
L’école se tient depuis 1719 dans le château au
Grand Membre que la
Communauté loue pour 5 livres par an à Mme de Ruffier. Plus tard
l’école se fera chez d’autres particuliers (Guiraud par exemple…) jusqu’à la construction
de la « Maison Ronde du milieu du 19ème ».
Il s’agit d’une seule pièce qui sert
de chambre pour l’instituteur et de salle de classe.
Le 19 novembre 1724 une réunion en place publique se tient à
Vallabrix en présence du premier consul Guillaume Agniel et du Lieutenant du
juge François Boucarut. Toute la population de la Communauté est
convoquée. L’affaire est grave.
Jean Perrier, ouvrier pipier de
St Quentin est le précepteur de la jeunesse c'est-à-dire l’instituteur ou
régent.
Il enseigne alternativement une
semaine à Vallabrix, une autre à St Victor les Oules. Il ne coûte que 60 livres par an à
chacune des communautés, au lieu de 120 livres , tarif habituel et il n’est ni logé
ni nourrir par les villages, mais il a été payé d’avance jusqu’au «vingtième
mois passé inclus ». Le problème est que le dit Perrier « ne saurait enseigner
d’écrire ni de lire ne le sachant pas lui-même » !!
Et même s’il savait lire et
écrire, les enfants n’avanceraient pas car d’une semaine sur l’autre ils
oublient le peu qu’ils ont appris, n’allant à l’école qu’une semaine sur deux,
les chemins étant « affreux et impraticables » et les paroisses
éloignées d’une « grande demi-heure ». La Communauté assemblée,
d’une seule voix, donne pouvoir et charge aux consuls « de sommer par acte
ledit Perrier qui s’opiniâtre à faire les Ecolles ». Les parents
avaient déjà demandé aux consuls du village de donner congé à ce bizarre
instituteur mais celui-ci n’a pas voulu se retirer et de semaine en semaine il
revient « faire semblant de faire les Ecolles » !!!. On ne sait
pas comment l’affaire se termina. En 1725 le 20 mai le salaire d'un enseignant
(lequel ?) apparaît au budget du village : 120 livres et 3 livres pour le loyer. Mais nous n’avons pas d’instituteur et l'argent ne sera pas utilisé. Nous avions donc abandonné le
système de partage avec St Victor. (Archives communales de Vallabrix-Recueils
1681/1728/1793/1856). En 1724 nous avions bien payé les 60 livres du sieur
Perrier (Cour des comptes de Montpellier arch communales). Mais dès 1727,nous
payons à nouveau un maître d’école et un loyer.
Depuis 1563, et surtout à partir
de 1615, l’Eglise Catholique insista pour que les paroisses se dotent d’un
instituteur (ou régent ou précepteur de la jeunesse) qui se devait d’enseigner
les rudiments de lecture, d’écriture et de calcul. Le maître recevait l’aval du
curé et de l’évêque. Les enfants
suivaient les cours de la fin octobre jusqu’à la
St Jean , le reste de l’été étant consacré à
aider les parents dans les champs. Seuls les garçons étaient concernés.
L’instituteur pour compenser son maigre revenu, exerçait un autre métier,
tisseur de laine, sacristain, maçon, potier…La lecture s’apprenait en première
année aux plus petits et cet enseignement semblait privilégié car c’était en
général un apprentissage gratuit, peut-être pour mettre les enfants sur un pied
d’égalité avec ceux qui apprennaient à
lire dans la Bible
au sein des familles protestantes. L’écriture et le calcul étaient enseignés en
deuxième et troisième année et là il était demandé une petite participation aux
parents (le droit d’écollage).
Un projet de construction d’école
devra attendre 1836 pour voir le jour et 1849 pour son inauguration.
En ce qui concerne les
« chemins affreux et impraticables » il est vrai que la plupart des
villages en ce début du 18ème siècle étaient reliés entre eux par
des chemins muletiers (Vallabrix/St Victor – St Victor les Oules/La Capelle ). Les "guides" des chemins de pèlerinage nous renseignent sur ces voiries.
D’autres chemins étaient
carrossables « périodiquement » (le terme est cocasse !)
c'est-à-dire des chemins non empierrés et praticables par temps sec (Uzès/St
Quentin- Uzès/St Victor- chemin
d’Avignon de St Quentin à Pouzilhac
- St Victor/Flaux/Environs
d’Argilliers etc….).
Des chemins empierrés reliaient
Uzès Pont du Gard Remoulins ou Uzès à Alès.
Un chemin carrossable
« périodiquement » passait par la garrigue de Vallabrix et reliait
Bagnols sur Cèze à St Quentin. Il nous faut reconnaître ici que ces chemins impraticables
nous ont probablement permis d’échapper en partie au pire lors de la grande
dragonnade d’Uzès de 1685.
(Registre des consuls-arch comm
Vallabrix + archives départementales du Gard -photos perso)
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