jeudi 17 octobre 2019

Les Boileau-Castelnau 17è-19ème siècle


Les Boileau-Castelnau 17è-19ème siècle



Chateau de Castelnau -/www.tripadvisor.fr/
(suite blog du 24-09-2019)
Un homme libre va au ciel par le chemin qui lui plait, nous dit Voltaire. Et qui avale amer ne peut recracher doux d’après un dicton cévenol.
Depuis la paix d’Alais les rivalités catholiques-protestantes sont apaisées du moins en apparence. Mais la prudence est de mise dans les milieux protestants. Dès 1637 on commence à fuir vers le Brandebourg sous la conduite de louis de Beauveu seigneur d’Anjou qui obtiendra en 1682 du Grand Electeur la fondation d’un premier consistoire à Berlin. A partir de 1660 les tisserands huguenots de Nîmes partent pour l’Angleterre, emportant leurs connaissances, leurs savoir-faire. On part en espérant revenir lorsque l’orage sera passé !! En 1688, on compte pas moins de 3000 huguenots français à Dublin. Pour le roi Louis XIV l’unité religieuse doit consolider l’unité politique et administrative. L’Edit de Nantes de son grand-père est un édit de tolérance et non de liberté.
En signant l’Edit de Fontainebleau le 18 octobre 1685 révoquant l’édit de Nantes, le roi imaginait-il qu’il ouvrait les portes aux fuites des énergies, des savoir-faire, aux cassures, aux familles qui explosent dans une société où la solidarité dépend essentiellement des maillages des alliances, des réseaux ? L’industrie allemande va être relancée par nos concitoyens, métallurgie, textile, fonderie, agriculture, cuisine….Médecins, chirurgiens français si nombreux à Berlin qu’il faut mettre en place des quotas. En 1691 Etienne de Cordier est directeur de toutes les fonderies et forges d’Allemagne ; les spécialistes du laiton, cuivre, alun sont français. La ville de Tours avant la révocation ronronnait de huit mille métiers, sept cents moulins, vingt mille ouvriers, quarante mille dévideurs ; après la révocation, plus que mille deux cents métiers, soixante moulins…. Tous les métiers sont impactés, même des catholiques suivent leurs fournisseurs protestants en Espagne, en Italie. De 1684 à 1687, plus de 30 000 français passent par Genève qui ne compte que 16 000 habitants. En 1687 300 à 350 personnes arrivent chaque jour. Les passeurs font fortune, des bureaux clandestins fournissent guides, papiers. Les ambassades de Prusse, de Hollande aident pour le transfert d’argent des plus fortunés. Dans l’Ouest de la France des Hollandais fournissent des barques de charité qui vont faire des prodiges pour éviter pirates et chasseurs de primes…. Ces exilés déracinés, coupés de leur milieu protecteur, vont côtoyer des gens originaires de tous les coins de la France issus de tous les milieux sociaux. Ils vont remette en question les jugements de valeur de leurs ancêtres, oser critiquer, dénoncer l’iniquité et le despotisme royal. Peut-être planter les graines de la future Révolution de 1789.
La famille des Boileau-Castelnau va subir les événements de plein fouet.
Jacques né vers 1584, fils de Jean de Boileau et de Rose de Calvière.  Il décède à Uzès le 6 décembre 1672 à 88 ans. Il est docteur en médecine et pour certains historiens avocat. Il sera plusieurs fois consul d’Uzès. Il avait été député avec le sieur Gondin, viguier royal pour remettre au roi Louis XIII un cahier de doléances auquel le roi fit une réponse favorable. Il achète des terres de ce qui sera le Castelnau de St Quentin la Poterie proche de Vallabrix. Il a douze ou treize frères et soeurs.
Le 25 août 1619 Premier Consul d’Uzès il accueille avec ses trois autres collègues le Duc de Montmorency et son épouse. Il a l’honneur de chevaucher aux côtés du duc.
Il a pour épouse Alix Dunal. Un premier mariage avec Armande de Rossel qui meurt en couches en juin 1619 d’où Henri. Aramande appartient aussi à la communauté protestante. Jacques teste en 1670 (notaire royal Me Delgas). Il est considéré comme le chef protestant d’Uzès. Certains de ses biens seront saisis en 1669 à Aramon et Castillon conséquences des guerres de Rohan.(40 ans après !!). Jacques est enterré au cimetière de l’hôpital, pas de tombeau familial ou bien il n’a pas abjuré sa religion ?
Leurs enfants ; Jean décédé en 1667, époux de Catherine de Boyer en 1648 d’où quatre fils dont Antoine qui suit ; une fille Rose ; Pierre-Henri décédé en 1635 ; Pierre et Jean qui sont envoyés à Genève en 1627 pour « s’instruire aux bonnes lettres » ; Rose qui épouse en 1672 Jean de Folcher seigneur de Montaren, St Médiers… ou Rose (tante ou soeur ?)qui organisera des passages de frontières avec guides pour les fuites des huguenots après la Révocation de l’Edit de Nantes !! Une des deux Roses épouse David Perrotat, seigneur de Saint Victor qui décédera à la prison de Lyon.
Catherine de Boyer épouse de Jean, survécut 19 ans à son mari. Impotente elle dut finir sa vie à Uzès : son acte de décès : « 23 juillet 1686 en l’absence de Monsieur le Curé de Saint-Etienne d’Uzès est enterrée dans le cimetière de l’hôpital d’Uzès madame Catin de Boyer veuve du sieur de Boileau, nouvelle convertie, sans s’être confessée, ni reçu aucun sacrement de l’église… » .Elle n’avait voulu remplir aucun devoir religieux, nouvelle convertie récalcitrante. Pour éviter le scandale elle fut admise malgré tout au cimetière catholique. Son fils Antoine s’enfuit après son décès. Une autre femme forte de la famille Louise Le Fils veuve de d’Henri de Boileau décède en 1695 sans sacrements catholiques, elle sera enterrée aux « champs » c’est-à-dire hors cimetière.
Un fils Antoine (juin1650- ?) fils de Catherine de Boyer et Jean de Boileau, époux de Catin (Catherine) de Pujolas fille de noble Louis de Pujolas docteur en droit. En 1684 par succession Antoine récupère l’Hôtel particulier du 23 rue du Docteur Blanchard à Uzès, qui passera ensuite en 1706 à son héritier Jean Louis de Pujolas.  Le ménage fugitif s’établit à Dunkerque et ira jusqu’à Saint-Domingue avec plusieurs de ses enfants. Il semble que seule Catherine-Louise leur fille soit présentée au baptême le 1er avril 1687 (et décès en 1687 ?). Mais il nous faut être prudents : nous retrouvons un grand nombre de de Boileau autour de Dunkerque au 18ème siècle qui tous se revendiquent de leur ancêtre Etienne Boileau. Le 1er mars 1728 François-Christophe, Joseph et Marc-Antoine (fils d'un Louis de Boileau ou Nicolas-Antoine ?) de Boileau font enregistrer leurs titres de noblesse au Conseil Souverain de l’île de Saint-Domingue.. Bon nombre des Boileau de St Quentin et leurs cousins de Castelnau-Valence vont émigrer vers la Suisse et vers les Antilles.
Nicolas frère de Jacques, et fils de Jean de Boileau et de Rose de Calvière est né le 21 décembre 1578 et décède en 1657. Il voyage en Italie, Allemagne, Angleterre, Flandre, Hollande.. Il est un avocat réputé dans toutes les cours de justice. Il se présente à la convocation de l’arrière-ban comme tous nobles, mais en est dispensé semble-t-il à cause de sa profession ou plutôt de sa religion.
Il avait épousé le 17-18 mars 1619 Anne de Calvière-Boucoiran, décédée en 1648.
Leurs enfants, probablement quinze : l’ainé François capitaine au régiment de Roussillon, major au régiment du cardinal de Sainte-Cécile, lieutenant-colonel dans la cavalerie ; il se noie en passant à Naples. Jacques qui suit et qui devient l’ainé après la mort de François, probablement après 1671 car parrain d’un enfant à cette date bien qu’absent ; Charles qui servit sur les galères et dans la cavalerie, époux de Marguerite de Galtier en 1673, décédé à Lausanne en 1707 ; Marguerite, Isabeau, bien mariées et Anne-Marie épouse de Guy d’Airebaudouze.
Isabeau avait aussi fui avec son mari Pierre de Leyris de Chamborigaud et son fils François et sa fille. On les retrouve à Berne. Sa dot de 2000 livres sera saisie et mise en régie. (arch nat TT260 VIII)
Jacques (janvier 1626-juillet 1697) servit dans les Cadets-Gentilshommes. Il est docteur en droit, avocat à Nîmes, correcteur à la Chambre des Comptes de Montpellier. Il épouse le 16 août 1660 une riche héritière Françoise de Vignolles (1643-1701). Jacques en 1652 entre au consulat de Nîmes pour contrebalancer  « la voix de l’évêque » par élection. Le 10 décembre 1668 un jugement souverain le maintien dans sa noblesse. Il est né à Montpellier et décède à Saint Jean de Védas à 71 ans. Il est le 10ème baron de la famille. (NB Promethée)
Par une lettre du 10 octobre 1685 écrite par le baron de Saint-Victor pour sa fille, on sait que Jacques a quitté la France. La Révocation de l’Edit de Nantes n’est pas loin, le 18.
A la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685, Françoise de Vignolles ainsi que  deux de ses filles sont conduites au couvent de Pugin puis en 1688 au couvent des Ursulines de Nîmes. Elles réussissent à s’enfuir par Lyon, Genève en 1690. Françoise rejoint sa famille à Brandebourg en 1692, cinq de ses enfants y sont enterrés. Elle retourne à Genève avant sa mort qui arrive le 14 janvier 1700 à 56 ans, usée. Onze de ses enfants sont encore vivants. Jacques son époux est emprisonné à Lyon à la prison Pierre-Scize le 12 janvier 1686, avec beaucoup d’autres protestants de Nîmes. Il est transféré à Saint-Jean de Védas près de Montpellier où il décède, paralysé, en 1697 après près de dix ans de captivité. On lui avait accordé d’aller aux eaux de Balaruc quelques temps auparavant pour soigner ses douleurs.



(William Marlow Château de Pierre-Scize (Encize))
Une lettre au roi du 23 mars 1594 :



……
 Leurs enfants, probablement 22 en 24 ans de vie commune : Anne l'aînée (1662-1694) célibataire, décédée à Berlin à 32 ans ;
Henri (1665-1709) Cadet-Gentilhomme, puis capitaine réformé des grenadiers à cheval de Brandebourg tué au siège de Tournai ; en 1701-1703 ses meubles sont inventoriés et vendus aux enchères à Uzès (archives départ du gard G971)
Jean-Louis (1667-1697) tué lors de la bataille d’Hochstet ; Charles capitaine au régiment de Farrington au service de l’Angleterre qui fera la branche de Dublin en Irlande ; Maurice… et
Françoise décédée à Berlin à 31 ans (1666-1687) épouse en Suisse de Joseph Pandin-de-Jarrigues du Poitou, père du grand Chancelier de Prusse ; Joseph, son mari est capitaine au régiment de la Fèree en 1686, puis au régiment de Connanght en Brandebourg, lieutenant-colonel… Françoise avait essayé de fuir, mais prise et emprisonnée dans un couvent.
Charlotte né en 1670 et morte à Berlin en 1696 à 26 ans.
Marguerite (1671-1688) morte à 17 ans « retenue » dans un couvent Sainte-Elisabeth de Bellecour de Lyon.
Magdeleine (1674-1691) décédée à Lausanne à 17 ans.
Louise mariée à Abel de Ligonnier frère du Lord de ce nom, général en Angleterre, Anne-Louise……
La Révocation de l’Edit de Nantes a fait partir bon nombre de Français à l’étranger, où ils feront souche ; parfois des fils qui deviennent soldats de l’ennemi.
Maurice de Boileau de Castelnau : né le 6 avril 1678 et décédé à Nîmes le 5 décembre 1742 à 64 ans. Il épouse le 11 décembre 1708 Eve de Guiraud. Elle est la fille d’un avocat célèbre Charles Guiraud, président au Parlement d’Orange. Le couple aura treize enfants, dont Charles qui suit ; Henri-Camille, chevalier de Castelnau capitaine de grenadiers au régiment de Normandie en 1734 (campagnes de Flandres, Allemagne, Bohême ; Westphalie…), lieutenant-colonel ; Louis chevalier de Montredon régiment de Foix en France et Sardaigne ; Anne, Marguerite, Françoise….bien mariées. On retrouve Louis aux assemblées de la noblesse de 1789.
(Nobiliaire universel de France, ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume Auteur : Nicolas Viton de Saint-Allais)
Maurice avait essayé de fuir. En mai 1714 il demande la permission de vendre une maison qu’il possède à Nîmes. Officiellement pour payer les dettes de l’héritage de leur grand-père maternel Jacques de Vignoles et de Louise de Baschy. L’intendant Basville refusa vertement et écrivit à M de La Vrillière : « M de Castelnau est riche qu’il est sans conteste le plus mauvais nouveau catholique qu’il y ait dans le Languedoc et de ne pas lui donner cette permission »…(arch nat TT110 XXIXè)
Charles de Boileau de Castelnau (Le Galant Réfugié): (février 1673-mars1733) frère de Maurice. Il décède à Dublin à 60 ans. Il avait épousé le 30 décembre 1703 Magdeleine Collot d’Escury (1679-1731) à la French Church of Saint Patrick. Ils auront dix (ou 18 !!) enfants dont un fils Simon (1717-1767). Ils feront tous de grands mariages. Pourquoi ce surnom de Galant Réfugié ? Il est incorporé au régiment de Farringdon en Angleterre, enseigne en 1698, lieutenant en 1703. On parle aussi de Calcutta. Il est fait prisonnier après son mariage en 1704, relâché en février 1709 lors d’un échange de prisonniers à Valenciennes.  Il sera en compagnie d’autres prisonniers de l’Uzège dont François de Rossel, frère du baron d’Aigaliers.
Charles s’établit à Dublin où il devient marchand de vin dans Bride Street.. Par testament il lègue ses biens de Castelnau à son frère Maurice.
Un de leurs fils, Siméon Boileau né à Southampton en octobre 1717 sera le grand-père de John Peter Boileau né en 1794 époux en novembre 1825 Lady Catherine Elliot fille du comte de Minto, d’où plusieurs officiers et de nombreux représentants en Grande-Bretagne. Vice-président de la Société des Antiquaires et directeur de l’hôpital français de Londres. Un de leurs descendants John Francis Davis sera gouverneur de Hong Kong. (Huguenot pedigrees, v. 02Edité en 192 4--Source: FamilySearch).

Paul-Charles de Boileau fils de Maurice :  capitaine au régiment de Normandie. Il fait les campagnes de Bavière de 1733-1735 et 1742. Il épouse en 1765 Catherine de Vergèzes d’Aubussargues. Catherine a un aïeul Jacques d’Aubussargues décédé en 1720 à Dublin en Irlande à 81 ans, allié par mariage à la famille de Bargeton de Vallabrix.
Au moins neuf enfants. Un fils Simon-Barnabé, admis dans les chevau-légers ; il prit part aux assemblées de la noblesse de Nîmes en 1789. Il sera maire de Nîmes en 1810. C’est la troisième fortune du Gard en 1819. Une carrière politique au Conseil Général du Gard. Baron d’Empire par décret impérial du 2 janvier 1814. Le titre devient héréditaire par lettres patentes du roi Louis XVIII en février 1819. Faute de descendant mâle le titre passera à un cousin germain Charles-Frédéric Boileau de Castelnau (1809-1891).
Des siècles au service de l’Etat, mais aussi des pas de côté, des vies qui racontent notre Histoire.
Le château a été lui aussi mis à contribution historique. En 1704, le 14 août Rolland chef des Camisards lors de la Guerre des Camisards, s’était réfugié au château de Castelnau avec quelques soldats huguenots. Une trahison de la part d’un homme nommé Malarte et les dragons de l’armée royale attaquent pendant la nuit. Antoine Court nous raconte : «  réveillé en sursaut, Rolland se jette hors du lit, prend une partie de ses habits, cinq de ses officiers font de même et tous ensemble courent aux écuries pour prendre leurs chevaux, mais trois des leurs, plus diligents, Marchand, Bourdalier et Bason avaient pris les meilleurs et avaient eu le bonheur de sortir par la grande porte avant que les dragons s’en fussent saisis. Il ne restait pour Rolland et ses cinq officiers que le parti de gagner à pied une porte de derrière qui donnait sur la campagne…. Ils furent atteints. Rolland adossé à un arbre défia le plus hardi d’approcher, …un dragon nommé Soubeyran tira en couchant Rolland sur place…Ses compagnons furent faits prisonniers… ». Le cadavre de Rolland fut transporté à Uzès puis Nîmes ; on le traina sur une claie et on le brûla, ses cendres dispersées au vent pour éviter qu’on en fasse des reliques.

Sources :Auguste Geffroy, « Boileau (Étienne), ou Boilesve ou Boileaux » [archive], dans Charles Dezobry et Théodore Bachelet, Dictionnaire général de biographie et d'histoire, de mythologie …, 10e  éd., t. 1, C. Delagrave, 1889, p. 333.-- Antoine de Lévis-Mirepoix, Saint Louis, roi de France. Le livre des métiers d'Étienne Boileau, Paris, Michel, coll. « Le mémorial des siècles, les hommes », no 13, 1970, 373 p.6-- Arié Serper, « L'administration royale de Paris au temps de Louis IX » [archive], dans Francia, 7, 1979--Jean de Joinville, La vie de Saint Louis, Paris, Dunod, 1995--- Régine Pernoud, Les Hommes de la Croisade, Mayenne, Taillandier, 1977.-- Frères Haag : La France protestante--  François-Alexandre Aubert de la Chesnaye des Bois Généalogie des Boileau de Castelnau—généanet – wikimedia.org--Huguenot pedigrees, v. 02Edité en 192 4--Source: FamilySearch---Nobiliaire universel de France, ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume Auteur : Nicolas Viton de Saint-Allais-- Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle - T5Auteur : Chaix d'Est-Ange, Gustave Gallica BNF ---).- Les chiffres de M. l'abbé Rouquette : Étude sur les Fugitifs du Languedoc (Uzès), Société de l'Histoire du Protestantisme Français. Bulletin, LXIe année, 1912, pp. 237-258—archives départementales du Gard, municipales de Nîmes, Uzès—archives nationales—BNF Gallica—Jean Christophe galand Mireille Olmière  Les belles Demeures familiales d’Uzès 12- Presses du Languedoc 2005--



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