La
Fête de la Prise de la Bastide : un malentendu ?
Il faut attendre 1880 et la IIIème
République pour que le 14 juillet devienne la Fête Nationale de la France,
réconciliation du pays de l’Ancien Régime et de celui de la Révolution.
L’Histoire officielle
nous raconte que ce 14 juillet 1789, une foule éprise de liberté s’est ruée à
l’assaut de la Bastide, forteresse où le roi Louis XVI avait fait emprisonner
des centaines d’opposants à sa
politique. Mythe fondateur, nécessaire en ces temps
de crise? Mais pourquoi ne pas avoir
choisi une autre date pour la fête nationale comme la proclamation de la République (21 septembre 1792) ? Une légende
s'est progressivement construite, dans laquelle il n'est pas toujours si aisé
de démêler le vrai du faux. La Bastille serait ainsi le symbole
de l'absolutisme et de l'arbitraire monarchique,
comme l’école et les manuels scolaires nous l’ont appris depuis notre plus
jeune âge ; avec des prisonniers par dizaines, détenus dans
des cachots sordides et des conditions épouvantables. Que
s’est-il vraiment passé ce jour-là ?
« C'était un temps orageux, lourd, sombre, comme un
songe agité et pénible, plein d'illusions, de trouble. Fausses alarmes, fausses
nouvelles ; fables, inventions de toutes sortes. » nous dit Jules Michelet dans son Histoire
de la Révolution Française.![]() |
Gravure 26-27 avril 1789 Réveillon et Henriot en effigie BNF |
Déjà
en avril 1789, la colère grondait à Paris. Les faubourgs subissaient de plein
fouet la crise économique. Des milliers de chômeurs, de vagabonds, étaient
arrivés de leur province, avec la faim au ventre, espérant trouver du travail
dans la capitale. Mais la misère régnait dans Paris. Le prix du blé en juin
était au plus haut, le capitalisme et la spéculation étaient en marche. Certains
stockaient les céréales pour faire monter les prix. Les faubourgs
Saint-Antoine, Saint-Marceau étaient au bord de l’explosion. Une étincelle, une
maladresse et la nuit du 26 au 27 avril un cortège de manifestants prit la
direction de la Seine sous les cris de Mort aux Riches. En fait, un
manufacturier Réveillon avait montré l’hiver précédant des préoccupations
sociales en donnant une allocation chômage à ses ouvriers. Le 23 avril, il
proposait de faire baisser les prix pour donner du pouvoir d’achat aux ouvriers
en supprimant les taxes aux barrières, (sorte de TVA) en vendant ainsi moins
cher, mais aussi en réduisant les salaires qui passaient à 15 sous au lieu des
20 habituels. Evidemment les ouvriers qui étaient déjà dans la misère n’ont pas
apprécié. Lors de l’émeute, des mannequins représentant Réveillon et un
salpêtriez Henriot seront brûlés devant l’Hôtel de Ville de Paris et des
maisons seront pillées.
![]() |
Assemblée constituante |
Le pays vit une période de vide
gouvernemental, de crise économique et de tensions politiques. Les députés des Etats Généraux 40
jours plus tôt réunis à Versailles constatent le mauvais état de nos
institutions et réclament une constitution et de nouvelles règles de
fonctionnement. L’Amérique nous a montré le chemin. La Constituante est
proclamée le 9 juillet, entrainant le renvoi par le roi de son populaire
contrôleur général des finances Jacques Necker.
Les procès-verbaux des électeurs nous
renseignent sur ce qui se passa à l’Hôtel de Ville de Paris en ces journées
compliquées. Pour les élections des députés du Tiers Etat, Paris avait été
divisé en 60 districts, les électeurs de chacun choisirent un nombre de
délégués-électeurs qui devaient élire à leur tour 20 députés pour Paris et
rédiger leur cahier de doléances. Mais les quelques 300 délégués refusèrent de
se séparer leur mandat terminé, et le 25 juin ils sont rassemblés au musée de
la rue Dauphine. Le 27 juin ils ont un local dans l’Hôtel de Ville où ils
tiennent séance presque chaque jour. Le 11 juillet ils ne tiennent pas séance, mais
le 12, à l’annonce du renvoi de Necker, et sentant l’agitation dans Paris face
à cette nouvelle, ils se réunissent pour prendre des mesures. Le 13 ils s’emparent
de l’autorité. Une
municipalité insurrectionnelle, comité permanent, s’installe à la place de la
municipalité royale officielle. Avec à sa tête le prévôt des marchands de Paris
Jacques de Flesselles. Une milice est créée, « milice bourgeoise »
d’un peu plus de 40 000 hommes pour éviter des débordements. On
s’organise. Chaque homme portera une cocarde aux couleurs de Paris rouge et
bleu. On cherche des armes pour ces hommes. Le Garde-meuble est mis à sac, mais
n’y sont entreposées que des armes de collections anciennes. On fabrique 50 000
piques.
![]() |
à l'Hôtel des Invalides-BNF |
Le 13, tout s’accélère, une rumeur fait état
d’une possible entrée en force dans la capitale des troupes royales pour
arrêter les députés. Le journaliste Camille Desmoulins en serait l’origine dès
le 12 juillet. Paris est encerclé par des troupes depuis fin juin.
Le 14 les délégués envoient à l’Hôtel des
Invalides le procureur de la ville Ethis de Corny qui ne peut empêcher la foule
d’envahir le bâtiment et de le mettre à sac. Tout l’après-midi, la foule leur
réclame des armes. Plusieurs des délégués essaient de rencontrer le gouverneur
de la Bastille en vain. Ils ne peuvent que faire état de ce qu’ils voient et
entendent.
« ils furent fort mal informés de
ses péripéties; par exemple ils ne surent rien ou presque rien des faits qui
amenèrent la reddition de la place; mais ils furent témoins du délire de la
foule ; elle réclamait impérieusement la mort des invalides et des suisses de
la garnison, …..En un mot, les autorités provisoires, qui s'étaient constituées
d'elles-mêmes à l'Hôtel de Ville pendant cette révolution, n'exercèrent qu'une
très faible action sur les événements qui se passèrent au dehors et elles n'en
eurent qu'une connaissance indirecte et insuffisante ». Jules
Flammermont archiviste spécialisé dans l’étude des manuscrits, historien et
professeur formé à l’Ecole des Chartes,qui publia en 1891 « La journée du 14 juillet 1789
».
Le 14 à une heure du matin, 40 des 50 barrières
d’octroi sont incendiées. Ce sont des « frontières » qui contrôlent
l’entrée dans Paris des personnes et des marchandises. Une rumeur, encore une,
indique que dans le couvent Saint-Lazare et dans la Bastille, du blé serait
stocké. Le couvent est pillé vers 6 heures. La marquise de La Rochjaquelein
nous raconte : « le 13 juillet
1789, les régiments d Bouillon et de Nassau arrivèrent à Versailles, On les
logea dans l’Orangerie ; nous fûmes les voir… Le lendemain, 14
juillet une foule brillante et nombreuse se promenait dans le parterre du midi,
au-dessus de l’Orangerie. Les officiers avaient rassemblé la musique qui jouait
des airs charmants, la joie brillait sur tous les visages : c’était un
tableau ravissant ; mais jamais je n'oublierai le changement subit
qui s'opéra. Nous entendîmes d'abord des chuchotements. M. de Bonsol, officiers
des gardes du corps, vint à nous, et dit tout bas : Rentrez, rentrez, le peuple de Paris est
soulevé ; il a pris la Bastille ; on dit qu'il marche sur Versailles.
Nous nous dirigeâmes aussitôt vers notre appartement. Partout la crainte
succédait à la gaieté, et en un instant les terrasses furent désertes. »
Le 14, le gouverneur de l’Hôtel des Invalides ouvre les
portes aux commerçants et artisans qui raflent 28000 fusils, et 20 bouches à
feu. Mais la poudre manque.
« A la Bastille, à la Bastille.. » où l’on
pense trouver de la poudre. La Bastille et sa légende noire, symbole de
l’arbitraire royal.
La garnison de la forteresse comprend 82 Invalides,
des vétérans, et 32 soldats suisses. En face un millier d’émeutiers sans
commandement et sans armes lourdes. Le gouverneur de la Bastille le Marquis de
Launay, gagne du temps en espérant des secours. Il invite trois délégués
émeutiers à déjeuner et s’engage à ne pas tirer. Mais une explosion
mystérieuse, et la foule se croit trahie. Elle pénètre dans l’enceinte par le
toit du corps de garde et attaque le pont-levis à coups de hache. De Launay
perd ses moyens et ordonne de tirer sur la foule : la troupe suisse fait
des ravages, une centaine de morts.
Arrivent deux détachements de gardes françaises,
soldats professionnels normalement en charge de la sécurité de la capitale.
Commandés par deux officiers Elie et Hulin, ils prennent le parti des
émeutiers. Deux canons mis en place et l’entrée de la forteresse est incendiée.
Le gouverneur de Launay ordonne
le feu à outrance, tente de faire sauter les magasins de poudre. Mais les Invalides
demandent un cessez-le-feu. La foule se rue dans le bâtiment par les
ponts-levis baissés. Les soldats suisses ont courageusement retourné leurs
uniformes et sont pris sur le coup pour des prisonniers. Ils seront saufs, mais
la foule lynche les Invalides. De Launay essaie de se suicider, mais il est
trainé dans les rues et décapité par un boucher. Sa tête et celles des autres
défenseurs de la Bastille seront promenées fichées sur une pique dans les
faubourgs de Paris. La Révolution venait de basculer dans la violence, dans un
rituel macabre dont elle aura du mal à se débarrasser et qui va l’entacher
longtemps.
Les détenus de la forteresse
au nombre de sept, dont deux fous. (voir plus loin la liste officielle) Ils
sont logés dans des chambres tout confort, avec repas venant de l’extérieur. Ils
pouvaient s’entourer de leurs meubles et avoir un domestique. Les cellules ne
sont pas fermées, les détenus sont libres d’aller et venir dans la forteresse,
de se rencontrer.
Ceci-dit les émeutiers à ce
moment-là étaient beaucoup plus préoccupés par le prix du pain et la
spéculation sur les blés que par un idéal politique.
La Légende Noire de la Bastille : en 1789 la
forteresse n’est plus pour partie une prison d’Etat. Il est d’ailleurs question
de la démolir pour faire place à différents projets. La plupart des détenus
étaient des gens appartenant aux classes supérieures, placés là à la demande de
leur entourage par lettres de cachet, c’est-à-dire sans passer par un jugement,
directement par l’administration, par un ministre, parfois par le roi. Une faible
minorité était détenue, 4 à 5 %, pour des affaires d’Etat. On est loin de
l’arbitraire dénoncé par de Renneville, Mirabeau ou Simon-Henri de Linguet.
Le premier en fait un endroit terrifiant comme la Tour de
Londres, le second avec son « Lettres de cachet et des prisons
d’Etat » publié à Hambourg en 1782. Louis-Sébastien Mercier prophétise la
chute de la Bastille dans son « Tableau de Paris ». Depuis une
dizaine d’années les intellectuels tricotaient cette légende. En fait la
Bastille représentait avant tout ce qui pouvait arriver si……
Sur les sept prisonniers, quatre
sont de simples escrocs condamnés par le Parlement de Paris depuis 1787, Jean
Antoine Pujade, Bernard
Laroche, Jean Béchade et Jean La Corrège. Donc rien à voir en
ce qui les concerne avec l’arbitraire royal. Ils seront libérés puis repris quelques
jours plus tard. Le plus vieux condamné Auguste Tavernier complice de la
tentative d’assassinat contre Louis XV en 1757, condamné avec l’auteur Damiens
par le Parlement (Louis XV aurait souhaité une certaine clémence). Il ne sera
pas libéré en juillet 1789 mais transféré à Charenton en hôpital psychiatrique.
Les deux autres prisonniers sont des aristocrates emprisonnés à la demande de
leur famille, le comte Hubert de Solages pour actes de débauche ou crimes atroces
supposés, et le comte de Whyte de Malleville à la demande aussi de sa famille
pour démence. Tous deux ne seront pas libérés mais transférés à Charenton. Ils
y retrouveront le Marquis de Sade transféré lui aussi mais avant les événements
du 14 juillet.
De Solage arrêté en 1765
avait aidé sa sœur Pauline de Barrau à fuir son époux. Leur père et le mari
berné demandèrent l’incarcération du frère. Théoriquement pour inceste mais
plus surement pour affaires de famille et de gros sous.
Les lettres de cachet
permettaient aux familles bien nées d’éviter un procès toujours humiliant. La
famille payait les frais d’incarcération, ce qui était tout bénéfice pour
l’Etat et les familles.
Première déception pour les émeutiers, le nombre de
prisonniers et leur qualité. Ils vont en inventer, le squelette du Masque de
Fer dans une cave, un vieillard chargé de chaînes qu’ils baptisent le comte de
Lorges, , « un malheureux vieillard qui fut trouvé chargé de chaînes, à
moitié nu, avec des cheveux et une barbe de divinité fluviale, au fond d'un
cachot où ne pénétrait pas la lumière et dont les murailles suintaient
l'humidité […]. Le misérable vieillard, qui gisait là depuis des années et des
années, fut comme de juste porté en triomphe par les amis de la liberté aux
acclamations d'un peuple en délire ». Une vieille armure et du matériel
d’imprimerie seront présentés comme du matériel de torture. Des squelettes trouvés
enterrés dans un bastion et on conclura à des détenus morts des sévices endurés
dans ce lieu… Toutes les rumeurs allaient dans le même sens. Il fallait prouver
qu’on était dans le bon chemin, le doute n’était pas permis !!
![]() |
Miniature de la Bastille sculptée dans une pierre de la forteresse.Musée Carnavalet |
Le soir du 14 juillet, 800
ouvriers dirigés par l’entrepreneur Palloy, démolissent ce qui reste de la
forteresse. Beaumarchais qui habite en face de la forteresse se dépêche de
« sauver » les archives du lieutenant de police hébergées à la
Bastille, près de 600 000 feuillets, qu’il restituera plus tard. Mirabeau
aurait fait commerce en transformant les chaînes en médailles patriotiques et
en vendant des bagues serties d’un fragment de pierre de la forteresse. Palloy
récupéra des pierres pour en faire des maquettes de la forteresse envoyées dans
tous les départements. Boiseries, ferronneries, tout fut bon à transformer et à
récupérer. Le pont de la Concorde serait en partie construit avec cette
récupération. Le marquis de Lafayette envoya une des clés de la Bastille à
George Washington premier président des Etats-Unis, exposée actuellement au
musée de Mount-Vernon aux USA.
Quelle ambiance dans Paris et Versailles ? « Les spectacles
étaient fermés depuis plusieurs jours, la Bourse était déserte, et des journaux
imprimés exprès pour la cour, annonçaient des représentations théâtrales de
chaque soir, et un cours des effets publics dont on haussait progressivement la
cotte, depuis le départ de Necker ; et le soir de cette journée du 14 juillet,
si féconde en évènement, le roi s'était endormi avec la même sécurité que la
veille» (La Bastille par PJ Dufey, 1833
Une première vague
d’émigration chez la noblesse qui sent le vent tourner. Dès le 16 juillet le
propre frère du roi en tête, le comte d’Artois, futur Charles X plus tard, le
prince de Condé colonel général de l’infanterie, Madame de Polignac, les
secrétaires d’Etat de Brooglie, de Villedeuil….. Les Bargeton, et d'autres aristocrates de l'Uzège….
Le 14 juillet 1790 pour le premier
anniversaire de la prise de la Bastille, le pays se retrouvera dans une grande
fête, la Fête de la Fédération. Une foule immense réunie autour du roi, des
députés des 83 départements. Le roi y prêta le serment à la Nation et à la Loi. En 1880, c'est d'ailleurs cette fête de la Fédération de 1790 que les députés décidèrent à l'unanimité de commémorer. Les élus de droite refusèrent de fêter la prise de la Bastille, le sang avait coulé lors de cette émeute, en particulier celui de nos soldats.
100 000
fédérés
de province parmi 400 000 à 600 000 Parisiens au
Champ-de-Mars
pour la fête de la Fédération. BNF Graveur Isidore Helman –peintre Charles
Monet 1790
Cet épisode marque l’effondrement de
l’administration royale. Pourtant il s’agit d’un événement à l’importance
militaire très relative, une émeute comme il y en avait régulièrement. Mais
toute l’Europe ainsi que Russie Impériale comprise, vont suivre de près la
suite. Paris puis une grande partie du pays approuvent les Constituants. La
« com » de l’époque va immédiatement récupérer cette journée pour en
faire un jour historique avec une mise en scène chargée de symboles. Des
gravures triomphales, manichéennes vont porter le message politique
républicain, affichées, distribuées. Déclenchant dans la population un espoir
qui ne pouvait qu’être déçu par la réalité des jours à venir.
Pour les historiens, le 14 juillet fut une
révolte contre la vie chère. On crie Vive de Roi, vive le Tiers Etat. Personne
ne songe encore à renverser le roi et la royauté. On brocarde quelques
aristocrates, des spéculateurs, des évêques, mais le roi n’est pas visé.
Peut-être même a-t-on laissé faire, car cette prison à l’activité très limitée,
était une faiblesse dans le système de protection de la ville en cas d’attaque
d’une armée ennemie. En matière de défense cette forteresse datait face à de
nouvelles architectures. Et puis sa démolition donnera du travail là où cela devenait
vraiment nécessaire. Peu de temps avant en 1784 la prison-donjon de Vincennes avait été fermée vidée de ses prisonniers transférés dans d'autres établissements.
![]() |
De Launay et les défenseurs de la Bastille au bout des piques - Hôtel de Ville de Paris- BNF |
Une question se
pose : pourquoi cette fête est associée à un défilé militaire alors que
l’armée de l’époque n’a pas toujours été du côté du peuple ? Même si ce
défilé est intéressant, rassembleur, l’occasion de fêtes……
Dans l’armée on s’interrogeait. Les jours précédents les
événements, on enregistrait des désertions dans le régiment de Provence et dans
celui de Vintimille, 30 à 70 soldats environ. Mais les désertions étaient
monnaie courante dans les armées royales étant donné le mode de recrutement. Le 13 juillet les dragons du Prince de Lambesc assistés des gardes royaux sont dans les jardins des Tuileries et chargent la foule.
Le 14 cinq des six bataillons des Gardes Françaises se
mutinent et certains soldats vont rejoindre les émeutiers. Fin juillet le
régiment allemand Royal-Hess-Darmstadt cantonné à Strasbourg prend faits et
causes pour les émeutiers. Il fut le premier à arborer la cocarde tricolore
plus tard.

Sources : commons-wikimédia.org gravure 13 juillet 1789 BNF et bas-relief Léopold Morice statue de la
République place de la République Paris BNF – l’Histoire en questions blog
internet – Alphahistory internet – bolg LouisXVI Assemblée Constituante overblog.net - La Prise de la Bastille H Houël 1789 BNF -
Gazette de Nimes La Plume Michel Crespy – Guy
Chaussinand-Nogaret, 1789,
Paris, Éditions Hervas, 1989. - Monique Cottret, La Bastille à prendre : histoire et mythe de la forteresse royale,
Paris, Presses universitaires de France, 1986. - François Furet La Révolution française, t. 1, Paris, Hachette, 1988,
544 p. - Jacques Godechop, La prise de
la Bastille, 14 juillet 1789, Folio, 1989. - Albert Mathiez, La Révolution française, Paris, Bartillat, 2012,
658 p. (ISBN 978-2841005079). - Claude Quetel, L’histoire
véritable de la Bastille, Paris, 2006. – Encyclopédie Larousse en ligne –Horizon-d-Aton-overblog - Chateaubriand T1 Mémoires d'Outretombe - phototrend
Ch T Lambert MP40 internet 14 juillet Paris2002-
La Bastille peinte par Hubert Robert avant sa destruction totale ( " La
Bastille dans les premiers jours - musée
Carnavalet,Paris
Liste
des prisonniers au 14 juillet 1789 – copie authentifiée en 1791 Delessart
ministre de l’Intérieur AN –AE/II/1166/c
Phototrend
Ch T Lambert MP40 14 juillet Paris 2002
« Prise de la Bastille le 14 juillet 1789 chronique d’un mensonge
vivace
(D’après « La
journée du 14 juillet 1789. Fragments des Mémoires inédits de L.-G. Pitra,
électeur de Paris en 1789 », paru en 1892 « Revue
rétrospective », paru en 1834 et « Mémoires d’outre-tombe »
(tome I), Chateaubriand paru en 1848) » -in La France Pittoresque juillet
2015
En 1821, François-René de Chateaubriand
témoigne dans ses Mémoires d’outre-tombe (publiés en 1848) au sujet du
14 juillet 1789, (à relativiser car l'auteur est sujet à un romantisme excessif en politique) :
« Prise de la Bastille. J’assistai, comme
spectateur, à cet assaut contre quelques Invalides et un timide gouverneur. Si
l’on eût tenu les portes fermées, jamais le peuple ne fût entré dans la
forteresse. Je vis tirer deux ou trois coups de canon, non par les Invalides,
mais par des Gardes-Françaises, déjà montés sur les tours. De Launay, arraché
de sa cachette, après avoir subi mille outrages, est assommé sur les marches de
l’Hôtel de Ville ; le prévôt des marchands, Flesselles, a la tête cassée
d’un coup de pistolet : c’est ce spectacle que les béats sans cœur
trouvaient si beau.
« Au milieu de ces meurtres, on se
livrait à des orgies, comme dans les troubles de Rome, sous Othon et Vitellius.
On promenait dans des fiacres les vainqueurs de la Bastille, ivrognes
heureux, déclarés conquérants au cabaret ; des prostituées et des sans-culottes
commençaient à régner, et leur faisaient escorte. Les passants se découvraient,
avec le respect de la peur, devant ces héros, dont quelques-uns moururent de
fatigue au milieu de leur triomphe. Les clefs de la bastille se
multiplièrent ; on en envoya à tous les niais d’importance, dans les
quatre parties du monde. Que de fois j’ai manqué ma fortune ! Si, moi,
spectateur, je me fusse inscrit sur le registre des vainqueurs, j’aurais une
pension aujourd’hui. »
« Les experts accoururent à l’autopsie de la Bastille. Des
cafés provisoires s’établirent sous des tentes ; on s’y pressait, comme à
la foire Saint-Germain ou à Longchamp ; de nombreuses voitures déniaient
ou s’arrêtaient an pied des tours, dont on précipitait les pierres parmi des
tourbillons de poussière. Des femmes, élégamment parées, des jeunes gens à la
mode, placés sur différents degrés des décombres gothiques, se mêlaient aux
ouvriers demi-nus, qui démolissaient les murs, aux acclamations de la foule. A
ce rendez-vous, se rencontraient les orateurs les plus fameux, les gens de
lettres les plus connus, les peintres les plus célèbres, les acteurs et les
actrices les plus renommés, les danseuses les plus en vogue, les étrangers les
plus illustres, les seigneurs de la cour et les ambassadeurs de l’Europe :
la vieille France était venue là pour finir ; la nouvelle, pour
commencer. »
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.