belle Epoque)—

 

 

 

 

 

 

 

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